CONGESTION ET MODIFICATIONS LOCALES. — L'IRRITATION
dessinant çà et là des aspects singuliers, comme les étoiles de Verheyen de la surface rénale; les vaisseaux élargis sont quelquefois allongés, flexueux; les globules sont abondants, serrés les uns contre les autres; fréquemment, en particulier si le phénomène remonte à plusieurs jours ou à plusieurs semaines, une- transsudation, conséquence de cette distension, se produit plus ou moins vite.
C'est à cette transsudation, «à cet œdème aussi bien qu'à cet élargissement des capillaires, qu'à cet afflux sanguin, que sont attribuables les augmentations de poids, de consistance, les perturbations apportées dans le fonctionnement d'un organe.
Parfois, la température locale augmente, comme on l'a noté pour le cerveau, pour le foie, à l'heure des apoplexies ou des accidents de la lithiase biliaire, etc. ; parfois, la sensibilité s'aiguise, les douleurs apparaissent, des troubles secrétaires, fonctionnels se développent. Ces troubles évidemment varient suivant la région, suivant les viscères, suivant les zones; l'oxygénation, par exemple, se ressent directement de l'encombrement sanguin intra-pulmonaire ; les échanges, les mutations nutritives subissent les effets d'une stase prolongée dans le tissu conjonctif.
Si on réduit le mouvement vital à ses derniers éléments, à ses phases primordiales, on reconnaît qu'il comporte des phénomènes d'apport suivis de processus d'assimilation, plus tard d'un entraînement des déchets. Or, il est clair que l'arrivée du sang, que son départ, que sa vitesse, que son abondance, etc., influencent notablement ces échanges; partant, il devient manifeste que la réplétion des capillaires fait sentir son action.
On peut voir se développer une simple fluxion collatérale ou compensatrice, celle qui en particulier coïncide avec une anémie locale, juxtaposant ainsi deux changements disparates. — Obstruez une artère, une veine; promptement, en arrière de cette obstruction, les tissus reçoivent une quantité exagérée de liquide hématique, quantité proportionnelle, pour une part* à l'importance de la branche oblitérée, au nombre, au siège, à la proximité ou à l'éloignement des anastomoses; en aval, au contraire, ces tissus sont soudainement insuffisamment irrigués : une ligature, une thrombose, une embolie, une compression, une endartérite, etc., plus ou moins rapidement, quelquefois avec lenteur, réalisent ces conditions.
Ubi irritatio, ibi fluxus. — Cette proposition, aussi ancienne que conforme à la vérité, indique toute une autre catégorie de congestions, dont les plus simples sont celles que réalisent les applications, au niveau de la peau, soit de la chaleur, soit des liquides, des pâtes, des principes irritants. On peut imaginer bon nombre d'éléments étiologiques, spécialement un exercice trop prolongé limité à un organe donné, la présence d'un corps étranger, le passage d'un élément spécial, de la cantharide, au travers du rein, spécialement encore l'inhalation de vapeurs brûlantes, l'intervention d'un purgatif énergique, etc.; en un mot, une série