INFLUENCES ORGANIQUES
les tares des appareils, des systèmes, des viscères prennent place au rang des causes de l'œdème.
Les affections cardiaques, valvulaires, plus encore myocardiques, du jour où elles ne sont plus compensées, occasionnent ces infiltrations qui siègent au niveau des membres inférieurs, déformant ces membres, donnant à la peau cette teinte blanche, mate, caractéristique, cette mollesse qui lui permet de garder l'empreinte du doigt.
Le défaut d'équilibre, en augmentant, favorise l'extension de cet œdème qui gagne le tronc, les parties supérieures du corps, parfois la glotte, le poumon, les séreuses remplies par un liquide dépourvu de caractères inflammatoires : la cachexie cardiaque s'ajoute aux effets purement mécaniques.
Les imperméabilités rénales, devenues plus aisées à interroger grâce aux nouvelles méthodes, donnent naissance à une infiltration cutanée qui siège un peu partout ; mais c'est en particulier à la face, dans les zones palpébrales, dont les mailles sous-cutanées sont assez faciles à distendre, que se cantonne ce processus.
Celte localisa lion si contraire aux lois de la pesanteur, survenant à une période où l'économie n'est pas envahie dans son ensemble, ne laisse pas que d'être assez difficile à expliquer, attendu que bien d'autres territoires sont pourvus d'éléments conjonctifs aussi aisés à dissocier : peut-être convient-il d'invoquer une influence nerveuse? D'une part, on sait l'importance des actions vaso-motrices dans la genèse de ces lésions ; d'autre part, nul n'ignore que les poisons urinaires impressionnent fréquemment les centres bulbaires, ainsi que tendent à l'établir les dyspnées toxiques, la respiration suivant le type de Cheyne-Stokes, le myosis, les spasmes, etc. Souvent même cette localisation est primitive, en ce sens qu'elle existe à une période où on ne décèle pas trace d'épanchement séreux.
Pour le rein, comme pour le cœur, comme, du reste, pour le foie, l'élément central n'est pas seul à intervenir; il faut compter avec les modifications circulatoires, avec le myocarde altéré, avec la pression élevée, avec les vaisseaux devenus moins élastiques; il faut compter avec l'hydrémie, rhypo-albuminose, la diminution de certains principes, l'augmentation de quelques autres.
Les affections hépatiques provoquent surtout de l'ascite, principalement quand le péritoine est irrité; l'obstruction des terminaisons veineuses a certes son importance; néanmoins, on voit fréquemment la quantité de liquide ne pas être en rapport avec la dilatation des voies superficielles, il convient de compter avec les oscillations de la pression fréquemment élevée dans le réseau portai.
Les vieux emphysémateux, les anciens bronchitiques un jour ou l'autre aboutissent à l'enflure soit à cause des souffrances de la petite circulation, soit plus encore en raison de Tectasie du cœur droit. — Cette ectasie est, en effet, une des conditions les plus importantes; qu'il s'agisse des poumons ou du cœur, du myocarde, de l'endocarde, d'une mal-
TOPOGRAPHIE DES ŒDÈMES. —