LA CIRCULATION HÉPATIQUE
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groupé autour d'un espace porte, domaine qui s'étend exccntriquement jusqu'au premier système des veines sus-hépatiques. Mais ce domaine n'est pas homogène, puisqu'il est formé aux dépens de plusieurs lobules hépatiques. Il faut donc que chaque lobule hépatique soit composé de segments distincts appartenant chacun à des lobules biliaires différents ». (Sabourin).
De toutes les circulations locales, la circulation hépatique est une de celles qui présentent, à cause de la complexité anatomique de son réseau, les particularités les plus curieuses.
A. L'afflux du sang par l'artère hépatique se trouve entravé à chaque mouvement inspiratoire, à cause de l'augmentation que subit alors la pression intraabdominale. L'inverse a lieu pendant l'expiration. Rosapelly a démontré que le liquide injecté par l'artère hépatique, sous une pression de 8 à 10 centimètres de Hg, ne ressort que par les veines sus-hépatiques, bien que les veines portes restent béantes.
B. Dans le réseau porte, la pression du sang afférent est très faible, et varie entre 7 et 24 millimètres de Hg. Dans les veines sus-hépatiques, la tension moyenne est encore plus basse, puisqu'elle oscille entre un maximum de -f- i millimètres Hg, et un minimum de — 5 millimètres Hg.
Le sang, cheminant toujours dans le sens de la pression la plus forte à la plus faible, passe donc facilement du réseau porte dans le réseau sushépatique.
Les mouvements respiratoires viennent encore faciliter la circulation veineuse intra-hépa tique.
A chaque inspiration, la pression intra-abdominale monte, tandis que baisse la pression intra-thoracique ; le foie est refoulé, comme exprimé par le diaphragme, en même temps que l'embouchure de la veine cave inférieure est attirée en bas et maintenue largement béante.
Pendant l'expiration, au contraire, les réseaux veineux portes et sus-hépatiques se remplissent.
Si l'on ajoute à cette influence capitale des mouvements respiratoires l'action des causes adjuvantes, telles que l'adhérence au parenchyme et la béance des veines sus-hépatiques, le péristaltisme intestinal, les contractions rythmiques propres du tronc porte et de l'embouchure de la veine cave inférieure, l'action aspiratrice, de la diastole de l'oreillette droite, on comprendra par quel luxe de moyens physiologiques est assurée la circulation intra-hépatique, et combien se trouve ainsi amplement compensée l'absence de valvules portes ou sus-hépatiques.
Et ce n'est pas tout; des voies de dérivation sanguine forment un complément de protection.
Déjà Claude Bernard avait montré que, chez le cheval, 5 ou 0 rameaux portes vont se jeter directement dans la veine cave inférieure. Chez les vertébrés non mammifères, surtout les oiseaux, de larges communications dérivatives se font par le système veineux de Jacobson.
Les recherches récentes de Sabourin, de Brissaud, ont montré également des communications directes chez le phoque, qui présente, nous l'avons vu, un type parfait de foie biliaire.
Chez l'homme, des voies de dérivation en miniature se font normalement par les veines sus-hépato-glissonicnnes, c'est-à-dire par ces veinules portes, satellites
[CHAUFFARD
MALADIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES
des artérioles hépatiques, et qui s'anastomosent avec les veinules efférentes des parois veineuses sus-hépatiques.
En elles-mêmes, ces communications sont purement histologïques, et ne constituent normalement qu'un simple vestige embryonnaire. Elles peuvent, à l'état pathologique, acquérir une véritable importance.
Il en va de même pour les veines portes accessoires ; sur les 5 groupes que décrivent les anatomistes, 2 peuvent contribuer à la suppléance partielle de la circulation intra-hépatique. Un groupe supérieur correspond aux veines portes accessoires du ligament suspenseur, et aux veines gaslro-épiploïques, avec leurs anastomoses oesophagiennes dont nous verrons l'importance. Intérieurement, descend le groupe parombilical, où la veine ombilicale, d'après Baumgarten, resterait même perméable.
Toutes ces notions trouveront, à propos des cirrhoses du foie, leur application directe.
Ajoutons, en terminant, que d'après Rosapelly la A'itesse moyenne de parcours du sang veineux dans le foie serait de 4 à 5 millimètres par seconde.
Quant à l'influence régulatrice que le système nerveux exerce sur la circulation intra-hépatique, son examen nous entraînerait à une discussion trop longue, et dépourvue encore de conclusions bien certaines. Contentons-nous de rappeler que l'expérience célèbre de Claude Bernard, la piqûre du plancher du ventricule, détermine une hyperémie intense du foie. Cette hyperémie n'est pas vaso-paralytique, car, d'après Marc Laffont, elle ne dure, ainsi que la glycosurie, pas plus de 24 heures. Il est probable que la piqûre excite des centres bulbaires vaso-dilatateurs bilatéraux et symétriques. Les nerfs vaso-dilatateurs qui émanent de ces centres descendent dans la moelle jusqu'à la Jre paire dorsale, à partir de laquelle, peut-être jusqu'à la .je paire, ils sortent pour se jeter dans le cordon sympathique thoracique, et de là dans les nerfs splanchniques.
Les pneumogastriques semblent avoir une influence opposée, et jouer le rôle de nerfs vaso-constricteurs. D'après Rodriguez ('), l'excitation des filets centripètes du pneumogastrique, pris au cou ou au-dessus du diaphragme, détermine une augmentation constante (par voie réflexe) de la pression dans les capillaires hépatiques; au contraire, la faradisation des filets centrifuges détermine, dans la plupart des cas, un abaissement assez net de cette pression, ou au moins une tendance à l'abaissement.