‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 109 sur 221 · DIAGNOSTIC. — CAUSES D'ERREUR · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC. — CAUSES D'ERREUR

il en a été de même pour les médicaments de la goutte qui n'ont exercé aucune action; la seule chose qui ait semblé faire quelque bien, c'est la chaleur locale.

De ces infiltrations, dont la pathogénie est essentiellement nerveuse, il est permis de rapprocher l'œdème des névropathies, spécialement celui de l'hystérie. C'est là un accident fréquent au cours des névroses ; on le rencontre sous quatre formes cliniques principales : l'œdème blanc de Sydenham, l'œdème bleu de Charcot, l'arthralgie, le sein hystérique. Le mécanisme physiologique de ce symptôme n'offre rien de particulier; quelquefois il peut aboutir à l'ulcération, tant la diapédèse, comme dans les lésions d'urticaire gangreneuse, est intense, brusque.

Le diagnostic est le plus souvent facile; néanmoins, dans des conditions spéciales, au grand préjudice des malades il demeure ignoré. En effet, la teinte livide de l'enflure eyanique, la douleur qui s'y ajoute ont pu en imposer pour des collections inflammatoires ; on a incisé les téguments ayant revêtu cet aspect; on est allé jusqu'à amputer des mamelles qui n'avaient aucune lésion organique. 11 est donc de toute importance de poser ce diagnostic, de traiter judicieusement l'affection; par suite les interventions chirurgicales deviennent exceptionnelles.

Ajoutons aussi à ce tableau les colorations fréquentes de ces infiltrations; ces colorations sont assez variées, néanmoins la teinte bleue prédomine.

Au cours des infections il n'est pas rare d'observer des œdèmes locaux ou généraux; on ne voit pas se développer un abcès, du pus dans une séreuse sans infiltration du tissu cellulaire, infiltration gardant l'empreinte du doigt; il en est de même des phlegmons, des érysipèles, des lymphangites; la chose existe, quoique plus rarement ou plutôt quoique moins marquée, pendant les fièvres éruptives, dans les foyers gangreneux. — Les microbes générateurs de ces infiltrations sont nombreux; la bactéridie, les staphylocoques, les streptocoques, des pneumocoques en font partie; le pyosepticus de Richet et Héricourt, qui à tant d'égards se rapproche de L'aureus, provoque cette lésion d'une façon marquée ; Butler, Hamburger ont décrit des bactéries de Vœdème, les unes sphériques, les autres bacillaires.

,1e ne crois pas qu'il convienne de conserver ce qualificatif, car, suivant les circonstances, tous les germes peuvent devenir capables d'engendrer ce phénomène; il suffit d'une lésion nerveuse, de la section, de l'irritation d'un filet sympathique, suivant Boddaert, pour l'occasionner ; comme bien d'autres propriétés, comme les attributs pyo gènes, hémorragipares, cette fonction peut du reste s'acquérir.

Chez l'animal, la bactéridie crée une fluxion séreuse tout autour du point d'inoculation; cette zone est beaucoup plus étendue que celle qui entoure la pustule de l'homme.

Les agents anaérobies, les bacilles de l'œdème malin plus que d'autres, déterminent ces afflux de sérosités, qui, pour une part, s'expli-

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