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ÉRYTHÈMES DES NOUVEAU-NÉS

Les agents pathogènes existant à la surface de la peau peuvent provoquer la fermentation des sécrétions cutanées et le développement de l'intertrigo.

L'intertrigo s'observe fréquemment chez les sujets atteints d'eczéma séborrhéique.

Diagnostic. — Le diagnostic de l'intertrigo n'offre pas de difficultés.

La seule affection qui puisse être confondue avec lui est Vérythrasma qui siège également au niveau des grands plis cutanés ; mais, dans ce dernier, les lésions sont anciennes, non prurigineuses, non suintantes, le contour est finement découpé, la surface brune et finement quadrillée.

Traitement. — Les sujets atteints d'intertrigo, à moins que celui-ci ne soit purement accidentel et passager, doivent être soumis au traitement interne que comportent leur état constitutionnel, l'état de leurs voies digestives, souvent le développement exagéré de leur pannicule adipeux sous-cutané.

Localement, des soins de propreté minutieux, des lavages avec de l'eau tiède ~ légèrement alcoolisée ou des liquides faiblement astringents (décoction de rose de Provins, solution de borax, d'alun, eau blanche), suivis d'application de poudre de talc, ou d'oxyde de zinc suffisent dans les cas légers et peuvent être employés comme préservatifs chez les sujets prédisposés.

Lorsque les lésions sont plus intenses et aiguës, les émollients (cataplasmes de fécule de pommes de terre, enveloppements humides avec des liquides légèrement antiseptiques) et les lavages avec ces derniers liquides doivent être employés tout d'abord; dans les cas persistants, on aura recours aux pommades à l'oxyde de zinc, additionnées d'une petite quantité d'acide salicylique, cl au besoin aux pommades au goudron ou à l'huile de cade.

Dans tous les cas on aura soin d'interposer, entre les parties adossées de la peau, des carrés d'ouate hydrophile ou de toile fine pour empêcher les contacts et les frottements.

Pour prévenir le retour de l'intertrigo, on supprimera le port directement sur la peau de vêtements irritants, de la flanelle en particulier, et des tissus de caoutchouc, comme ceux qui garnissent les corsages des femmes.

Éin'THÈMES DES NOUVEAU-NÉS

La peau des nouveau-nés est exposée aux contacts irritants de l urinc et des matières fécales, que la délicatesse, l'imperfection de son revêtement épidermique incomplètement kératinisé et longtemps macéré dans la cavité utérine ne lui permettent pas de supporter sans réaction inflammatoire. L'inflammation ainsi produite revêt des aspects cliniques variables, mais dérivant tous du type érythémateux.

Description clinique. — La forme la plus simple de ces érythèmes consiste en une rougeur {éri/lhèine simple) plus ou moins vive; d'abord peu accusée, ne s'accompagnant d'aucune modification apparente de l'épiderme, qui conserve son aspect velouté, cette rougeur, souvent ponctuée par places, prend chez les enfants athrepsiés un ton plus foncé, livide, rappelant celle de la cerise très mûre; en même temps que la rougeur s'accuse, l'épiderme devient brillant et

MALADIES CUTANÉES

comme vernissé, semble prêt à former des érosions étendues, ou même disparaît complètement, laissant des surfaces suintantes sur lesquelles on voit par places des excoriations plus profondes.

L'érythème simple occupe le plus souvent les plis inguinaux, où il n'est pour ainsi dire pas un nouveau-né qui n'en présente quelque degré. Lorsqu'il atteint quelque intensité, on le voit occuper les fesses, la région lombaire, la face postérieure des cuisses et des jambes, le périnée, le pourtour de l'anus, les organes génitaux. II peut s'étendre davantage, envahir toute la partie inférieure du tronc, les membres inférieurs dans toute leur étendue. Plus rarement il se généralise presque entièrement.

Fréquemment, sur le fond érythémaleux se développent des vésicules {oryllième vésktdeiix) acuminées, peu saillantes, remplies de liquide séreux ou un peu louche; ces vésicules éphémères laissent après leur rupture des érosions arrondies, à bords nets, à fond rouge, à contour parfois jaunâtre ou grisâtre, qui se réunissent sovivent en groupes à bords polycycliques ou arrondis pouvant atteindre la largeur d'une lentille.

Ces vésicules et les ulcérations qui leur succèdent peuvent occuper toutes les parties du corps qui sont le siège de l'érythème simple. On les observe surtout sur les fesses, la partie postérieure des cuisses et des jambes. Les ulcérations sont surtout prononcées sur les parties saillantes, aux fesses, au niveau des talons, aux organes génitaux et dans les plis de l'anus dont elles occupent le sommet.

Les érosions et ulcérations se cicatrisent généralement en peu de jours, se rétrécissent progressivement en laissant après elles une macule qui ne tarde pas à disparaître ; chez les enfants déjà cachectiques, elles deviennent de plus en plus profondes et persistent jusqu'à la mort.

Dans quelques cas dont l'évolution a été bien étudiée par Jacquet ('), les érosions de l'érythème vésiculeux ou du moins quelques-unes d'entre elles deviennent bourgeonnantes, forment une saillie arrondie très aplatie ou hémisphérique, excoriée, luisante, légèrement suintante, entourée d'un plissement épidermique fin et rayonné. Cet éri/thèine papnleiix post-érosif avait été à tort rapporté par Parrot (^) à la syphilis et appelé par lui syphilide lenticulaire. Ses sièges de prédilection sont les mêmes que ceux de l'érythème simple ou vésiculeux auquel il succède.

Il convient de décrire ici une forme très spéciale d'éry thème infantile, dont les causes ne sont pas déterminées et dont les relations avec les autres formes d'érythème ne sont pas établies; cette affection décrite sous les noms d'érythèrnc papuleux vacciniforme{^), de vaccino-syphiloïde infantile (''), d'herpès vacciniforme, est caractérisée par des saillies papuleuses arrondies, déprimées à leur centre qui est parfois recouvert d'une croûtelle ou exulcéreux, de coloration grisâtre et d'aspect couenneux à la périphérie entourée d'une bordure rouge. Cette afîection, qui disparaît sans laisser de cicatrices, siège aux régions génitocrurale et fessière, principalement au sommet des larges plis de la peau de la région crurale et sur le bord libre des grandes lèvres.

Étiologie. — ■ Les formes légères d'érythème peuvent s'observer chez des

(') L. Jacquet, Des syphiloïdes post-érosives. Thèse de Paris, 1888. (-) Parrot, La syphilis héréditaire. Paris, 1886, p. 30.

(^) E. Besmer, SyphiHs infantile (syphilides et syphiloïdes). Bulletin médical, 1887, p. 499. ('') A. FouRNiER, Vaccino-syphiloïde du jeune enfant. fiî/J/eiù( rnédiVa/, 26 janvier 1891, p. 83.

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