PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX DE LA SUPPURATION
ils peuvent être réflexes ; mais la presque totalité des accidents généraux est d'origine toxique, comme la suppuration elle-même. Ils disparaissent avec l'élimination du pus, ils sont une conséquence de la résorption qui s'opère au niveau de la collection purulente.
Des expériences déjà anciennes ont montré le rôle de la résorption dans la production des accidents généraux de la suppuration. Gaspard
Fig\ 20. — Ane vigoureux. Tracés normaux avant toute injection.
S, abscisse et. secondes. — R, respiration thoracique. — V, vitesse dans la carotide. P, pression dans la carotide. 0 = 0 de la vitesse. T° =58°7.
(1808) avait observé, pendant les trois heures qui suivent L'injection du pus dans le péritoine, de La lièvre, de la dyspnée, des vomissements, de l'urination exagérée, des selles fétides. Lebert a signalé l'action toxique des injections de pus dans les artères. Billroth et Otto Weber, recherchant l'origine de la fièvre traumatique, ont vu également l'effet pyogène des
[J. COURMONT
DE L'INFLAMMATION
injections de pus opérées par différentes voies; Billroth a même montré qu'en prenant de la sérosité à la périphérie d'un phlegmon on obtenait de la fièvre et pas de pus. Chauveau (1872), injectant des humeurs purulentes filtrées et étendues d'eau, observe de l'élévation de la température.
En 1878, Arloing a pris un grand nombre de tracés (respiration, pouls, pression artérielle et veineuse, vitesse) sur des chevaux, des ânes, des chiens, auxquels il injectait du pus clans la circulation. Le plus souvent le pus provenait d'un selon placé antérieurement à l'animal luimême. Il était injecté, à la dose de 20 à 40 centimètres cubes, dans la veine faciale ou la veine jugulaire, après avoir été tamisé et étendu d'eau.
Les effets ont été assez variables, chose qui se conçoit actuellement assez bien, le pus étant plus ou moins toxique suivant son agent producteur. En général, on observait une faible élévation de température, une légère baisse de pression, un affaiblissement du cœur avec accélération, des vomissements. Arloing a rarement observé des frissons. Certains pus, par contre, étaient peu toxiques. Nous extrayons de cette riche col-
Fig. 11. — Suite des tracés de la figure 10. L'âne a reçu, en 1 heure, 45 gouttes de pus fétide de séton. T° 58°8. Ni frisson, ni 'sueurs. Cœur légèrement modifié. Respiration un peu ralentie. Pression abaissée. Vitesse légèrement augmentée. Symptômes insignifiants. (D'après Arloing.)
lection de tracés (inédite) deux fragments montrant que tel pus peut être à peu près inoffensif, quant aux troubles immédiats, bien qu'injecté en quantité dans la carotide (fig. 20 et 21).
Aujourd'hui la question est vidée, et nous savons que la fièvre des ma-