COMPOSITION CHIMIQUE DES GLOBULES PURULENTS
Pour 100.
1° Sels 1,843
Se décomposant en :
Chlorure de sodium 0,455
Phosphate de chaux 0,205
Phosphate de magnésie 0,115
Phosphate de fer 0,106
Acide phosphorique 0,916
2° Matières albuminoïdes 15,762
5° Dérivés complexes des albuminoïdes :
Nucléine 54,257
Cérébrine 5,199
4° Corps gras :
Graisses 7,500
Cholestérine 7,285 à 7,400
5° Leucomaïnes, lécithine 7,564
6° Matières extractives indéterminées 4,455
7° Substances insolubles (membranes) 20,566
8° Glycogène (2) »
9° Ferments »
(*) 40 à 50 pour 1000 de matières albuminoïdes révèlent une réaction énergique de l'organisme.
(2) Pour Hoppe-Scylcr, le glycogène existerait dans les leucocytes vivants et disparaîtrait aussitôt après leur mort.
[J. COURMONT
DE L'INFLAMMATION
Remarquons, encore mie fois, que le pus ne se coagule pas, qu'il ne renferme pas de fibrine; nous nous demanderons pourquoi.
Le pus contient des ferments solubles (Achalme).
Nous venons d'esquisser les principaux caractères du pus; il faut maintenant nous demander comment il se forme et quelle est sa destinée. Nous pourrons seulement alors chercher à le définir.
Formation et destinée du pus. — La suppuration débute toujours par un processus inflammatoire semblable à celui que nous avons antérieurement décrit ; tout abcès a débuté par un foyer simplement enflammé. La seule condition qui distingue habituellement un foyer enflammé qui va suppurer est l'acuité et la limitation plus grande du processus; l'inflammation est circonscrite mais suraiguë ; il y a une diapédèse exagérée en ce point précis (hyperdiapédèse). Les cellules fixes des tissus prennent également rapidement part à la réaction; tout se fait avec précipitation, pour ainsi dire.
Dès le début de cette invasion leucocytaire des tissus, ces derniers sont dissociés, dilacérés, bouleversés par les cellules blanches; cette dissection ne se voit pas dans les accumulations leucocytaires cependant considérables de la lymphadénie. En un mot, le tissu conjonctif est gorgé de cellules blanches de différentes origines (leucocytes, cellules embryonnaires). Ainsi s'accomplit le premier temps de la suppuration : il n'est que la réalisation du processus qui marque le début de toute inflammation, mais poussé au summum; la dilacération des tissus en est la conséquence. Le second temps caractérise définitivement la suppuration; il se produit une nécrose rapide des éléments cellulaires avec liquéfaction des tissus. Toute la charpente connective est effondrée; travées fibreuses, fibres élastiques, cellules fixes, vaisseaux capillaires sont disloqués, dissociés, en même temps que tous les éléments cellulaires du foyer sont frappés de mort. La plupart des cellules sont non seulement mortes, mais ont pour ainsi dire éclaté; leur protoplasma, leur substance nucléaire sont émiettés dans le magma purulent : elles ont été digérées, liquéfiées comme la charpente interstitielle. D'autres cellules ne sont pas ainsi pulvérisées, un grand nombre ont conservé une forme arrondie, un ou plusieurs noyaux colorables, un protoplasma non désagrégé quoique en voie de dégénérescence granulo-graisseuse ; ce sont les corpuscules purulents.
Le pus est alors constitué par un amas d'éléments nécrosés flottant dans un liquide séreux. Ce dernier, outre l'eau et les sels transsudés, contient un magma composé de matières protéiques, de graisse, d'albuminoïdes divers, de nucléine pulvérulente, etc.
Ce pus est collecté dans la région dont la charpente est effondrée; il est contenu dans une cavité; Y abcès est formé. Quelles sont ses destinées?
A de très rares exceptions près, le pus ne se résorbe pas; quelquefois il s'enkyste comme un corps étranger; dans l'immense majorité des casr