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I. — ALTÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES

Les altérations causées dans un élément cellulaire par un travail inflammatoire aigu diffèrent profondément, selon que cet élément soumis à notre examen vivait encore, ou était déjà mort au moment de l'autopsie, distinction qui nous servira de guide.

Les perturbations subies par un élément vivant en présence d'un processus phlogogénique aigu sont de quatre ordres, à ne considérer que

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le point de vue purement anatomo -pathologique. Elles peuvent atteindre : 1° la forme de l'élément; c2° sa nutrition; 5° ses fonctions sécrétoires; 4° ses fonctions de reproduction.

1° Modifications morphologiques.— Toutélément cellulaire enflammé, et survivant au choc inflammatoire, est à peu près forcément condamné à une déformation quelconque. Les changements survenus dans la forme des éléments, ou dans leurs rapports topographiques avec les autres parties constitutives des tissus, représentent les signes premiers des lésions anatomo-pathologiques de l'inflammation .

Ces désordres morphologiques sont multiples ; on les groupera en déformations, transformations et métamorphoses des éléments enflammés, enfin en perturbations topographiques des éléments dans leurs rapports réciproques.

Déformations. — Les divers éléments cellulaires constituant le tissu conjonctivo-vasculaire soumis à différentes causes inflammatoires sont susceptibles de déformations considérables. Plus leur différenciation s'élève, moins les changements de forme sont nombreux et étendus : les cellules cartilagineuses, les ostéoplastes, par exemple, résistent davantage aux causes désorganisatrices ; les endothéliums des membranes séreuses ou vasculaires se déforment avec facilité, sous la moindre irritation inflammatoire.

La contractilité, caractère fondamental, propre à toutes ces cellules conjonctives, explique, sans doute pour une part, le polymorphisme si varié de leurs figures histologiques. C'est ainsi que les cellules endothéliales du péritoine enflammé, n'ayant point succombé au traumatisme expérimental, apparaissent arrondies et tuméfiées sur les points où elles adhèrent encore au squelette de la séreuse. La plaque endothéliale est devenue méconnaissable; cette portion de protoplasma, dont les bords, cimentés aux bords correspondants des cellules adjacentes, formaient un vernis continu, s'est fondue dans le protoplasma réticulé sous-jacent (Ranvier) ; certaines des travées réticulées ont disparu, d'autres se sont considérablement hypertrophiées, accumulant ainsi, en divers points, par déplacement, d'énormes masses de protoplasma nucléé.

11 est difficile de trouver exemple plus saisissant des remaniements imposés par le processus inflammatoire à la matière vivante. Malgré tout, cependant, l'élément connectif demeure encore identique à lui-même ; ses caractères se retrouvent, même quand la cellule endothéliale, déformée et libérée, flotte au milieu de la sérosité péritonéale sous forme d'une grosse cellule géante, pouvant atteindre jusqu'à 100 \x. Chaque cellule desquamée mais survivant au traumatisme est capable, h l'occasion, de s'accoler de nouveau aux mailles épiploïques. On la surprend alors, réparatrice, en train de restaurer la couche endothéliale.

Les mêmes phénomènes s'observeront partout où, dans l'organisme normal, existait une couche endothéliale. En particulier, les capillaires sanguins et les lymphatiques obéissent au même processus. Notons toute-

LÉSIONS INFLAMMATOIRES AIGUËS

fois ici une différence fondamentale : la continuité du canal vasculaire pourra être exactement respectée, malgré les extrêmes déformations protoplasmiques de la couche endothéliale. Les pointes protoplasmiques que pousse à l'intérieur comme à l'extérieur le vaisseau enflammé sont, toutes choses égales, identiques aux déformations protoplasmiques des séreuses. Les néoformations capillaires qui en résultent assortissent à un autre caractère organopathique des processus inflammatoires, que nous aurons occasion d'étudier.

Les épitlïéliums n'échappent pas davantage aux déformations inflammatoires aiguës. Leurs différenciations fonctionnelles créent, parmi eux, à l'exemple des cellules connectives, une sorte de hiérarchie : à mesure que la série s'élève, le nombre des modifications de forme compatibles avec la vie se circonscrit. Ce qu'on peut, grâce à ces modifications morphologiques, apprécier de la morbidité des éléments épithéliaux enflammés est beaucoup plus restreint que pour les éléments connectifs. Leur mortalité est, par contre, plus fréquente peut-être, et plus facile.

Soumises à une incessante desquamation, les cellules épithéliales de revêtement qui recouvrent les replis cutanés ou muqueux sont plus accessibles aux déformations inflammatoires que les épitlïéliums glandulaires. Un exemple, simple et démonstratif, est fourni par le coryza aigu. Au milieu du liquide sécrété par la muqueuse des fosses nasales enflammée, on apercevra, dès le début, des cellules épithéliales cylindriques ciliées subissant une série de transformations, qui les amènent à la forme sphérique; à un moment, la cellule épithétiàle peut ressembler à l'un des globules purulents arrivés par diapédèse à la surlace de la membrane de Schneider irritée. Souvent, sur un point de la surface de la cellule ronde, la présence de quelques cils vibratiles encore animés, la multiplicité des noyaux logés au milieu du protôplasma, l'absence de glycogène infraprotoplasmique, enfin les masses de mucine incluses, permettront encore un diagnostic différentiel : déformée au dernier point, la cellule épithéliale a conservé quelques-uns de ses caractères biologiques, qui acquièrent, de la sorte, une valeur séméiologique.

Transformations. — Les modifications morphologiques dues à l'inflammation vont fréquemment au delà des désordres que nous venons de rappeler. Un grand nombre d'éléments cellulaires se transforment sur place, de manière à abandonner tel ou tel de leurs caractères considéré comme spécifique.

Les cellules adipeuses, logées dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans la moelle des os ou dans l'intimité des espaces interstitiels des viscères, perdent, dès qu'elles viennent à s'enflammer, leur réserve de substance graisseuse : le protoplasma remplit la niasse cellulaire, en même temps que le noyau prolifère vigoureusement. Bientôt, l'acide osmique sera incapable de mettre en relief la moindre gouttelette graisseuse au milieu de ces blocs albumineux richement nucléés.

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Ainsi transformée, la cellule adipeuse est redevenue, pour un temps, une grosse cellule à noyaux multiples, comparable, toutes proportions gardées, aux cellules à myéloplaxes. La réapparition de fines granulations graisseuses dans ces organes cellulaires sera donc ultérieurement, pour nous, l'indice d'une évolution restauratrice.

Des désordres absolument identiques se produisent dans l'intérieur de chacun des segments inter-annulaires d'un cylindraxe nerveux. Ces cellules adipeuses spéciales, soudées bout à bout, sont emmanchées

autour de l'expansion ^ « >-* *, / cylindraxile d'une cel-

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