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GÉNÉRALITÉS SUR LES TRICHOPHYTIE S

Les tricho[)liytons appartiennent au genre botrytis, famille des mucédinées.

Ils ont pour caractères communs d'être constitués par un mycélium dont les filaments sont réguliers, composés de cellules à double contour; ces cellules (spores mycéliennes) sont incolores, fortement réfringentes, disposées en chapelet, de forme arrondie ou ovalaire, parfois carrée; leurs dimensions sont variables suivant les espèces, souvent même dans une seule espèce; elles sont toujours de dimensions relativement considérables par rapport aux spores d'autres espèces parasitaires, d'où le nom de tondantes à grosses spores donné

(•) Neebe u. Furtiimann, Vier Trichophvlonarlon, 31oniihlt. /'. priikl. Dcnnulnl., I8!)l, XIII. p. 477.

(*) Sabouraud, Los tricliophyties humaines. Thèse de Paris, 1894. Les trichophyties et la teigne tondante de (irnl)y. Traiisnrtinns of the Internationnl Cn»gress of Dermatology, Londres, 1896, |). 49.">.

(■') Mibelli, Sur la pluraliLo des lri<-hnpliylios, Ainutlcs de Dcnnulidogie, 189"), p. 7.")5.

(*) BoDiN, Les leit;iies londanles du cliexal el leurs inoculations humaines, Thèse de Paris, 1895-96.

(^) CoLCOTT Fox el F. Blaxall, An in(piiry inlo (lie piuralily of liuigi causiiig ringworm, P>rilish Journnl of Dermal.ology, 189(1, |). '241,291, 557, 577. (®) Malcolm Moniiis, Ringworm in Ihe liglil ol' reeent researclies, Lontires, 1897.

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MALADIES CUTANÉES

aux teignes tondantes trichophytiques, par opposition à celui de tondante à petites spores donné à la teigne tondante occasionnée par le microsporon. Les filaments mycéliens des trichophytons sont ramifiés.

La recherche et la constatation du trkhophyton ne présentent pas de difficultés considérables. Les poils malades (voir plus loin, à propos de l'étude de teignes tondantes et à propos de la trichophytie des parties glabres, les précautions à prendre pour découvrir les poils parasités) sont placés sur une lame de verre, sur laquelle on dépose une goutte d'une solution de potasse caustique à 40pourl00'; on recouvre avec une lamelle couvre-objet et on chauffe légèrement sur une flamme de gaz ou d'alcool : la potasse éclaircit les tissus animaux et respecte les spores et le mycélium qui deviennent ainsi plus apparents, de sorte qu'il est inutile de colorer la préparation.

L'examen, faitavec un microscope de puissance moyenne, permet de constater la présence du mycélium et des spores, leur forme et leurs dimensions; il permet en outre de constater, en variant la hauteur de l'objectif, si le parasite est situé à la surface du poil (trichophyton ectothrix) ou à l'intérieur de celuici (trichophyton endothrix) et, dans ce dernier cas, si les spores restent régulièrement sériées après l'action de la potasse (trichophyton à mycélium résistant) ou si elles se dissocient et s'égrènent (trichophyton à mycélium fragile).

La culture des trichophytons peut être faite sur la plupart des milieux de laboratoire et à toute température ordinaire. Mais, le parasite se nourrissant d'aliments quaternaires (peptones) et ternaires (sucres), il est nécessaire, pour obtenir avec leur maximum de netteté les caractères différentiels des cultures des divers trichophytons,. de les étudier sur les milieuxles plus favorables à leur développement. Sabouraud a montré que l'agar au moût de bière est le milieu qui donne les meilleurs résultats; les caractères différents des cultures de deux trichophytons ne se présentent avec toute leur netteté et toute leur valeur démonstrative que quand on a soin de les cultiver tous deux sur un même milieu, préparé simultanément pour les deux : c'est seulement après une culture de ce genre qu'on peut être sûr de l'identité ou de la non-identité de deux parasites. En effet, un même parasite cultivé sur deux milieux différents, voire très peu différents, peut donner des cultures d'aspect très peu comparable.

On obtient d'emblée des cultures pures en déposant, au moyen d'une baguette de platine, un fragment de cheveu parasité à la surface de l'agar au moût de bière. Sur des milieux peu sucrés et trop azotés, le parasite se développe mal, reste chétif ou est complètement anéanti par des champignons commensaux, qui se trouvent parfois associés au trichophyton et dont le rôle est encore indéterminé.

Les cultures de trichophytons ont pour caractères généraux de s'étendre excentriquement et progressivement autour du point inoculé ; mais, en dehors de leur forme arrondie et de leur extension centrifuge, de rapidité d'ailleurs variable, elles n'ont plus de caractères communs : l'aspect de leur surface, c[ui peut être régulière ou irrégulière, lisse ou duveteuse, en cocarde ou continue, leur coloration, varie d'une espèce à l'autre.

Les cultures de trichophytons sont presque indéfiniment réinoculables à la condition que la réinoculation ne soit pas trop tardive.

Leur inoculation aux animaux ou à l'homme est souvent difficile à obtenir; lorsqu'elle réussit, elle donne des résultats variables suivant les espèces trichophytiques, mais toujours les mêmes pour une espèce trichophytique donnée.

LES TRICHOPHYTIES ET LES TEIGNES TONDANTES.

Les irichophytons, qui ont peut-être une existence saprophytique (Sabouraud, Bodin), sont en nombre extrêmement considérable. Sabouraud a pu en étudier plus de vingt espèces.

Les uns sont propres à l'homme ; ce sont les trichophytons cndothrix, dont les lésions ont pour caractère clinique général de ne pas s'accompagner de suppuration. Les autres, les trichophytons ectothrix, peuvent s'observer sur l'homme, chez lequel ils déterminent des lésions plus ou moins nettement suppuratives, mais lui sont transmises par des animaux : on connaît plusieurs espèces propres au cheval, dont l'une provoque chez l'homme des lésions particulièrement intenses; d'autres propres au chien, au chat, au bœuf, aux oiseaux.

La transmission de ces trichophytons d'origine animale peut se faire directement de l'animal atteint à l'homme, ou de l'homme à l'homme, ou par l'intermédiaire d'objets ayant servi à l'homme ou à l'animal atteints.

La fréquence des espèces trichophytiques est extrêmement variable; certaines sont d'observation courante, d'autres n'ont été vues qu'un petit nombre de fois.

Pour chaque espèce trichophytique, la fréquence relative est aussi très variable suivant les pays et suivant les régions, et même, dans une région donnée, suivant qu'on observe à la ville ou à la campagne.

Envisagées en bloc, les trichophyties sont plus fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte ; cette fréquence tient principalement au nombre considérable de trichophyties du cuir chevelu qui s'observent chez l'enfant, tandis que cette localisation est rare chez l'adulte.

Les diverses espèces trichophytiques ont chacune une expression clinique qui leur est propre et qui permet, avec une expérience suffisante, de la reconnaître par l'examen du malade avant d'avoir fait la culture du parasite. Cette proposition est nettement établie pour les espèces trichophytiques les plus fréquemment observées; il en est vraisemblablement de même pour les espèces plus rares. Il serait cependant exagéré de soutenir que chaque espèce trichophytique ne se révèle que par des lésions toujours absolument identiques à elles-mêmes et que le siège des lésions, l'individualité de chaque malade ne peut modifier ces caractères en plus ou en moins : ainsi, même avec les espèces les plus régulièrement et les plus considérablement suppuratives, on peut voir des lésions trichophytiques abortives se révélant, aux dilférentes localisations du même malade ou en quelques-unes seulement, par des éléments circinés à peine irritatifs.

La description complète de toutes les formes trichophytiques nous entraînerait trop loin et exigerait des développements hors de proportions avec le cadre de cet ouvrage ; nous nous contenterons, à propos de chacune des localisations que peuvent affecter les trichophyties, d'indiquer les caractères généraux qu'elles y présentent et de donner la description des lésions provoquées par les espèces les plus communes dans chacune de ces localisations.

TEIGNES TONDANTES

Nous inscrivons en tête de ce paragraphe, non pas le nom de trichophytie du cuir chevelu, mais celui de teignes tondantes, parce ({ue cette dénomination, tout archaïque qu'elle est, a l'avantage d'être plus compréhensive que celle de trichophytie; elle nous permet de réunir dans ce seul paragraphe toutes les lésions décrites il y a (juclques années encore sous le nom de trichophytie du

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cuir chevelu et parmi lesquelles une place importante doit être faite à la teigne à petites spores ou microsporie du cuir chevelu.

Caractères généraux des teignes tondantes. — Quoique chaque espèce trichophytique, en se développant sur le cuir chevelu, y détermine des lésions revêtant un type clinique particulier, généralement susceptible d'une reconnaissance précise et d'un diagnostic ferme, il est indispensable d'indiquer tout d'abord les caractères de la teigne tondante en général ; quelque conventionnel et vague qu'en soit le tableau, il peut cependant être séparé nettement de celui des diverses autres affections du cuir chevelu; il est déjà utile, avant d'avoir déterminé de quelle teigne tondante un enfant est atteint, de savoir qu'il est atteint d'une teigne tondante et qu'il y a lieu de lui faire subir un traitement particulier et d'exiger à son encontre des mesures de prophylaxie.

Cette description n'est d'ailleurs autre que celle qui était donnée autrefois de la trichophylie du cuir chevelu avant les recherches de Saboiu'aud.

Une ou plusieurs plaques de forme arrondie, de dimensions variant de celle d'une lentille à celle d'une pièce de cinq francs et même plus, à progression centrifuge, au ni\eau desquelles les cheveux sont cassés à ras de la surface cutanée ou à une petite distance de cette surface, caractérisent les teignes tondantes. Les fragments de cheveux qui persistent à la surface des placards, après leur rupture, sont parfois courts et leur ensemble rappelle alors plus ou moins celui d'une barbe mal rasée. Cet aspect est pathognomonique. Lorsqvu; l'on cherche à extraire avec une pince ce qui reste de ces cheveux cassés, on y parvient difficilement : le cheveu se rompt un peu plus bas, sa racine reste tixée dans la peau; le frc\gment que l'on saisit avec la pince est toujours court, de coloration grise ou noire, de dimensions transversales souvent supérieures à celles des cheveux sains du voisinage, et souvent s'éci'ase avec une grande facilité dès- qu'on le presse entre les mors de la pince. Ces différents caractères sont dus à la présence du parasite qui altère le tissu du poil, accroît son diamètre et diminue sa résistance.

Les plaques sont souvent recouvertes de squames plus ou moins abondantes, fines, blanchâtres ou grisâtres, peu adhérentes ; au début cet état pityriasique est plus prononcé.

Ces plaques s'étendent pendant un certain temps, mais généralement elles cessent bientôt de s'accroître et dès lors restent stationnaires pendant un temps souvent fort long; c'est par mois que s'exprime leur durée, et, avant de pouvoir assurer leur guérison absolue, il faut avoir constaté à plusieurs reprises l'absence de poils cassés à leur niveau, et avoir vérifié au microscope l'intégrité de tous les poils qui paraissent être suspects.

Le développement successif des plaques, l'apparition de nouvelles plaques sous l'influence d'auto-inoculations, alors que les premières semblaient guéries ou sur le point de l'être, augmentent encore la durée de la maladie dans son ensemble.

Néanmoins, sa terminaison est la guérison, guérison parfoi:^ spontanée chez les sujets qui approchent de l'âge où la trichophytie cesse de se développer. La guérison est toujours complète, sans cicatrices et sans alopécie consécutive, à moins qu'on n'ait eu recours à des applications trop irritantes qui aient déterminé l'inflammation, la suppuration et la destruction des follicules pilaires.

Les teignes tondantes sont presque exclusivement l'apanage de l'enfance :

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