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QUALITÉS DE LA SÉROSITÉ

Frey, Weber, Billroth ont noté les changements survenus dans l'écoulement de la lymphe aussi bien que dans le rôle des ganglions, etc.

L'œdème viscéral rend les organes plus pesants ; on peut, à leur surface, obtenir la typique dépression en godet; à la coupe ils laissent écouler un liquide séro-sanguinolent, ordinairement peu épais. C'est surtout au microscope qu'on analyse exactement les détails de cet œdème des viscères; il se traduit par l'envahissement des gaines lymphatiques péri-vasculaires ou péri-canaliculaires plus ou moins gorgées de cellules lymphatiques : suivant le tissu, il y a des questions d'espèce.

Sur le cadavre l'infiltration garde les caractères qu'elle présentait sur le vivant; mais la pâleur est plus marquée, les veines dermiques forment des traînées brunâtres très apparentes. — Sur une coupe la couche cellulaire sous-cutanée peut avoir jusqu'à 5 ou 6 centimètres d'épaisseur; elle a l'aspect dune masse gélatineuse tremblotante, de couleur opaline, jaunâtre, quelquefois rosée.

De place en place existent des tractus fibreux, des lobules adipeux de forme lenticulaire ou polyédrique; des traînées formées par les vaisseaux sillonnent la coupe, qui laisse écouler une sérosité incolore ou légèrement citrine, claire, transparente, inodore; sa densité est de ,1,012, sa réaction se montre légèrement alcaline; elle contient, par litre, 980 d'eau; le chlorure de sodium atteint la proportion de 7 pour 1000; le carbonate sodique. les phosphates de chaux, de soude, varient de 1 à 8 pour 100; les produits de désassimilatiou, lactates, urates, urée, sont peu abondants; la graisse est rare ; on décèle 5 à 7 pour 1000 de principes protéiques à l'état d'albumine; accidentellement on trouve, dans ce liquide, des acides, des pigments biliaires, du sucre, des médicaments, tels que, suivant les circonstances, du salicylate de soude, de l'iodure de potassium, etc. En somme, au point de vue chimique, cette sérosité est plus pauvre que la lymphe en sels, en produits de la désassimilation ; elle diffère de la partie fluide du sang par sa grande teneur aqueuse, par la faible quantité de ses éléments albuminoïdes.

D'après Robin, les membranes, traversées par des principes venus des vaisseaux, font une sorte d'élection parmi ces principes; les matériaux choisis offrent des différences de nature, de proportions en rapport avec les fonctions des tissus, siège de l'osmose. 11 faut également tenir compte d'une influence exercée sur cette sorte de sécrétion par l'état de dilatation ou de resserrement des capillaires, par la quantité, par la rapidité du liquide qui les parcourt, indépendamment de toutes les particularités relatives à la composition de ce liquide, à sa densité, à sa minéralisation, qui, d'après Hailion et Carrion, constituent d'importantes conditions, puisqu'une teneur élevée sollicite la transsudalion.

Les faisceaux fibreux sont écartés, isolés, dissociés ; leurs intervalles, remplis de sérosités, contiennent des globules blancs plus nombreux qu'à l'état normal : il y a quelquefois multiplication manifeste des cellules migratrices du tissu conjonctif.

[A. CHARRIN]

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