‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 104 sur 221 · FORMES AIGUËS; FORMES LENTES · texte numérisé non relu

FORMES AIGUËS; FORMES LENTES

ration abondante, vient se joindre à ce premier symptôme: tous deux augmentent et d'intensité et de fréquence : ils obligent le malade à cesser son travail.

Si on l'examine a ce moment, on constate une oppression intense, qui force le patient à se tenir assis sur son lit ; la face est ordinairement pâle, humide; on retrouve ici ces sueurs profuses si communes dans cette affection ; toutefois, ce qui fatigue surtout le sujet, c'est une expectoration composée de crachats aérés, spumeux, contenant à peine quelques stries sanglantes, assez abondante pour remplir deux ou trois crachoirs par jour.

A l'auscultation, on trouve la poitrine remplie de râles de bronchite généralisée, souvent comme tassés en certains endroits, se rencontrant ordinairement dans les deux poumons à la fois, tout en prédominant d'un côté : à première vue, on se croirait en présence d'un cardiaque, et cependant le cœur est sain.

Si on interroge le malade avec soin, on apprend qu'il a eu des attaques de rhumatisme ou que ces attaques se retrouvent dans sa famille. — Dans d'autres circonstances, c'est un homme de cinquante ans, chauve, éprouvant à la face des bouffées de chaleur, migraineux, hémorroïdaire, en un mot un arthritique. — On administre du salicylate de soude; en quelques jours cet orage, qui durait depuis trois semaines, un mois, se calme comme par enchantement.

La scène peut changer légèrement suivant les individus; c'est ainsi que parfois le début brusque se rapproche des congestions foudroyantes; parfois aussi quelques douleurs vagues s'éveillent dans les jointures: mais on note toujours l'abondance de l'expectoration ou des sueurs; il y a plus d'œdème pulmonaire que d'hyperémie. De même que la polyarthrite s'accompagne d'épanchements liquides, d'enflure péri-articulaire, de même cette sorte de rhumatisme pulmonaire provoque une fluxion œdémateuse remarquable entrant pour une grande part dans la production des symptômes dyspnéiques.

Les formes aiguës, aussi bien que les plus modérées, peuvent exister en dehors de toute atteinte des articles ou à titre de premier stade d'un accès qui n'a pas encore eu le temps d'évoluer. Dans ces conditions, la nature de ces manifestations sera plus d'une fois méconnue; on croira à l'existence d'un catarrhe aigu, d'une bronchite capillaire, d'une embolie; le diagnostic restera souvent incertain, bien que tels ou tels signes, principalement les caractères de déplacement, de migration, de brièveté, etc., facilitent ce diagnostic.

Les déterminations peuvent être aiguës; survenant tout à coup, sans signe précurseur dans le cours d'une attaque légère, comme pendant une crise grave, elles peuvent emporter le malade avec une extrême rapidité : ces cas sont heureusement rares.

Les diathèses ne se bornent pas à toucher aux viscères de la respiration, de la circulation, aux organes génito-urinaircs ou à l'appareil nerveux, pour faire naître des infiltrations séreuses : elles intéressent aussi le

INFLUENCE DES DYSCRASIES.

— RÔLE DU NÉVRAXE.

système cutané tant primitivement que secondairement. — Dans les formes aiguës de l'eczéma, d'après Michel, on peut voir se produire, comme dans la plupart des autres dermatites, un oedème considérable du derme; il occupe le plus souvent les paupières, la verge, le scrotum, les membres inférieurs; il peut également envahir les autres points du corps, tels que le tronc, les bras, etc. — Certaines conditions anatomiques, la laxité du tissu cellulaire, les causes mécaniques, la déclivité des zones malades jouent un rôle adjuvant plus ou moins favorable au développement de ce symptôme.

Sa véritable origine réside dans la compression des vaisseaux superficiels par la congestion du derme; il en résulte une gêne de la circulation amenant une infiltration dermique; cette infiltration, à son tour, met obstacle au retour du sang profond : d'où nouvelle augmentation de l'enflure.

Les altérations humorales, les dyscrasies qui sont l'essence même des maladies de nutrition, l'abondance des sels minéraux exercent naturellement une influence dans la genèse de ces œdèmes réputés diathésiques.

Jadis, du reste, nous aurions dû faire rentrer dans ce cadre une infinité d'entités, en raison de l'étendue considérable de l'empire aujourd'hui démembré des diathèses; actuellement, pour la majorité des pathologistes, l'arthritisme, à ses côtés la scrofule demeurent les seuls survivants.

Toutefois, ces modifications de la crase mises à part, il y a lieu de tenir compte du système nerveux; chez les diabétiques, par exemple, les humeurs ne sont pas normales, le sucre, avec lui les acides prédominent; en outre, dans un tiers des cas, le réflexe rotu lien, d'après Bouchard, est supprimé, suppression qui rapprochée de bien d'autres particularités indique que le névraxe est touché. Or, nul n'ignore la part que prend ce névraxe, en dehors des changements des plasmas, à la production de ces œdèmes.

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