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L'ŒDÈME ET LES MALADIES GÉNÉRALES. - LE RHUMATISME

Multiplicité des causes de l'œdème. — Variabilité des symptômes. — Œdèmes mécaniques; œdèmes dyscrasiques. — Œdème et rhumatisme : historique. Lésions du

tissu cellulaire; élément inflammatoire; influence de l'état anatomique des régions envahies; variabilité des formes; rhumatisme de la peau; nodosités.

Localisations viscérales. — Marche rapide ou lente. — Œdème et diathèses, etc. —

Prédominance des localisations pulmonaires; formes multiples; symptômes divers.

Rapports avec les arthropathies. — Principe dyscrasique; influence nerveuse.

L'action des agents physiques, les compressions, les obstructions vasculaires, les oscillations survenant dans les conditions mécaniques de la circulation, les dyscrasies, les infections, les intoxications, les perturbations vaso-motrices, les diathèses, etc., figurent parmi les causes de l'œdème ; ces causes engendrent des modifications anatomiques, dont les symptômes varient avec l'importance de la lésion, avec son siège, avec la fonction du tissu altéré, avec la nature du facteur étiologique, etc.

Les recherches des modernes ont certainement beaucoup retranché de ce qu'avaient affirmé les anciens sur les hydropisies essentielles dyscrasiques; par contre on a quelque peu versé dans une autre exagération, en ne voyant presque partout qu'obstacles mécaniques à la circulation, qu'oblitération des veines, que maladie grave d'un organe intérieur, telle que la sécrétion d'albumine par les reins.

Il est établi qu'en dehors de toutes ces conditions et sans autre affection qu'une modalité constitutionnelle spéciale, il s'opère parfois d'une manière intermittente, successivement, alternativement, des épanchements de sérosité dans les diverses régions des tissus cellulaire ou séreux, sans aucune inflammation de ces tissus.

La pléthore sanguine, par exemple, place l'organisme dans un état de malaise, provoque une tendance à des fluxions; s'il s'agit par hasard d'individus particulièrement disposés par l'irritabilité naturelle de certains de leurs éléments anatomiques, ces mouvements fluxionnaires se portent de préférence sur ces éléments, engendrant des manifestations d'une nature vraiment diathésique ; chez quelques pléthoriques ces

ŒDÈMES RHUMATISMAUX. — HISTORIQUE.

mêmes mouvements fluxionnaires intermittents se traduisent parfois par des éeoulements sanguins survenant au niveau des muqueuses, donnant lieu à une manière de diathèse hémorragique.

À ces modifications Immorales on peut en ajouter d'autres à coup sûr plus rares. — Chez certaines personnes à tempérament lymphatique, à sucs blancs abondants, on découvre une sorte de pléthore aqueuse caractérisée, suivant Baumes, par une proportion habituellement trop grande de sérosité dans le sang ; cette tare semble annoncer des imperfections dans Jcs actes accomplis par les organes de l'hématose.

Nombre d'épanchements localisés sous la peau ou dans les cavités des séreuses se rapportent également à des processus de cet ordre; on voit aussi des exhalations s'effectuer plus ou moins brusquement dans le tissu cellulaire; généralement, ils correspondent à un affaiblissement, aune altération des fonctions cutanées. Au fond ces œdèmes se rattachent en grande pallie à la diathèse séreuse.

Or, de tous ces œdèmes dits diathésiques, les plus anciennement connus, les mieux étudiés sonl peut-être ceux qui se développent sous l'influence des états rhumatismaux. — Le professeur Requin rapporte que Chomel a rencontré, dans le cours de sa pratique, un fait d'œdématie de toutes les parties du corps dans le cas de rhumatisme articulaire aigu: il ajoute que ce professeur attribua ce phénomène à une lésion du cœur révélée par la dyspnée habituelle du malade. Plus loin il écrit : « Quoi qu'il en soit, excepté ce cas en rapport avec une affection cardiaque, Chomel n'a jamais vu le gonflemenl arthritique s'étendre à tout l'intervalle des grandes articulations des membres inférieurs, envahir, par exemple, la jambe ou la cuisse entières. » — Gruveilhier pense que les processus de rhumatisme de la puerpéralité peuvent, indépendamment de la coïncidence d'une phlébite, être accompagnés d'enflure. — Le professeur Bouillaud, dans les différents ouvrages qu'il a consacrés aux alléchons rhumatismales, relate un certain nombre d'observations d'œdèmes douloureux : mais ces accidents ne sont pas isolés; chaque fois les veines sonl altérées. — Ferrus, Villeneuve, dans les Dictionnaires de 'médecine ou des sciences médicales, passent sous silence ce phénomène.

Les auteurs du Compendium le signalent, mais pour le nier. — Monneret, dans son Traité de -pathologie interne, admet l'existence, dans le rhumatisme, d'hydropisies indépendantes des causes qui les déterminent habituellement: ce sont des hydropisies idiopathiques qu'il convient d'appeler « rhumatisme du tissu cellulaire général ».

Kernel, dans sa thèse inaugurale, indique les circonstances propres à modifier plus ou moins les caractères de cet œdème. Ici, développé autour des jointures affectées, on ne le trouve pas proportionné à la faible intensité de l'arthrite; là, produit en dehors de cette sphère, il manifeste son indépendance d'une façon encore plus évidente; parfois il s'accompagne d'une rougeur érythémateuse ordinairement peu intense; parfois

[A. CHARRIN.]

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