AFFECTIONS DES GLANDES SUDORIPARES
La sécrétion sudorale peut être modifiée en quantité ou en qualité. Les modifications en quantité sont l'exagération (hyperhidrose), et la diminution ou la suppression (anhidrose). La seule modification en qualité qui mérite une mention est sa coloration anormale (chromhidrose).
A la description de ces troubles fonctionnels, nous joindrons celle de la miliaire sudorale, de Fhidrocystome et d'une affection dont les relations avec les glandes sudoripares ne sont pas encore établies, la dyshidrose.
ICEORGES THIBIERGE.J,
MALADIES CUTANÉES
HYPERHIDROSE
L'hyperhidrose ou sécrétion exagérée de sueur peut être généralisée ou localisée.
L'hyperhidrose généralisée se produit dans des états morbides divers, tantôt dans des maladies aiguës, soit dans leur cours, soit comme phénomène critique, soit pendant leur convalescence, tantôt dans le cours des maladies chroniques cachectisantes, traduisant alors la cachexie ou succédant aux accès de fièvre qui les accompagnent. L'hyperhidrose généralisée survient encore sous l'influence de la chaleur extérieure.
Elle s'accompagne parfois d'éruptions cutanées qui seront décrites plus loin. Elle rentre presque entièrement dans la séméiologie des maladies internes.
Sauf lorsqu'elle est due à' une influencé thermique externe, l'hyperhidrose généralisée nécessite le plus souvent un traitement tonique; en outre, par l'emploi de la belladone, de l'atropine, du tannin, de l'agaric, on peut faire cesser les flux sudoraux. Les poudres inertes additionnées d'une faible quantité d'acide salicylique peuvent en modérer l'abondance.
L'hyperhidrose localisée (éphidrose) est souvent sous la dépendance d'une altération du système nerveux central (myélopathies en général et en particulier syringomyélie, maladie de Morvan , etc.) ou périphérique (névrites, névralgies, traumatismes des nerfs, etc.). Elle peut alors porter sur des territoires variés de la surface cutanée, être unilatérale (hémihyperhidrose) ou occuper le visage exclusivement. Son étude relève de la symptomatologie des affections du système nerveux.
Outre ces éphidroses manifestement névropathiques, on peut voir l'hyperhidrose se localiser en certaines régions bien déterminées et ordinairement symétriques, par exemple dans les plis axillaires, mais surtout aux extrémités des membres, à la face palmaire des mains et à la face plantaire des pieds.
L'hyperhidrose palmaire et plantaire peut s'accompagner, lorsqu'elle est prononcée, de macération de l'épiderme qui parfois se détache en lambeaux irréguliers et laisse voir la peau lisse et rouge; d'autres fois, l'épiderme est augmenté d'épaisseur, forme des couches jaunâtres et adhérentes. Par suite de la macération épidermique, la peau devient douloureuse à la pression.
Ces hyperhidroses s'accompagnent souvent de bromhidrose.
Elles se montrent surtout en été, chez des sujets anémiques ou lymphatiques; elles peuvent également survenir à l'occasion d'émotions soudaines. Les marches prolongées avec des souliers serrés provoquent souvent l'hyperhidrose plantaire.
Le traitement des hyperhidroses locales consiste, outre le régime tonique que peut comporter l'état général des malades, en soins locaux : propreté absolue de la région obtenue au moyen de lavages répétés et de bains de préférence dans des liquides astringents (décoction de feuilles de noyer, solution faible d'alun ou de borax), et dans les applications larges de poudres absorbantes (talc et amidon additionnés de 2 à 3 pour 100 d'acide salicylique). Dans les cas intenses, on aura recours aux badigeonnages avec une solution de perchlorure de fer au 1/4, ou avec une solution de permanganate de potasse au 500^
CHROMHIDROS
BROMHIDROSE
La bromhidrose accompagne souvent les hyperhiclroses axillaires et plantaires; elle est due à la fermentation butyrique des sécrétions cutanées, sous l'influence de parasites existant à la surface de la peau (Thin). L'odeur très fétide qu'exhalent ces sécrétions est une gène considérable pour les sujets qui en sont porteurs.
Le (rnitcment de la bromhidrose se confond avec celui de l'hyperhidrose localisée qui la produit.
ANHIDROSE
La sécrétion sudoralc peut être supprimée par suite de la présence de lésions cutanées multiples.
Cette suppression est générale dans certaines grandes dermatoses, telles que le pityriasis rubra, la dermatite exfoliatrice et l'ichtyose. Les cas d'anhidrose généralisée congénitale sans altérations appréciables de la peau doivent être considérés comme des formes frustes d'ichtyose. L'anhidrose est également une des caractéristiques de la peau sénile. On l'observe à la phase cachectique du diabète et du cancer.
L'anhidrose locale s'observe dans les lésions inflammatoires de la peau, dans l'aplasie lamineuse, dans la sclérodermie, etc.
Les bains de vapeur, les exercices énergiques, plus encore que les médicaments comme le jaborandi, peuvent provoquer une sécrétion sudorale qui reste toujours peu considérable chez les sujets anhidrotiques.
CHROMHIDROSE
On voit, chez certains sujets, la peau prendre dans des régions déterminées une coloration anormale et variable suivant les cas, qui a été considérée comme produite par des modifications de la sueur.
On a rapporté un certain nombre d'observations, généralement recueillies chez des hystériques, de sueurs colorées en jaune, en bleu, en vert, en noir, en rouge, se produisant soit à la face et en particulier à la paupière inférieure, soit au thorax ou à l'abdomen. Le plus grand nombre de ces faits sont des exemples de simulation due au simple désir de se rendre intéressant; d'autres cependant paraissent incontestables et la coloration de la sueur peut être due à des composés organiques résultant de transformations du pigment sanguin.
Sous le nom de sueurs de sang ou cVItématidrose, on a décrit d'une part des faits dans lesquels la coloration était rouge, sans qu'on puisse y trouver de globules rouges en nature, d'autre part des hémorragies véritables se produisant chez des névropathes, par l'intermédiaire des glandes sudoripares. Il ne s'agit dans ces divers faits que de simples curiosités, bien étudiées surtout par Le Roy de Méricourt (') et Parrot.
(') FouRÉ, De la chromhidrose ; chromocrinie partielle et cutanée de M. Le Roy de Méricourt. Thèse de Paris, 1890-1801. (Bibliographie très étendue.)
[GEORGES THIBIERGE I
MALADIES CUTANÉES
La sueur des aisselles peut pi'ésenter, chez des sujets non hystériques et plus particulièrement chez les femmes rousses, une coloration rouge ou jaune due à la pi'ésence de parasites étudiés par Balzer(*), Babès, etc., formant quelquefois des concrétions à la surface des poils; ces sueurs rouges sont souvent fétides.
MILIAIRE SUDORALE
On voit parfois survenir, à la suite de transpirations abondantes, physiologiques ou pathologiques, de très petites vésicules miliaires remplies de liquide transparent. Ces vésicules constituent la miliaire sudorale, acquièrent parfois alors des dimensions plus considérables, et forment à la surface des téguments des saillies incolores ayant l'aspect de gouttelettes transparentes; elles portent plus spécialement le nom de sudamina.
La miliaire peut reposer sur la peau de coloration normale {miliaire blandie) ou sur une base érythémateuse plus ou moins nette {miliaire rouge). Elle se termine par rupture des vésicules et desquamation.
Parfois la vésicule est très peu apparente et semble faire défaut, la tache érythémateuse, de forme arrondie, qui l'entoure attire seule l'attention. L'éruption mérite alors plus spécialement le nom de roséole sudorale.
C'est encore à la miliaire qu'il faut rapporter certaines éruptions d'origine sudorale constituées par des vésicules de petites dimensions, généralement acuminées, groupées en grand nombre sur des placards rouges de forme irrégulière : ces éruptions, décrites parfois sous le nom défectueux d'eczéma sudoral, se terminent rapidement par desquamation. Elles se développent, à la suite de transpirations abondantes, sur des surfaces qui, au moment de la poussée sudorale, étaient recouvertes d'une substance imperméable ou soumises à une pression extérieure prolongée empêchant l'évaporation cutanée ; leur configuration reproduit la forme des surfaces sur lesquelles s'exerce la pression ou le contact.
Les vé.sicules de miliaire sont dues à l'épanchement, dans les couches épidermiques, de la sueur arrêtée dans son cours par l'obstruction de l'orifice glandulaire.
Les miliaires ne réclament aucun traitement. Dans les cas de roséole sudorale ou de placards pseudo-eczémateux, - des applications de poudre d'amidon ou quelques bains d'amidon suffisent à calmer le léger prurit qui peut exister.
HIDROCYSTOME
Robinson (de New^-York)(-) a décrit le premier sous ce nom une affection qui avait été jusqu'à lui confondue avec la dyshidrose et qui est constituée par de petits kystes résultant de la dilatation des glandes sudoripares.
Description. — • Les lésions de Fhidrocystome se présentent sous l'aspect de petites saillies arrondies, hémisphériques ou légèrement acuminées, de volume variant de celui d'une pointe d'épingle à celui d'un très petit pois. Elles ont l'aspect de grains de plomb enchâssés dans le derme, ou de grains de sagou, de
(') Balzer et Barthélémy, Contribution à l'étude des sueurs colorées, Annales de Dermatologie, 1884, p. 317.
(^) Robinson, Ilidrocystome. Journal of cutaneous and genilo-urinar y diseuses, 1895, p. 293.
HIDROCYSTOME.
tapioca cuits. Leur coloration est blanchâtre ou grisâtre, quelquefois légèrement violacée. Elles sont dures et résistantes. Cependant, lorsqu'on les perce avec une épingle, on en fait sortir une gouttelette de liquide clairet absolument incolore, semblable au contenu des sudamina. Elles ne se rompent jamais et disparaissent par résorption de leur contenu liquide. Les éléments sont d'abondance variable, parfois très discrets et disséminés, d'autres fois confluents.
Le siège de l'hidrocystome est exclusivement le visage, principalement le pourtour des yeux : front, espace intersurcilier, paupières, nez, quelquefois les lèvres.
L'affection a une marche paroxystique. Elle apparaît généralement au printemps, ou au commencement de l'été, ses éléments sont d'autant plus nombreux et développés que la chaleur est plus intense et que le visage est le siège d'une transpiration plus abondante; lorscjuc vient la saison froide, ils deviennent moins apparents, parfois même disparaissent complètement, pour reparaître l'année suivante. Une fois développée, l'affection persiste, se reproduit chaque année pendant toute l'existence.
Étiologie. — L'hidrocystome est une affection assez rare qui se développe surtout chez les sujets adultes et hyperliidrosiques exposés à l'action directe de la chaleur : Robinson en a observé de nombreux exemples chez des cuisinières et des blanchisseuses. Cependant l'intervenlion de cette dernière cause déterminante n'est pas nécessaire (').
Anatomie pathologique. — Les recherches de Robinson. Darier, Adam ont montré que l'hidrocystome est en rapport avec une altération des glandes sudoripares : chacun des éléments est un kyste à parois épaisses revêtues d'épithélium cubique et développé soit par dilatation du conduit excréteur de la glande à la partie inférieure du chorion (Robinson, Darier), soit aux dépens de la glande elle-même (Adam).
Cette dilatation canaliculaire ou glandulaire se fait sous l'influence de l'hyperhidrose, vraisemblablement en raison de la gêne apportée à l'excrétion sudorale par une oblitération partielle du conduit sudorifère.
Diagnostic. — L'hidrocystome ne peut être confondu avec aucune autre atïection.
Il diffère de Veczéma par sa longue persistance, la dureté des kystes, leur permanence sans tendance à la rupture.
Il diffère des sudamina également par la consistance des lésions, leur longue durée.
Il se distingue de la ihjsliidrose non seulement par sa localisation spéciale à la face où cette affection n'a jamais été observée authentiquement, mais encore par la dureté de ses éléments, par leur longue persistance, la reproduction annuelle des lésions beaucoup plus régulière que dans la dyshidrose.
Traitement. ■ — On peut essayer de modérer par une médication interne l'hyperhidrose qui accompagne l'hidrocystome et provoque la distension de ses éléments; mais il y a peu à compter sur son action préventive, car il faudrait en prolonger l'emploi d'une façon exagérée.
(') TiiuiiLRr.E, De rtiidrocystome. A(i);«/es de Dermal.. 1895, p. 978. — Bassaget, De l'hitlroevsloinp. Thè><e de Parix, 1895-96.
[GEORGES THIBIERGE.'l
MALADIES CUTANÉES
Lorsque les malades exigent un traitement, le seul applicable est l'ouverture et la destruction des kystes au moyen des cautérisations ignées.
DYSHIDROSE
Définition. — On donne, depuis T. Fox, le nom de dyshidrose à une affection vésiculeuse qui se produit généralement à l'occasion de transpirations abondantes, et que cet auteur considérait comme l'ésultant de la rétention de la sueur dans les conduits sudoripares insuffisants à son excrétion.
Quoique cette pathogénie soit des plus discutables, la dénomination de dyshidrose est trop généralement admise pour pouvoir être actuellement modifiée.
Cette affection a encore été décrite par Hutchinson sous le nom de cheiropompholix, par Robinson sous le nom de pompholix(').
Description. — La lésion initiale de la dyshidrose est une vésicule, de forme arrondie et hémisphérique, de coloration blanche, transparente ou un peu opaque, de consistance ferme, et à parois plus épaisses que la vésicule eczémateuse. Les dimensions de cette vésicule varient de celles d'une tète d'épingle à celles d'un grain de chènevis. Elle peut même devenir plus volumineuse encore par cohérence et fusion de plusieurs éléments voisins; on voit alors de larges soulèvements huileux irréguliers, sur la paroi opaque desquels on distingue des points plus clairs et un peu brillants correspondant aux vésicules initiales.
Le contenu des vésicules est un liquide transparent, clair, non poisseux, ne tachant pas le linge comme celui de l'eczéma.
Les vésicules de dyshidrose sont parfois entourées d'une zone érythémateuse pâle et peu étendue; le plus souvent, la peau ne présente à leur niveau aucim changement de coloration.
Les vésicules évoluent de façons très différentes : les plus petites peuvent se dessécher rapidement ou se rompre en laissant à leur place une desquamation blanchâtre à contours irréguliers, au-dessous de laquelle la peau a une couleur à peu près normale; lorsqu'elles sont plus volumineuses, elles peuvent se dessécher plus lentement, s'affaisser et leur enveloppe se transforme en une plaque épidermique épaisse, consistante, de coloration sombre, qui ne se détache qu'au bout d'un temps assez long; d'autres fois elles se rompent et la peau sous-jacente, d'abord rouge et légèrement suintante, ne tarde pas à reprendre son aspect normal. Les lésions de la dyshidrose peuvent être infectées par des microbes pyogènes : leur contenu se' trouble et la guérison est plus longue à obtenir.
L'éruption de dyshidrose se traduit par une sensation de cuisson, de tension cutanée, plus rarement par des démangeaisons véritables; ces sensations sont ri^veillées par la pression sur les vésicules tant que celles-ci n'ont pas commencé à se dessécher.
La dyshidrose évolue sous forme de poussées aiguës, se produisant avec une grande rapidité et se répétant parfois à quelques jours d'interA'alle. Elle est susceptible de récidives multiples à échéances éloignées.
Les lésions occupent le plus ordinairement les mains. Elles sont particulière-
(') Farez, De la dysliidrose. Thèse de Paris, 1896-1897. (Celle thèse renferme une bibliographie Irès élendue et reproduit les documents les plus importants pour l'histoire de la dyshidrose.) *
DYSHIDROSE.
ment fréquentes sur les faces latérales des doigts et y forment de petits groupes de vésicules aboutissant rapidementà la production de petites squames blanches, à contours sinueux; parfois, l'éruption de la face latérale des doigts persiste plus longtemps sous la forme de vésicules plus larges, suivies d'une desquamation en plaques épaisses. Sur la face dorsale de la main, les vésicules sont généralement de volume peu considérable, mais parfois très nombreuses. Sur la face palmaire, elles tendent, en raison de l'épaisseur et de la résistance de l'épiderme, à se réunir les unes aux autres et arrivent parfois à former de larges soulèvements bulleux ou phlycténulaires à contours arrondis. Il en est de même à la plante des pieds.
Les localisations à la main et au pied sont de beaucoup les plus habituelles; cependant l'affection peut se développer sur les autres régions découvertes, sur les avant-bras, le cou; elle peut même, mais plus rarement, se produire sur les régions couvertes par les vêtements et y prend facilement l'aspect eczématiforme. Le visage seul semble être complètement à l'abri de la dyshidrose.
Étiologie. — La dyshidrose peut s'observer à tout âge. Elle se développe spécialement, dans ses formes intenses, chez les sujets arthritiques et nerveux, ou chez les sujets fatigués par une cause quelconque. Dans ses formes atténuées, elle est d'une fréquence extrême et n'est l'attribut d'aucun tempérament.
Cette affection ne s'observe que dans la saison chaude : elle se montre à la suite de transpirations abondantes, et généralement sur les parties qui, au moment où elles sont en transpiration, sont exposées à l'air et au soleil.
Diagnostic. — La dyshidrose est souvent confondue avec les eczémas; elle en diffère par la consistance ferme et dure des éléments, par leur développement rapide, par l'absence de sécrétion séreuse à la suite de leur rupture.
Il est cependant des cas où le diagnostic est fort embarrassant : certains eczémas dyshidrosiformes se caractérisent par la présence de vésicules dures, réunies en groupes d'étendue variable ; l'évolution plus lente des vésicules, la coexistence en d'autres points de lésions manifestement eczémateuses permettent seules la distinction. D'autre part, on voit parfois la dyshidrose se modifier et prendre l'aspect eczémateux, et le diagnostic avec un eczéma est impossible si on n'a pas suivi l'évolution de l'affection.
Dans quelques cas de trkhophytw , les vésicules prennent l'aspect de celles de la dyshidrose : la configuration régulièrement arrondie des lésions, le petit nombre de leurs foyers permettent de reconnaître la trichophytie.
Dans la gale, les lésions cutanées sont polymorphes et aux vésicules s'associent des pustules, des lésions de grattage et des sillons; le prurit est plus violent que dans la dyshidrose et l'affection a une marche plus lente.
Anatomie pathologique. — Les lésions histologiques de la dyshidrose ont donné lieu à des interprétations variées.
Elles consistent en des cavités situées au-dessous de la couche cornée de l'épiderme, entre celle-ci et la couche de Malpighi. Elles débutent entre les papilles (R. Crocker, G. et F.-E. Hoggan), et en se développant se portent vers la profondeur de l'épiderme. Le siège interpapillaire des vésicules a fait admettre par R. Crocker que, conformément à l'opinion de T. Fox, les vésicules avaient pour origine une dilatation des conduits sudoripares consécutivement à
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MALADIES CUTANÉES
une hyperhidrose rapide; mais Hoggan, Williams, Santi, Breda n'ont pu trouver de connexion entre la vésicule et le conduit sudoripare. Ce ne serait qu'à une période ultérieure, d'après Hoggan, que la vésicule s'ouvrirait dans le conduit sudoripare altéré et renfermerait de la sueur.
Il faut bien reconnaître, malgré ces obscurités, que la dyshidrose affecte cliniquement des relations étroites avec l'hyperhidrose.
Unna, ayant constamment trouvé dans les vésicules une espèce spéciale de bacilles, pense que ces bacilles préexistent à l'éruption chez certains sujets et ne révèlent leur présence par le développement des vésicules que lorsqu'une transpiration abondante, en macérant l'épiderme ou en provoquant le grattage, permet leur pénétration à travers la couche cornée.
Traitement. — Les formes légères de dyshidrose ne réclament aucun traitement.
Lorsqu'il existe des vésicules nombreuses mais peu volumineuses, il y a avantage à ramollir l'épiderme par des bains émollients répétés et suivis d'applications de poudre d'amidon et de pâte additionnée de 1 à 3 pour 100 d'acide salicylique, ou à recourir aux enveloppements humides comme dans l'eczéma aigu.
Dans les formes intenses avec décollements épidermiques étendus, le traitement local est celui des brûlures : les applications de liniment oléo-calcaire amènent un soulagement dans les troubles fonctionnels; mais il est préférable d'ouvrir aseptiquement les vésicules et de faire un pansement occlusif rigoureusement aseptique.
HIDROSADÉNITES
La seule affection qui mérite actuellement le nom d'hidrosadénite est celle que Velpeau a décrite sous le nom d'abcès tubéreux et dont Verneuil a montré les relations avec les glandes sudoripares. Cette affection est du ressort de la chirurgie.
Les tuberculides nécrotiques (voir page 104) ont été décrites par Politzer et par W. Dubreuilh sous le nom d'hidrosadénite suppurative disséminée : leur siège au niveau des glandes sudoripares dans certains cas incontestables n'est pas assez constant pour conserver cette dénomination.