LA CIRCULATION HÉPATIQUE
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Ions seulement que, sur les larges sections de l'organe, les veines portes se divisent dichotomiquement, et s'affaissent grâce au jeu que leur laisse leur gaine conjonctive; les veines sus-hépatiques sont transversales, criblées de petits pertuis, béantes sur la coupe. Ni les unes ni les autres ne présentent de valvules.
La description histologique du réseau vasculaire sanguin du foie, telle qu'elle résulte des travaux classiques de Kiernan en J 855, de Gubler, Kôlliker, Hering, Charcot, peut se résumer en peu de mots.
L'unité anatomique est formée par le lobule hépatique, incomplètement isolé chez l'homme, bien délimité chez le porc qui a servi de prototype à toutes les descriptions. Il mesure 2 millimètres de long sur 1 millimètre de large. — Au centre du lobule, une veine centrale provenant du réseau sus-hépatique ; cette veine, sur les coupes transversales, prend un aspect un peu étoilé, sans branches spéciales visibles; sur les coupes longitudinales, elle prend une forme foliacée. Chaque veine centrale s'insère sur une veine sub-lobulaire, ou sur un canal veineux sus-hépatique.
Les veines sus-hépatiques sont formées d'un endothélium, doublé extérieurement d'une couche fibro-élastique semée de quelques fibres lisses. A l'état sain, elles constituent un des grands points de repère qui servent à la lecture des coupes histologiques du foie; enflammées, elles s'épaississent, se montrent formées d'un tissu comme tendineux et d'aspect très spécial, peuvent même s'oblitérer.
Les capillaires radiés du lobule sont centripètes, reliés entre eux, par de courtes anastomoses transversales, et plus développés à la périphérie qu'au centre du lobule. Leur diamètre moyen est de 10 [/., leur distance moyenne réciproque de 15 jx. Ils séparent les trabécules cellulaires, et chaque cellule hépatique se trouve, par ses faces ou ses arêtes, en rapport avec 2 à 4 capillaires, sans que ceux-ci soient jamais en contact avec un ramuscule biliaire,
Ils sont formés d'un endothélium et d'une tunique propre ; leur importance pathologique est très grande, et dans leur petite cavité s'accumulent souvent les globules sanguins, ou les microbes charriés par le sang.
Les veines portes restent péri-lobulaires, et cheminent toujours accompagnées d'un rameau artériel, et de un ou plusieurs canaux biliaires. Ces différents vaisseaux sont compris dans une gaine conjonctive commune, d'où, sur les coupes transversales, un aspect spécial. On désigne ces régions sous le nom d'espaces porto-biliaires quand les vaisseaux sont de petit calibre, de canaux porto-biliaires quand ils sont volumineux. Chaque lobule reçoit toujours 5 à 6 rameaux portes différents.
Un endothélium, une tunique fibreuse, des faisceaux conjonctifs engainants, telle est la structure des rameaux portes.
L'artère hépatique ne joue qu'un rôle plus secondaire; simple vaisseau de nutrition, elle alimente en partie les lobules, mais surtout les parois veineuses et biliaires des vaisseaux adjacents. Les veinules qui lui correspondent se jettent dans la veine porte, et lui forment comme autant de racines intra-hépatiques.
Cette description traditionnelle du lobule hépatique est vraie, d'une vérité toute objective ; mais elleest incapable d'expliquer l'ordination des lésions pathologiques. Pour pouvoir interpréter celle-ci, il faut partir de cette notion, introduite d'abord dans la science par Eberth, que le foie est une glande tubulée,
[CHAUFFARD
118 MALADIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES
comme l'embryogénie aussi bien que Fana tomie comparée en font foi; il faut admettre, et Sabourin la amplement démontré dans son bel ouvrage sur la Glande biliaire de l'homme (1888), que le lobule hépatique n'est qu'une fausse unité, inapplicable à la pathologie; que la vraie unité, restituée par l'histologie pathologique, c'est le lobule biliaire.
Toute l'anatomie pathologique du foie nous montrera que la trabécule hépatique réagit comme le ferait un parenchyme glandulaire tubulé.
Quant au lobule biliaire, chez certains animaux tels que le phoque, il existe à
Fig. i. — Coupe demi-schématique de foie normal. P. Système porto-biliaire. — H. Système sus-hépatique. — SHG. Veines sus-hépato-glissoniennes. Les figures 6, 10, 12 sont superposables, avec la lésion surajoutée, à la figure ci-dessus qui servira de
terme de comparaison. Ces quatre ligures inédites sont dues à M. Sabourin, que nous ne saurions
trop remercier de ce très obligeant et gracieux concours.
l'état de pureté. Chez l'homme, l'anatomie pathologique seule le démontre. Elle nous apprend que, pour le foie comme pour les autres glandes, les lobules se groupent autour des canalicules biliaires ou canaux d'excrétion ; ceux-ci, réunis aux vaisseaux sanguins afférents, forment le pédicule axial du lobule, les vaisseaux sanguins efférents rampent à la périphérie du lobule. Par conséquent, pédicule porto-biliaire central, veines sus-hépatiques périphériques au lobule biliaire.
Le lobule biliaire a donc « pour domaine glandulaire tout le parenchyme