AFFECTIONS CUTANÉES PRODUITES PAR DES CHAMPIGNONS PARASITES
(dermatomycoses)
Les dermatomycoses constituent l'un des chapitres les plus intéressants de la dermatologie et l'un de ceux où les travaux récents ont apporté le plus de modifications et de lumière.
Parmi les champignons parasites, les uns occupent l'épiderme vague, les autres ont pour siège exclusif ou principal les poils. Les lésions provoquées au cuir chevelu par ces derniers sont connues sous le nom commun de teignes.
Nous décrirons dans ce chapitre les trichophyties, les teignes tondantes, le favus, le pityriasis versicolore et Férythrasma. La pelade, qui partage avec la tondante et le favus le nom de teigne, sera décrite avec les affections du système pilaire : les recherches récentes ne permettent plus de la ranger parmi les dermatomycoses, où la plupart des auteurs l'avaient placée en raison de sa contagiosité et de son analogie de siège avec les autres teignes.
Quant à l'actinomycose, son étude a été faite dans une autre partie de cet ouvrage.
LES TRICHOPHYTIES ET LES TEIGNES TONDANTES
On a donné, depuis Malmsten, le nom de trichophyton tonsurans à un champignon parasitaire découvert en 1844 par Gruby, qui l'avait désigné sous le nom de mentagrophytes, et, depuis Hardy, on donne le nom général de trichophyties aux diverses lésions provoquées par ce champignon soit sur le cuir chevelu (herpès
LKS THICHOPIIYTIES ET LES TEIGNES TONDANTES.
lonsiiranldes anciens ailleurs, teigne londante), soil dans la barbe (syeosis parasitaire de Bazin), soit sur les parties glabres (herpès circiné des auleurs, folliciilites agminées, etc.), soit enfin au niveau des ongles.
Classiquement et jusqu\à ces dernières années, la trichophytie était considérée comme une affection iinivoque, à localisations variées, mais à manifestations presque constamment, sinon constamment identiques dans une même localisation et relevant toujours d'un seul et même parasite identique à lui-même. Les travaux de Balzer et de Juhel-Renoy avaient bien fait entrevoir des variétés dans les caractères morphologiques du trichophyton. Mais c'est seulement depuis l'application à l'étude des affections Irichophytiques des méthodes de la bactériologie que nos connaissances se sont précisées sur ce point.
Les recherches de Neebe et Fiirthmann (') et surloul la belle série des travaux de Sabouraud (^), contrôlés, confirmés presque entièrement par Mibelli (^), Bodin(*),C. Fox(''), M. Morris ("), etc., ont montré qu'il n'y avait pas tine trichofjltytie, relevant à\in trichophyton^ toujours le même, mais une série de tridiopln/tics produites par des parasites différents ; que ces différents parasites, caractérisés par leur apparence morphologique à l'examen microscopique des poils parasités, par l'aspect, la forme et la coloration de leurs cultures sur les milieux de laboratoire, par leurs propriétés biologiques, souvent par leur habitat sur telle ou telle espèce animale, correspondaient chacun à iuk» forme clinique particulière de lésions Irichophytiques.
Bien plus, ces recherches, confirmant des examens microscopiques anciens, dont la signification réelle avait échappé à Griiby et à Bazin, ont montré que, parmi les affeclions Irichophytiques, on englobait une allection parasitaire, propre au cuir chevelu de l'enfant, relevant d'un parasite morphologiquement très différent des trichophytons.
La doctrine de l'unité trichophyli<[ue a donc vécu et, à la description simpliste qu'elle permettait, «il est nécessaire de substituer une description plus complète et plus compliquée.