LA PART DES NERFS
observations, en particulier celles de Lallemand, de Gintrac, etc., pour s'assurer que ce processus avait été fréquemment signalé; néanmoins, il ne paraît pas avoir vivement frappé les observateurs qui souvent le rapportent sans commentaire ; c'est qu'en réalité, dans la plupart des cas, il n'offre de remarquable que sa limitation exacte au côté atttcint.
Dans les paralysies de cause cérébrale, ce phénomène survient àp eu près en même temps que les artbrites secondaires, trophiques ou autres. — S'il s'agit de lésions spinales, il peut présenter des caractères spéciaux ; Mayet, dans deux fractures de la colonne vertébrale, a vu l'infiltration de la partie inférieure du corps apparaître en quelques heures le jour même de l'accident ; dans l'une de ces fractures, cette infiltration sous-cutanée se limita exactement aux régions privées de sensibilité ; elle disparut en même temps que l'anesthésie des divers points qu'elle occupait.
Au cours de quelques polyomyélites infantiles, Balmer a noté de l'enflure dans les parties privées de mouvement, enflure accompagnée de diverses altérations, de crevasses, de fissures, etc. — On sait que, dans l'ataxie, le phénomène n'est pas rare; il coexiste souvent avec des arthropathies, débute brusquement comme elles, pour disparaître parfois peu à peu, tandis qu'elles poursuivent leur évolution.
Peu importants dans les affections des hémisphères, peu observés dans les lésions médullaires, ces œdèmes n'ont pas reçu d'interprétation suffisante ; l'immobilité, la position déclive, la compression des membres, etc., telles sont quelques-unes des causes mécaniques indiquées par les auteurs ; Yulpian ajoute la suppression de Faction musculaire, un des agents les plus actifs de la circulation veineuse.
L'indifférence où l'on semble être longtemps resté à l'égard de la pathogénie de ces phénomènes tient sans doute à ce qu'on ne soupçonnait pas la possibilité d'une action immédiate du système nerveux sur leur production. On vivait sur le souvenir des expériences si nettes de Lower, expériences établissant que la ligature de la veine cave inférieure engendre l'infiltration des membres postérieurs, quelquefois même l'ascite ; ces expériences répétées avec succès par Bouillaud établirent aussi que l'obstruction des jugulaires cause l'enflure de la tête et du cou.
Ranvier voulut les reprendre; il n'eut que des résultats à peu près négatifs ; entre ses mains cette obstruction veineuse n'était pas suivie d'épanchement sous-cutané ; mais, si à cette opération il ajoutait la section du sciatique, cet épanchement se produisait du côté énervé, tandis qu'il épargnait la zone opposée dont le nerf était intact. — Quelque temps après, Boddaert confirma cette donnée ; après l'oblitération des veines voisines, l'œdème cervical n'apparut qu'à la condition de couper ou de lier le sympathique de la région.
A ces faits on a opposé quelques recherches plutôt restrictives ; Vulpian contrôlant tous ces travaux reconnaît que, dans la plupart des cas, une simple ligature vasculaire est insuffisante. Toutefois, si cette ligature