II. DOSAGE APPROXIMATIF DE L 'ALBUMINE
Les procédés cliniques, c'est-à-dire applicables « au lit du malade », présentent pour le médecin un intérêt évident; aussi conçoit-on que l'on en ait proposé un grand nombre.
A. — Dans le cas particulier, un « procédé volumétrique », avec indicateur coloré ou autre montrant que la précipitation de l'albumine est achevée, rendrait de très grands services; il n'en existe pas actuellement d'une exactitude telle que son emploi paraisse devoir se généraliser, et c'est bien plus à titre d'exemple que pour en recommander l'usage que nous décrivons brièvement le suivant.
Procédé volumétrique à l'acide sulfosalicylique : A 10 ou 20 centimètres cubes d'urine diluée de 2 ou 5 fois son volume d'eau, on ajoute II gouttes d'une solution à 1 pour 100 d'acide amido-azo-benzol-disulfonique (Echtgelb des Allemands). Dans cette liqueur, on verse goutte à goutte au moyen d'une burette graduée une solution à 20 pour 100 d'acide sulfosalicylique jusqu'à coloration rouge brique persistante, indiquant la fin de la précipitation de l'albumine; un centimètre cube de la solution sulfosalicylique = 0.01006 d'albumine (Wassilyew).
Tanret a également fait connaître un procédé volumétrique, basé sur l'emploi de son réactif et du bichlorure de mercure comme indicateur.
B. — Les méthodes qui consistent à précipiter l'albumine par un réactif approprié et à mesurer le volume du précipité rassemblé au fond d'un tube gradué, pour en déduire la quantité d'albumine cherchée, sont à peu près les seules usitées dans les recherches cliniques. Nous décrirons rapidement la plus connue, qui est celle d'Esbach.
Méthode d'Esbach. — Dans le tube ou albuminimètre d'Esbach, on verse de l'urine filtrée jusqu'au trait marqué U et du réactif citro-picrique (acide picrique, 10 gr. ; acide citrique, 20 gr. ; eau, 1000), jusqu'au trait supérieur, marqué R. Après avoir bouché et renversé plusieurs fois le tube de manière à effectuer le mélange des deux liquides, [on l'abandonne au repos pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, on lit la graduation qui limite la partie supérieure du précipité, c'est-à-dire le chiffre qui indique la quantité d'albumine contenue dans un litre de l'urine examinée. Si l'urine renferme plus de 4 pour 1000 d'albumine et si sa densité est supérieure à 1008, il convient de la diluer.
Cette méthode fournît des résultats grossiers; les erreurs sont tantôt par excès tantôt par défaut: elle est surtout utile dans les cas où l'on se propose de suivre les variations du taux journalier de l'albumine chez un même malade; en opérant toujours dans les mêmes conditions de dilution et de température, on trouvera pour les rapports qui expriment ces variations des chiffres à peu près exacts. La température exercerait, en effet, une certaine
RÉACTIONS CHIMIQUES DES ALBUMINES URINAIRES
influence sur la densité du précipité (Schultz et Christensen). Nous l'avons constaté maintes t'ois, le tassement de l'albumine s'exagère par la chaleur. En d'autres circonstances les flocons d'albumine restent suspendus comme s'ils étaient incorporés à de la mucine, et l'on n'obtient leur précipitation que par une centrifugation prolongée. Peut-être pourrait-on modifier la graduation du tube d'Esbach par ce procédé (Brault, Lépinois).