LES ŒDÈMES DES NÉVROPATHES
anglaise un travail des plus importants à la fois original et critique; mais c'est surtout à Quincke, plus encore à son élève Dinkelaker, qu'on est redevable de l'introduction de cette nouvelle affection dans le cadre nosologique; elle a d'ailleurs suivant les observateurs ou les modalités, reçu différentes dénominations : œdème aigu circonscrit, œdème aigu idiopathique, œdème angéio-neurotique , tuméfaction périodique, urticaire tubéreuse ou œdème géant, œdème aigu non inflammatoire, Austral uni blight.
Bien qu'on ait indiqué, dès 1827, des cas de cette maladie, on ne l'a vraiment étudiée que depuis quelques années : Collins mentionne 4 faits personnels. — Le premier est relatif à une jeune fdlc de vingt-six ans qui présentait toutes les cinq ou six semaines, depuis plus de 12 mois, des poussées d'œdème siégeant surtout sur la joue gauche, assez souvent aussi adroite, sans jamais affecter de rapport avec les règles; les accidents se dissipaient en quelques heures, mais ces retours offensifs échappaient aux médications. — Dans le deuxième il s'agit d'un adulte subissant des (luxions séreuses localisées aux mains, au front, remontant à 4 années, revenant à des intervalles fort variables, tantôt chaque semaine, tantôt fous les deux mois; le bromure de potassium semblait diminuer l'intensité des attaques et les rendre moins fréquentes. — Le troisième de ces faits, concerne un médecin de quarante ans, qui a vu se produire pendant les hivers de 1889 et de 1890 des œdèmes circonscrits au milieu du front; toutefois les détails donnés sur ce malade sont absolument insuffisants. — La quatrième observation, des plus intéressantes, a trait également à un médecin âgé de quarante et un ans atteint il y a longtemps de gonflements périodiques du scrotum, l'obligeant pendant quelques jours à garder le repos. — Lorsqu'il eut son premier accès, sa santé était excellente; tout d'un coup, sans cause appréciable, sans phénomènes prémonitoires, il vit survenir une tuméfaction de l'enveloppe des bourses qui augmenta rapidement jusqu'à prendre le volume d'une tête d'adulte; le malade eut alors des frissons successifs pendant environ 60 minutes ; puis survint une légère élévation de température atteignant ensuite peu à peu 102 degrés Fahrenheit, soit 59°; en même temps se développait un mal de tête de quelques heures de durée. — Pendant ce paroxysme, tant spontanément qu'à la pression se produisait une sensation profonde de tension, de cuisson, de démangeaisons. L'attaque se terminait brusquement au bout de peu de jours; tous les phénomènes disparaissaient alors complètement, sauf un léger endolorissement. — Après les premières crises, surtout après celles qui ont paru les plus durables, le scrotum a desquamé. — Dans les derniers temps, une poussée avait lieu tous les mois; plus tard il s'écoulait souvent 8 à 10 semaines sans accident ; la peau était fort sensible à l'action du froid, surtout de l'eau fraîche ; elle enflait immédiatement, dès qu'on la mettait en contact avec cet élément. — Un régime des plus sévères, la suppression absolue du tabac, du vin, des liqueurs, n'eurent aucune influence sur l'affection;