AFFLUX SANGUINS ET DIVERSITÉ DES MODIFICATIONS ORGANIQUES
vaso-motrices, exercées sur ces canaux lymphatiques grâce aux nerfs étudiés par Glcy et Camus, permettent de comprendre plus aisément ces phénomènes.
Les infections, les formes aiguës principalement, engendrent ordinairement des vaso-dilatations primitives ou secondaires, quelquefois entremêlées de spasmes. — Ces modifications vasculaircs aboutissent à des effets des plus variables; elles font fléchir la résistance, en raison des exsudations, en raison des asphyxies, des auto-intoxications locales; mais, en revanche, elles facilitent la sortie tant des leucocytes phagocytaires que des sérums protecteurs, et même, d'après Hamburger, dans les tissus envahis par des stases passives, sous l'influence de certains éléments, surtout des sérosités bactéricides ou de l'acide carbonique, les germes se développent péniblement.
On sait, depuis les travaux de Bouchard sur la tuberculinc, sur la toxine pyoeyanique, depuis les expériences de Charrin et Glcy, de Moral et Doyon, d'Arloing et Courmont, d'Enriquez et Hallion, de Krainsky et Kostiurine, de Guinard et Artault, sur les sécrétions de l'aureus, des bacilles de la diphtérie, de la morve, de la putréfaction, sur celles du germe héminécrobiophile, etc., que ces toxines ont des effets vaso-moteurs multiples; constricteurs ou dilatateurs, ces effets conduisent à des oscillations de pression de divers sens, quoique, dans bien des circonstances, les compensations circulatoires se comportent de façon telle que cette pression, du moins dans l'aorte, n'est pas modifiée.
Sans supprimer la part des processus réflexes ou l'excitation des centres par un sang adultéré, les attributs de ces toxines restreignent la portée de ces mécanismes.
Les réactions nerveuses, en provoquant des afflux sanguins dans le foie, le pancréas, les centres nerveux, sont capables d'agir sur le diabète, la goutte, les diathèses; on voit ces afflux faire osciller le sucre, l'acide urique, les albumines, engendrer des accès, en un mot troubler la nutrition. — Il serait aisé de montrer combien ces réactions nerveuses, depuis le simple coup de froid, influencent grâce à ces changements vasculaires et l'état anatomique, la statique cellulaire, et l'état fonctionnel, le dynamisme.
11 est clair que le sang en s'accumulant apporte des aliments en excès; en revanche, le départ est ralenti, l'acide carbonique, les déchets s'entassent, l'auto -intoxication se réalise, les échanges s'arrêtent, la respiration des tissus fléchit .
Penzo est allé jusqu'à observer une activité de karyokinèse plus grande sous l'influence de la chaleur des congestions; Jacubovitsch a vu, de son côté, le froid arrêter ce processus; d'autre part, Samuel a soutenu l'efficacité de ces fluxions sur révolution des éléments cellulaires. On a également noté une poussée plus prompte des plumes du pigeon à la suite des hyperémies artérielles; toutefois, ces plumes ne subissent pas l'hypertrophie constatée pour d'autres organes.
[A. CHARRIN]