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ÉKYTHÈMES DES NOUVEAU-NÉS

nouveau-nés bien portants, bien nourris, n'ayant aucun trouble digestif ou simplement une diarrhée passagère et sans gravité.

Les formes plus intenses ne s'observent guère que chez des enfants mal nourris, athrepsiés, atteints de diarrhée verte, c'est-à-dire dans les conditions où s'observe le muguet; aussi avaient-elles été attribuées à ce dernier par Valleix.

Outi'e les conditions défectueuses de la santé générale qui les favorisent et les conditions particulières de mauvaise résistance de la peau des nouveaunés, il faut faire une part importante dans la production de ces érythèmes aux causes locales : l'action des garde-robes vertes, acides et irritantes pour la peau, l'action de l'urine agissant à la fois par sa qualité de liquide produisant la macération de l'épiderme, et par sa composition chimique normale ou anormale (concentration par suite de la diarrhée, décomposition sous l'influence de la chaleur), le contact de linges trop rudes, la chaleur causée par l'enveloppement dans des étoffes de laine trop épaisses et superposées en trop grand nombre; toutes ces causes agissent d'autant plus aciivement que les soins de proprelé sont plus espacés et exécutés avec moins d'altention. Aussi est-ce surtout chez les enfants pauvres que ces érythèmès sont observés.

Anatomie pathologique. — Les lésions des érylhèmes infantiles consistent dans une hyperhémie vasculaire, principalement dans une hyperhémie veineuse (Parrot); dans les vaisseaux on trouve des thromboses de leucocytes en dégénél'escence hyaline décrites par Menahem llodara('); aux lésions vasculaires s'ajoutent des alléralions plus profondes surtout bien décrites parce dernier auteur.

Les diverses couches épidermiques sont alleinles : il y a un œdème de la couche granuleuse et d'une partie de la couche épineuse, œdème à la fois intérêt intra-cellulaire. Le derme est le siège de lésions plus ou moins considérables suivant les cas, consistant en une prolifération embryonnaire, la(|uelle porte surtovd |sur la couche papillaire; les papilles sont proliférées et bourgeonnantes, ce (jui explicpie la transformation papuleuse de certains éléments (le cet érythème.

Diagnostic. — Les érylhèmes des nouveau-nés ])euvent être confondus avec (h's poussées eczémateuses, avec des éruptions sudorales. Mais la confusion la plus à redouter est celle qui peut faire croire à l'existence de syphilUles papuieusesou ulcéreuses lorsque l'érythème est localisé aux organes génitaux ou à l'anus et s'accompagne d'érosions ou de prolifération papuleuse. La syphilis se distingue de ces formes d'érythème par le caractère plus nettement papuleux (le ses lésions, par leur coloration plus foncée et tirant sur le brun, par leur siège dans la profondeur plutôt qu'à la partie saillante des plis de l'anus, par la présence de lésions sy|)hilitiques en d'autres régions de la peau et sur la mu({ueuse buccale, par l augmenlation de volume du foie et de la rate, par l'état général et le faciès de l'enfant. II est cependant des cas où les syphilides sont localisées dans une seule région, et où le diagnostic iirésenfe les plus grandes difficultés : aussi, en cas de doute, doit-on suspendre l'allaitement de l'enfant s'il a une nourrice et réserver le diagnostic; l'observation ultérieure

(') Menaukm HoDAFiA, Boilriitî znr IIistol<)fii(> des Eryllicma gluleale der Kinder. Monnt^h f. prakt. Derinal., 1898, t. X.WI, p. 325.

IGEORGES THIBIERGE.}

permettra de voir si les lésions se répai-ent rapidement sous l'influence des soins de propreté, comme cela a lieu pour les éruptions indépendantes de la syphilis.

Traitement. — Chez les enfants atteints d'érythème, on doit d'abord traiter les troubles digestifs qui peuvent exister, régulariser l'alimentation, etc.

Localement, on doit proscrire les couvertures trop épaisses et trop chaudes, faire entourer l'enfant de linges de toile souples, fins ou déjà un peu usés; l'enfant doit, à moins de contre-indication spéciale, être baigné une ou deux fois par jour dans l'eau d'amidon ou de son, lavé, chaque fois qu'il s'est sali, avec de l'eau boriquée tiède, ou, si les selles sont acides, avec une solution de bicarbonate de soude au 1/200'^; après chaque lavage, fait avec de l'ouate hydrophile, l'enfant est essuyé doucement, sans frotter, puis poudré avec de la poudre de talc, de carbonate de magnésie, d'oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth, de préférence à la poudre d'amidon qui pourrait fermenter. Ces soins, en y ajoutant l'interposition, dans les plis, d'une couche d'ouate hydrophile ou d'un linge fin enduit de poudre, suffisent à guérir en peu de jours le plus grand nombre des érythèmes simples. L'emploi des pommades, même de la vaseline pure, doit être rejeté, en raison de l'irritation qu'elles provoquent souvent.

Dans les érythèmes vésiculeux et ulcéreux, le traitement précédent est encore préférable dans la plupart des cas, à condition qu'il soit fait avec beaucoup de régularité et de soin. Dans les milieux hospitaliers, pour éviter les infections, il sera bon de donner tous les 2 ou 5 jours un bain au sublimé au 1/8000"= ou de faire des lavages avec la solution de sublimé au 1/4000'^^.

Parfois, lorsque l'irritation est très vive, on peut se trouver bien d'appliquer tempoi'airement des cataplasmes de fécule de pommes de terre.

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