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FIÈVRES NUTRITIVES

Les lièvres nutritives, nous l'avons vu plus haut, résultent de la vie exagérée des tissus.

M. Bouchard donne comme exemple de fièvre nutritive celle que produit une émotion, un excès de travail cérébral chez un convalescent par exemple. Pour lui, cette fièvre n'est pas fonctionnelle ; le fonctionnement cérébral peut en effet produire la congestion et élever la température de la face (*Fasola) mais l'élévation de température du cerveau, autant qu'on peut en juger par l'expérimentation sur l'animal, est minime (Dorta), et elle ne peut suffire à produire la fièvre, étant donné le faible poids du cerveau par rapport à celui du corps (25/1000).

M. Bouchard admet donc que le travail intellectuel ne peut produire la fièvre qu'en surexcitant les différents centres de l'encéphale, particulièrement les centres thermogènes ; tout l'organisme présente alors une nutrition plus active.

C'est une fièvre nutritive.

Fièvre par action générale de l'électricité. — Dans l'exemple précédent, les cellules étaient mises en activité par le cerveau; elles peuvent être influencées directement par une cause extrinsèque, comme l'électricité.

Celle-ci, d'après M. Bouchard, peut agir de plusieurs façons :

a. Quand elle produit la mort par une succession de décharges, celle-ci est précédée de convulsions, ou d'un état tétanique qui s'accompagnent d'élévation de température ; l'animal en expérience meurt avec coagulation des matières albuminoïdes des cellules nerveuses.

b. On peut concevoir aussi une fièvre électrique par application du courant continu ; celui-ci rencontrant une résistance, élève la température; mais pour obtenir une véritable fièvre, il faudrait de tels courants que les actions chimiques aux pôles rendraient l'expérience impossible.

c. Les courants alternatifs sinusoïdaux élèvent aussi la température; on sait que si les alternances deviennent très fréquentes, si elles dépassent 50 000 par seconde, ces courants ne sont plus dangereux, ils ne produisent ni douleur, ni contraction, on voit augmenter la consommation

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d'oxygène, l'exhalation d'acide carbonique (d'Àrsonval) et l'élimination d'urée (Gautier et Larat).

On n'a pas noté, il est vrai, d'élévation de température, mais comme les vaisseaux cutanés se dilatent et saignent abondamment quand on les incise, comme la sudation est active et que malgré ces modifications, la température ne s'abaisse pas, on doit admettre l'existence d'une légère fièvre. M. Bouchard admet que l'électricité ne peut agir dans ce casqu'en influençant directement la nutrition.

Fièvres nerveuses. — Les fièvres nerveuses sont d'ordre nutritif r autrement dit, liées à l'exagération des phénomènes nutritifs, que celle-ci résulte d'une excitation centrale ou d'une excitation réflexe.

Fièvre émotionnelle. — Les mêmes causes qui. normalement, tendent à élever la température, mais n'y parviennent pas à cause de la vigilance du système nerveux régulateur et modérateur des réflexes, produisent dans certaines conditions l'hyperthermie. Chez les individus faibles ou affaiblis, chez ceux qui sont profondément débiles, chez les épuisés, chez ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de maladies aiguës de longue durée, chez les convalescents, on voit survenir des accès ou des recrudescences de fièvre, pour des causes en apparence insignifiantes (Bouchard). Dans ces conditions, on peut observer de véritables fièvres émotionnelles. Le cas observé par M. Le Noir en est un remarquable exemple; un enfant de trois ans, effrayé par le thermomètre, se débat violemment pendant qu'on prend sa température rectale; le thermomètre monte à 45 degrés. L'instrument était connu et vérifié.

L'élévation diurne de température que nous avons étudiée prend parfois chez les nerveux des proportions excessives. C'est là aussi un type de fièvre nerveuse, c'est une fièvre réflexe.

Fièvre thermale. — M. Bouchard range aussi dans les fièvres réflexes, la lièvre thermale. Elle s'observe chez les personnes traitées sur place par des eaux de nature quelconque (sulfureuses, chlorurées sodiques fortes, indéterminées), pourvu qu'elles soient appliquées en bains chauds et prolongés, ou combinés avec une action mécanique. Cette fièvre qu'on a désignée aussi sous le nom plus général de crise thermale (de Ranse) se manifeste par une sensation de malaise, de courbature, avec céphalée^ énervement, insomnie, excitation; la peau est sèche et chaude, les urines rares et foncées, le malade perd l'appétit, est constipé et présente du ballonnement du ventre. 11 éprouve parfois des frissons erratiques; sa température s'élève un peu, de 1/2 à 1 degré en général, rarement de 2 degrés. Cette fièvre dure quatre à cinq jours puis cesse en laissant l'accoutumance. Elle serait due à l'excitation cutanée, car on ne saurait incriminer ni réchauffement artificiel ni l'intoxication, ces eaux n'étant généralement pas ingérées. Toutefois les médecins hydrologues

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sont loin de s'entendre sur la nature de ces accidents. Tandis que quelques-uns y voient un effet de réaction à l'égard de l'action thérapeutique des eaux (Ferras), d'autres ne veulent reconnaître dans ces accidents qu'un effet accidentel et inconstant du changement d'habitude, d'une mauvaise hygiène (exercice trop violent, alimentation trop abondante) (Boursier) ou d'une auto-intoxication intestinale (de Lavarenne).

C'est encore à la fièvre nerveuse qu'on a rapporté ces hyperthermies subites qu'on observe presque immédiatement après une opération importante comme la résection du genou (Ollier, Besançon); mais nous verrons plus loin qu'on peut incriminer aussi la résorption des liquides épanchés.

On y a rangé encore les fièvres qui accompagnent la colique hépatique ou néphrétique, les brûlures étendues en l'absence de toute septicémie {Haie White).

Chez les enfants, on observe des accès de fièvre à l'occasion d'une poussée dentaire, d'une émotion, d'une colique ; Still les a décrits sous le nom de fièvres fonctionnelles par excitation périphérique; ce sont •encore des fièvres nerveuses réflexes (*).

Fièvre de cause centrale. — La fièvre nerveuse peut être de cause •centrale.

L'action therinogène des centres nerveux avait été soupçonnée par Hoffmann, Cullen, Hufeland, défendue par Georget.

Ollivier, Dugès, qui cherchèrent a localiser cette fonction, Rayer, Autcn- Éîieth et Kremer, Mùller, Stilling, Heale, Wunderlich, voyaient dans les phénomènes physiques apparents de la fièvre, un indice certain du trouble du système nerveux. Depuis lors, des expériences multiples ont mis ce rôle en évidence.

M. J. F. Guyon, dans une remarquable étude clinique et expérimentale qui nous servira de guide, en a fait l'exposé et la critique.

L'action therinogène des centres nerveux qui peut déjà faire prévoir leur rôle dans la régulation thermique, ressort de faits cliniques et expérimentaux très nombreux.

Faits cliniques. — Fièvre par lésion pathologique des centres nerveux. — En 1857, Brodie rapporta l'histoire d'un homme qui, à la suite d'un écrasement de la moelle cervicale, eut une paralysie complète du tronc et des membres, et mourut après avoir présenté une température de 45°, 9. Depuis cette époque, on a reconnu que toutes les maladies des centres nerveux peuvent, à un moment quelconque de leur évolution, coïncidant généralement avec un ictus plus ou moins grave, donner lieu à

(*) Mosso l'ange dans la fièvre nerveuse, celle que produit la saignée (fièvre assurément complexe; car la saignée abondante réalise à la fois un trauma, un trouble mécanique circulatoire et un trouble dans l'hématopoièse) et aussi l'élévation de température occasionnée par l'injection de cocaïne ou de strychnine ; ces deux substances agiraient sur le système nerveux ; car si au moyen du cbloral, on supprime l'action nerveuse, on empêclie l'élévation de la température.

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une hyperthermie qu'atteignent rarement les infections les plus graves. On pourrait énumérer toutes les lésions des centres et même toutes les névroses; toutefois l 'hypertherrnie se montre plus particulièrement dans les traumatismes du cerveau (Billroth, Duret), les plaies de la moelle (Brodie, Th. Simon, Ouinekc, Frerichs.) (*), dans les hémorragies cérébrales (Erb, Rosenstein, Charcot), dans les états apoplectiformes des tumeurs cérébrales (Ladame, Hanot), de la paralysie générale (Westphall). de la sclérose en plaques (Zenker, Joffroy) et du tabès; au cours des. attaques auxquelles donnent lieu les vieilles lésions cérébrales (Charcot), enfin dans l'épilepsie et le tétanos.

Ces perturbations thermiques affectent plusieurs types étudiés plus spécialement dans l'apoplexie hémorragique par Charcot, Lépine, Briquebec et Durand, Bourneville, îlutin, Biaise; dans les traumatismes cérébraux par J. F. Guyon.

1° Le type le plus fréquent est le suivant : au moment de l'ictus, la température tombe de l à 1°,5 en une ou trois heures; puis, au bout devingt-quatre heures environ, elle est revenue à la normale qu'elle dépasse généralement pour atteindre 58°, 6, 58°, 8, et retomber rapidement à

57 degrés après quelques oscillations ; cette légère élévation thermique peut être considérée comme le résultat d'un effort de compensation après» l'hypothermie initiale.

Telle est l'évolution quand le malade guérit.

2° Dans le cas contraire, la température, après avoir oscillé autour de

58 degrés, période stationnaire de Charcot, continue h monter, et pendant une courte période de un a deux jours, atteint 40, 4J degrés et plus», (période agonique) .

5° Dans un autre type, la température monte d'emblée, ce qui est d'un mauvais pronostic, sans impliquer nécessairement la mort (J. F. Guyon).

L'état de mal épileptique élève aussi la température en quelques heures à 58 ou 58°, 5 et dans les cas mortels à 40 ou 41 degrés. L'hyperthermie s'accompagne alors d'un délire plus ou moins accusé ou d'un coma plus ou moins profond; dans les deux cas, la langue se sèche, la région sacrée commence à se sphacéler; parfois apparaît une hémiplégie que l'autopsie n'explique pas.

Dans le tétanos, la température s'élève fréquemment à 41, 45 et 45 degrés même (Wnnderlich).

On a donné de ces troubles les explications les plus variées ; on a invoqué, suivant les circonstances, le développement de phénomènes de putréfaction, par arrêt d'action des centres nerveux, phénomènes auxquels s'ajoutent les processus normaux de combustion (température préago-

(M Une observation récente de Lambotlc donne les températures suivantes dans un écrasement de la moelle cervicale chez une femme vigoureuse. Une demi-heure après l'accident, la température est 3G°,5; douze heures après, 59°; dix-sept heures après, 41°; vingt-quatre heures après, 42°, 3. La malade mourut avec une température supérieure à 43° (Presse médicale belge. 1895, n° 59).

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nique, Erb); on a incriminé l'inflammation secondaire, encéphalite (traumatismes, hémorragies), la méningite, l'épendymite. La réalité de ces inflammations n'est pas contestable dans beaucoup de cas (Pommeau, Hayem), mais elles peuvent manquer; et inversement, quand elles existent, la fièvre peut faire défaut. Les convulsions dont on a parlé aussi n'expliquent pas la fièvre; car si elles peuvent, a la rigueur, jouer un rôle dans fépilepsie, le tétanos et certaines attaques épileptoïdes, elles manquent le plus souvent dans les autres affections.

On en peut dire autant des complications viscérales, si fréquentes dans le poumon, le foie, le rein, l'estomac (car il n'y a aucun rapport entre la gravité de ces complications et l'élévation de température), et delà fièvre traumatique considérée comme fièvre septique.

On ne saurait, dans ces cas si divers, invoquer qu'une complication : c'est le dérèglement du système nerveux central résultant de la lésion ; c'est le trouble profond des centres thermogènes dont l'expérimentation, comme nous allons le voir, tend à prouver l'existence.

Faits expérimentaux. — Fièvre par irritation mécanique des centres nerveux. — Les expériences, sur ce point, n'ont donné que déception et contradiction et, en effet, quand on pique, coupe, écrase, excise une partie des centres nerveux, il est difficile de dire si on stimule une fonction ou si on l'empêche. On supprime certains centres, mais on excite les centres voisins ou les conducteurs sous-jacents.

Ce qui est certain, c'est que parfois ces traumatismes élèvent la température et donnent l'apparence de la fièvre.

Les premières tentatives de Brodie, Chossat n'ont pas donné de grands résultats ; toutefois ces auteurs ont constaté l'hypothermie en séparant la moelle du cerveau. Les recherches de Cl. Bernard, Budge, Brown-Séquard, Schifî, se rapportent seulement à la distribution locale du calorique. Eulenburg et Landais, Hitzig, montrent que l'extirpation de l'écorce au niveau du sillon crucial, élève la température du côté opposé du corps.

Mais les expériences suivantes ont plus d'importance. Tscheschichin, en séparant le bulbe de la protubérance exactement à leur limite, Brùck et Gunthcr, en piquant cette région, provoquent une hyperthermie générale ; le premier en conclut que le cerveau est modérateur des combustions, les seconds, que le bulbe accélère les combustions organiques, pouvoir jusque là réservé à la moelle proprement dite.

Naunyn et Quincke, peu de temps avant, avaient montré que si l'on a soin de protéger les animaux contre le refroidissement par l'enveloppement, la section et l'écrasement de la moelle provoquent l'élévation de température ; ils admettaient, en conséquence, que la paralysie de la moelle exagère la perte de chaleur par dilatation anormale des vaisseaux cutanés et augmente la production de chaleur dans les tissus. Pochoy, Rosenthal, Riegel, Parinaud contestèrent bientôt ces expériences (*).

(1) Regnard, Pfliigcr ont montre que les animaux soustraits à l'influence du système nerveux central par la section de la moelle par exemple, se comportent comme les animaux à sang

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Schreiber expérimente un des premiers sur le cerveau; il obtient l'hyperthermie par la piqûre en différents points, l'animal en expérience étant protégé contre le refroidissement. Wood, en détruisant des deux côtés les circonvolutions qui limitent en arrière le sillon crucial, produit une hyperthermie généralisée ; il en conclut que cette région a une influence modératrice sur la thermogenèse; c'est un appareil d'inhibition de la chaleur qui agit sur les centres en rapport avec lui.

Mais les expériences ultérieures tendent, au contraire, à attribuer au cerveau un rôle tout opposé; telles sont celles de Richet qui, piquant ou cautérisant la partie antérieure du cerveau à égale distance du rebord orbitaire et de la scissure inter-hémisphérique, obtient une hyperthermie qui dure plusieurs jours avec augmentation de l'absorption d'oxygène, et de l'élimination d'acide carbonique et d'azote

Aronsohn et Sachs, Ott s'efforcent de localiser les centres qui ont une action sur la température ; ce dernier distingue six centres thermiques dans chaque hémisphère, deux corticaux et quatre basaux. « Les deux premiers, dits centres crucial et sylvien, paraissent être des centres ther- 7)iotaxiqites; leur destruction provoque une hypothermie relative; les autres centres, situés à la base du cerveau, sont proprement thermogénétiques; leur excitation élève la température. Il y aurait ainsi un antagonisme entre ces deux groupes » (Guyon).

Ces conclusions n'ont pas été confirmées par Baginsky, Lehmann, Girard, Sawadowski (2) ; aussi se trouve-t-il des physiologistes comme Mosso, pour nier la localisation des fonctions thermogènes. D'après J. F. Guyon, l'élévation de température ne se produit que si les excitations (piqûres) portent sur le noyau caudé, la couche optique, le corps calleux et le trigone ; encore faut-il que la piqûre atteigne les limites des ventricules ; et peut-être l'élévation thermique n'est-elle qu'une action réflexe exercée sur le bulbe et la moelle par l'excitation des parois ventriculaires.

Quelle que soit l'explication, il n'en reste pas moins acquis que l'excitation cérébrale donne la fièvre, et l'on conçoit ainsi la possibilité de la lièvre dans les maladies nerveuses.

Fièvre hystérique. — Existe-t-il une fièvre hystérique? Beaucoup de bons esprits n'hésitent pas à l'admettre. « L'hystérie n'est-elle pas la névrose universelle? elle produit tous les troubles dans

froul, c'est-à-dire que chez eux les combustions augmentent avec la température extérieure et diminuent quand celle-ci s'abaisse.

(!) L'excitation du système nerveux peut modifier considérablement la température de l'animal hibernant. R. Dubois, par des excitations centripètes diverses, voit la température centrale de la marmotte s'élever en deux à trois heures d'une trentaine de degrés.

(-) Rcicherl admet : 1° des centres automatiques thermogènes dans la moelle ; 2° des centres cruciaux et sylviens thermo-inhibiteurs; 5° des centres thermo-accélérateurs dans le noyau caudé et le bulbe; 4° il n'admet pas de centres dans les couches optiques. Dans un second travail, il localise presque exclusivement les centres thermogènes cérébraux dans le corps strié et la protubérance [Univers, med. Magaz., février 1894, n° 5, p, 505).

[L. GUINON.]

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le domaine psychique, sensitif ou moteur; elle active ou supprime les fonctions les plus variées, elle donne le. délire le plus violent ou la stupeur et le coma, les hallucinations visuelles les plus vives ou la cécité, les douleurs les plus intenses ou l'insensibilité la plus absolue, les convulsions et la contracture ou la paralysie; elle active ou ralentit le cœur, elle contracte les vaisseaux jusqu'à la dénutrition, ou les distend jusqu'à l'hémorragie; elle excite, supprime ou altère les sécrétions. » (Bouchard).

Elle agit même sur les phénomènes intimes de la vie; on voit en effet les vomissements hystériques coïncider avec l'oligurie ou l'anurie, avec la diminution de l'excrétion d'urée et de l'acide carbonique. Pourquoi la névrose ne pourrait-elle pas produire la fièvre, c'est-à-dire l'élévation de température avec augmentation des oxydations? On ne voit aucune objection sérieuse. Et cependant quand on analyse nombre de cas de fièvre hystérique, on voit qu'ils ne sont autre chose que les fièvres déjà décrites, d'origine musculaire, conntlsive, sécrétoire, émotive, intellectuelle.

Certes, il faut avant tout éliminer les cas de simulation (Du Castel, Bouchard), ceux où la température atteignit des hauteurs invraisemblables (Teale, Jacobi) et nombre d'erreurs de diagnostic avouées ou inavouées, ou de cas fort discutables comme la pseudo-fièvre typhoïde observée par Ri gai. Après cela, il restera encore des faits que les auteurs classent en deux groupes.

Dans le premier groupe, la fièvre est l'unique symptôme (Barié, Debove); elle se prolonge pendant des semaines ou des mois, oscillant de 7)1 à \\ degrés; cependant l'intégrité des fonctions parait absolue, les malades maigrissent peu ou pas, ou même engraissent (x\ffleck) puis guérissent brusquement sans phénomène critique; il semble que l'appareil régulateur soit réglé à deux ou trois degrés plus haut que la normale. Il faudrait prouver que les déchets organiques dans ces conditions n'augmentent pas; mais les documents sur ce point font défaut; toutefois, dans une observation de Santangelo Spoto l'urine présentait des caractères très analogues à ceux que Gilles de la ïourette et Cathelineau ont observés après les paroxysmes hystériques (diminution du volume des urines, de la quantité du résidu fixe de l'urée et des phosphates avec inversion de leur formule) mais avec cette différence que la quantité était augmentée. Ces cas sont assez rares; nous en avons observé deux pour notre part qui nous ont paru indiscutables et que rien ne pouvait expliquer en dehors de la névrose (').

Dans le second groupe, beaucoup plus vaste, la fièvre accompagne des phénomènes hystériques qui simulent une affection viscérale comme la méningite (céphalée, hyperesthésie, photophobie, vomissements, lenteur

(*) Récemment, M. Duvernet a publié un cas de fièvre nerveuse, chez une femme non hystérique (en apparence). Cette fièvre qui atteignit jusqu'à 42 et même 45 degrés à plusieurs reprises, dura plusieurs mois ; elle descendait tous les matins à 58 degrés et quelques dixièmes. Ni les médicaments, ni le régime, ni les voyages ne modifièrent celte fièvre, l'état général fut d'ailleurs respecté.

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et irrégularité du pouls, raie méningitique) ou une affection grave du poumon (congestion pulmonaire avec hémoptysie, tachypnée, tachycardie, point de côté [Lorentzcn], une péritonite [Putnam, Jacobi]).

En somme, l'interprétation de ces faits reste ohscure: ou il s'agit d'une véritable fièvre, par excitation des centres thermiques cérébraux, ou ce n'est qu'une hyperthermie sans fièvre, c'est-à-dire avec production normale de chaleur, la perturbation portant seulement sur la perte de calorique qui serait diminuée.

On a décrit aussi une fièvre par suggestion (Debove); certes la suggestion produit nombre de troubles : paralysies, contractures, hyperesthésiçs, hallucinations, troubles vasculaires même, mais entre ces accidents et la fièvre, c'est-tà-dire le trouble de la nutrition, il y a une grande différence : la température peut s'élever après une séance de suggestion, mais n'est-ce pas sous l'influence de l'ennui, de la fatigue, de la contrainte? Ce qui le prouverait, c'est que le même expérimentateur voulant produire l'hypothermie n'y est pas arrivé ou a élevé la température.

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