‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 107 sur 221 · ŒDÈME ET VASO-MOTEURS · texte numérisé non relu

ŒDÈME ET VASO-MOTEURS

porte simultanément sur un grand nombre de rameaux, si l'oblitération d'un tronc important a lieu sur une assez longue étendue de son trajet, l'enflure peut survenir; néanmoins, la section d'un nerf, lorsqu'on a déjà mis obstacle à la circulation en retour, n'en est pas moins le meilleur moyen expérimental apte à provoquer le phénomène.

Ces données physiologiques ne sont pas encore suffisantes pour nous renseigner sur le mécanisme des infiltrations séreuses dans les lésions du névraxe ; cependant elles éclairent cette pathogénie dans les cas de lésions des nerfs périphériques. — Ces infiltrations des tissus sous-cutanés ont été maintes fois constatées à la suite des plaies ou des contusions portant sur les nerfs périphériques; Mougeot, Weir Mitchell citent de nombreux exemples de simples névralgies ayant amené la même complication ; telles sont aussi les trois observations rapportées par de Stofella, observations relatives à une affection du plexus cervico-brachial accompagnée de gonflement de la fosse sus-claviculaire ; le soin que met l'auteur à éliminer toutes les causes de tuméfaction qui auraient pu fausser l'interprétation ne laisse pas de doute sur l'exactitude des faits observés.

La paralysie vaso-motrice semble naturellement éclairer la genèse de ces désordres; c'est là l'explication acceptée par les physiologistes qui ont étudié la question; cependant, certaines observations prouvent que tout n'est pas dit sur ce point, qu'il y a plus d'une inconnue àéclaircir; c'est ainsi que par la section du sciatique au tiers supérieur de la cuisse Morton a réussi à améliorer un éléphantiasis de la jambe qui avait résisté à la ligature de l'artère fémorale; le membre commença à diminuer à dater du jour de l'opération. À coup sûr on ne saurait assimiler cet éléphantiasis à l'œdème vulgaire; l'infiltration du tissu conjonctif n'en constitue pas moins la lésion essentielle de cette maladie ; il est bizarre de voir cette lésion s'amoindrir sous l'influence de ces mêmes sections qui la font apparaître dans les expériences de laboratoire.

Ces troubles peuvent ne pas se borner aux régions dont l'innervation est directement compromise ; dans certaines déchirures nerveuses on les voit dépasser le territoire du tronc blessé; dans d'autres circonstances ils se limitent exactement à une moitié du corps, comme l'a signalé Potain après la contusion du rein.

Dans quelle mesure ce système cérébro-spinal intervient-il dans la production de ces œdèmes? C'est un point qui, à quelques égards, se rattache à la question des lésions trophiques réflexes; en tout cas, c'est dans ce groupe spécial que rentrent les faits de Rendu, d'Hanot, de Vaquez, de Bureau, etc., signalant des infiltrations unilatérales, sans obstruction vasculaire, à la suite de lésions du poumon, du foie, des reins, etc. — On peut aussi en rapprocher les œdèmes angéio-neurotiques, dont Le Gendre, Mumford, Bock, Ranke, Scalète, etc., ont rapporté des exemples.

Collins a publié sur ce sujet bien étudié par des médecins de langue

[A. CHARRIN.1

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