NOTIONS D'AN A TOMIE ET DE .PHYSIOLOGIE NORMALES
Sans entrer dans les détails de l'anatomie, nous rappellerons que le thymus existe chez presque tous les vertébrés. Il se développe aux dépens de l'épithélium des l'entes endodermiques branchiales. Chez les mammifères l'organe tout entier dérive de la troisième fente. Il comprend quatre parties distinctes, paires et symétriques : le nodule thymique, la vésicule, la tête et la queue du thymus. Le nodule thymique nait d'un épaississement de la paroi ventrale de la branche externe de la fente. Pour Prenant, il constitue la glande carotidienne et s'annexe plus tard à la tète du thymus. Pour Simon et Jacobi, il s'unit aux parathyroïdes externes. La vésicule thymique provient d'un diverticule dorsal de la même branche, prend part à la formation de la tête (Prenant) ou s'annexe au groupe des parathyroïdes (Simon et Jacobi). La tète du thymus née de bourgeons émanés de la troisième fente s'accroît aux dépens de la vésicule et peut-être du nodule, devient très volumineuse, embrasse la glande carotidienne et adhère à la sous-maxillaire. Cette portion disparait de bonne heure, tandis que la queue s'allonge rapidement. C'est d'abord un tube creux qui descend dans le cou et forme une série de bourgeons qui poussent de bas en haut. Ce bourgeonnement est surtout actif à la partie inférieure, de telle sorte qu'à un moment l'organe est constitué par deux lobes qui plongent dans le médiastin et, chez quelques animaux, de deux lobes supérieurs cervicaux réunis aux précédents par de minces cordons. C'est la disposition que nous avons décrite avec M. Ghika chez le chat. Chez la plupart des animaux, la portion cràniale du thymus disparaît de bonne heure et le corps de la glande perd rapidement toute connexion avec les parties inférieures. Ces connexions persistent cependant chez le mouton (Prenant).
Au début du développement, le thymus a une structure épithéliale; plus tard il devient entièrement lymphoïde.
Trois théories ont été émises pour expliquer cette transformation : la théorie de la substitution admet que les éléments lymphatiques venus du dehors refoulent et détruisent les cellules épithéliales primitives. Dans la théorie de la juxtaposition, on soutient que les deux variétés de cellules vivent côte à côte. Enfin la théorie de la transformation directe, qui nous semble établie par les recherches que M. Ghika a faites dans notre laboratoire, invoque une transformation, par bourgeonnement et cinèse, des éléments épithéliaux en cellules lymphoïdes.
Sur des fœtus humains de trois mois, cette transformation est absolument complète, et il ne reste plus trace de la structure épithéliale primitive.
L'organe est entouré d'une capsule lâche formée de cellules jeunes à noyaux allongés. Il comprend deux lobes distincts, divisés en un certain nombre de lobules. Chaque lobule est composé lui-même d'un grand nombre de follicules tout à fait comparables aux follicules lymphatiques. On y distingue un réseau tibrillaire mal délimité, qui paraît formé d'une substance amorphe semée de quelques noyaux allongés.
Dans les mailles circonscrites par ce réseau sont enfermées de nombreuses cellules : celles-ci constituent la partie fondamentale de la glande. Elles ont, presque toutes, l'aspect de lymphocytes, c'est-à-dire qu'elles sont constituées par des éléments dont le noyau seul est distinct; d'autres, infiniment moins
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PATHOLOGIE DES ORGANES HÉMATOPOÉTIQUES
nombreuses, ont un noyau plus pâle, souvent vésiculaire, entouré d'une minime couche de protoplasma. Il n'existe à cette période aucune formation rappelant de près ou de loin les Corpuscules de Hassall. L'absence de ces corpuscules, à une époque où la glande a une structure exclusivement lymphoïde, semble bien démontrer, contrairement à l'opinion de His, que les corpuscules de Hassall ne dérivent pas de la glande épithéliale primitive.
Nous n'avons pu constater le moment précis de l'apparition de ces éléments. Sur un fœtus de G mois 1/2, ils étaient parfaitement constitués et très nombreux. A partir de cet âge et jusqu'à l'époque où se produit la phase de régression, le thymus ne subit plus de modification de structure appréciable. Le réseau fibrillaire, facile à distinguer sur des coupes colorées au triacide, acquiert une grande ténuité. Les cellules enfermées dans les mailles de ce réseau sont un peu plus différenciées qu'à la période précédente. Les lymphocytes en forment encore la partie fondamentale; à côté d'eux on rencontre quelques polynucléaires neutrophiles ou plus rarement éosinophiles, des mononucléaires non granuleux, des maslzellen, des mononucléaires granuleux ou myélocyles éosinophiles, basophiles ou neutrophiles, de rares cellules géantes, des éléments ressemblant à des globules rouges à noyau. Ces dernières cellules sont toujours peu nombreuses et se trouvent surtout au voisinage des vaisseaux. On voit enfin des cellules épithélioïdes et de grandes cellules étoilées à noyau vésiculeux.
Les corpuscules de Hassall, situés presque tous au centre du lobule, ont un aspect extrêmement variable : tantôt ils sont formés par une énorme cellule unique; la chromatine du noyau y dessine les figures les plus variées : corps mùriforme, étoile, anneau circulaire, grains isolés; tantôt ils sont constitués par un amas de petites cellules épithélioïdes; d'autres fois, ils prennent des dimensions énormes et sont bourrés de grosses cellules à protoplasma très réfringent; ou bien enfin, et c'est là l'aspect le plus fréquent, ce sont des formations tout à fait analogues aux globes épidermiques du cancer : lames épithélioïdes imbriquées autour d'un corps sphérique central, reste d'une cellule plus ou moins atrophiée.
Au fur et à mesure que l'on examine des sujets plus âgés, le thymus se montre de moins en moins volumineux. Bientôt il est noyé dans une masse cellulo-graisseuse abondante, mais ne disparaît pas complètement. Il en reste quelques îlots autour desquels les cellules endothéliales et les cellules des lissus adventices prolifèrent et donnent des cellules épithélioïdes irrégulièrement disséminées ou réunies en amas. Les corpuscules persistent longtemps, mais disparaissent chez les sujets très âgés.
Le thymus, chez les animaux, a une structure très analogue à celle que nous venons de décrire chez l'homme; les formes cellulaires qu'on y rencontre sont les mêmes; chez le lapin, le cobaye, le rat, les lymphocytes sont cependant plus petits. La seule différence essentielle qui mérite d'être signalée réside dans le nombre et l'aspect des corpuscules de Hassall. Chez ces animaux, en effet, ces corpuscules sont extrêmement rares, composés le plus souvent d'une grosse cellule unique. Chez le rat nouveau-né, on n'en constate pas. Deux jours après la naissance on en distingue quelques-uns. Entre le huitième et le quinzième jour, ils deviennent un peu plus abondants, mais restent encore peu nombreux, même chez le rat adulte.
Le chat, au contraire, a des corpuscules très nets et, s'il est toujours facile
PATHOLOGIE DU THYMUS.