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DIAGNOSTIC DE LA MORVE

La réaction de la malléine n'étant pas applicable à l'homme, le diagnostic bactériologique de la morve ne repose que sur la recherche du microbe.

L'examen direct ne donne jamais de renseignements suffisants pour trancher un diagnostic toujours difficile, le bacille ne présentant pas un aspect assez caractéristique pour être distingué des autres bacilles légèrement incurvés, se décolorant* comme lui par la méthode de Gram.

Il en est de même des caractères de culture sur gélose et sur bouillon; aussi le diagnostic de la morve ne repose-t-il que s;ir deux épreuves :

[F WIDAL et F. BEZANÇON 1

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

La culture du produit sur un milieu où les colonies ont un aspect caractéristique ; l'inoculation aux animaux.

La pomme de terre est le milieu de choix : car le bacille y développe en 2 jours, à 57 degrés, des colonies épaisses, jaunâtres d'abord, bientôt de couleur café au lait ou chocolat. Les colonies de la morve ne peuvent être confondues avec les colonies jaune clair du coli-bacille ou avec celles que donne le bacille pyocyanique; dans ce dernier cas, la pomme de terre raclée présente une coloration verdàtre.

Inocula lion aux animaux. — Le cheval, l'âne et le mulet, sont très sensibles à l'inoculation du virus morveux.

L'inoculation de la culture morveuse à l'àne, pratiquée au moyen de scarifications laites sur le frontal, puis de frictions avec le produit morveux, détermine en 10 à 10 jours des lésions mortelles de morve aiguë voisines de la granulie.

L'inoculation au cobaye mâle donne des résultats tout aussi certains et est plus pratique. S'il s'agit de produits qui ont été exposés à l'air, on doit faire l'inoculation sous la peau; on voit alors apparaître au point de piqûre une induration qui fait place bientôt à une sorte d'ulcération taillée à pic, sans tendance à la cicatrisation; les ganglions se tuméfient et peuvent s'ulcérer, puis les bourses se tuméfient, et il se produit de l'orchite.

Cette dernière lésion se produira bien plus sûrement, si l'on inocule les produits morveux (à condition qu'il n'y ait pas d'infection secondaire) directement dans le péritoine des cobayes mâles. Deux ou trois jours après l'inoculation, les testicules deviennent saillants et douloureux, il se produit de la vaginalite; le testicule baigne dans un liquide puriforme rempli de bacilles. L'animal meurt vers le 4e ou le 6e jour.

Si l'on a fait l'inoculation sous la peau, on peut sacrifier l'animal dès que les ganglions apparaissent tuméfiés, broyer ces ganglions et les inoculer dans le péritoine d'un deuxième cobaye.

La réaction de l'orchite morveuse n'est pas absolument caractéristique, comme le croyait Straus; d'autres microbes peuvent déterminer cette réaction (Nocard). Pour affirmer le diagnostic de la morve il faudra donc ensemencer le pus de la vaginale sur pomme de terre et chercher la réaction brun chocolat.

La malléine n'a jamais été utilisée pour le diagnostic de la morve chez l'homme; étant donné le parti que M. Nocard en a tiré pour le diagnostic de la morve chez les animaux et pour la prophylaxie de cette maladie, il est intéressant cependant de rappeler brièvement les principaux caractères de cette réaction.

Le bacille de la morve renferme dans son protoplasma une toxine comparable à la tuberculine qu'on peut extraire après la mort du microbe au moyen de la glycérine : Cette toxine est la malléine découverte par Helman et Kalning.

La malléine s'obtient comme la tuberculine par la stérilisation à

DIAGNOSTIC DE L'ACTINOMYCOSE

110 degrés d'une culture vieille de 1 mois de bacilles de la morve dans du bouillon glycérine : la culture est réduite ensuite au 1/10 au bainmarie et filtrée sur papier Chardin; le liquide filtré est la malléine brute qu'on emploie d'ordinaire diluée au 1/10 dans de l'eau phéniquée à 5 pour 1000.

L'inoculation de 2 à 5 centigrammes sous la peau d'un cheval sain ne détermine ni réaction locale, ni réaction générale.

Chez l'animal morveux, l'inoculation de 1/2 centigramme détermine une réaction caractéristique; au point d'inoculation la peau devient chaude, tendue, douloureuse et est le point de départ de traînées lymphangitiques; l'animal a de l'anorexie, des frissons, quelquefois des convulsions, il se produit enfin une réaction thermique analogue à celle que détermine la tuberculine chez les cobayes tuberculeux; dès la huitième, rarement après la douzième heure, la température s'élève de 1°,5 à 2, et même c2°,5.

L'épreuve n'est concluante que si la température s'élève de 1 0 , 5 ; dans les cas où la réaction est incertaine, c'est-à-dire s'il n'y a qu'une faible élévation thermique avec un simple œdème local, l'animal doit être considéré comme suspect et soumis un mois après à une nouvelle réinoculation à dose plus forte.

DIAGNOSTIC DE L'ACTINOMYCOSE (')

Le diagnostic de l'actinomycose avec la tuberculose ou le sarcome ne repose le plus souvent que sur la constatation du parasite, l'actinomyces. Comme il s'agit ici d'un parasite très différencié, il est inutile de recourir à la culture toujours difficile ou à l'inoculation aux animaux, le plus souvent suivie d'insuccès et la méthode la plus simple à la fois et la plus rigoureuse est l'examen direct.

Cet examen direct doit porter sur les grains jaunes. Pour rechercher ces grains qui apparaissent dans le pus comme des grains d'iodoforme finement pulvérisés, et quelquefois, dans les foyers récents, non pas de couleur jaune, mais gris perle, ou même dans quelques cas noirâtre, il faut d'abord étaler le pus en couche mince sur une lame, rechercher à î'œil nu, à la loupe, la présence des grains qui par suite de leurs petites dimensions 1/10 à 1/4 de millimètre de diamètre, peuvent passer facilement inaperçus.

Si les grains ne sont pas parfaitement dissociés, il faut, d'après Dor, leur faire subir une immersion rapide dans de la potasse à 50 pour 100 afin de détruire toutes les particules animales, puis laver à l'eau. Le plus souvent, il suffit de verser sur la lame une goutte de picro-carmin et de laisser celui-ci en contact avec le grain cinq à dix minutes, puis de lui faire subir un écrasement léger en le recouvrant d'une lamelle.

(x) Poxcet, L'cectînomycose. — Berard, Gaz. des hop., 29 février 1896.

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DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

Le grain jaune ainsi coloré, et porté au microscope, apparaît, au centre, coloré confusément en jaune, à la périphérie festonné, coloré en orangé.

On peut encore, après fixation par la chaleur ou par l'alcool-éther, traiter la préparation par la méthode de Grain, avec recoloration par l'éosine.

Le grain se montre alors constitué au centre par un mycélium qui prend les couleurs basiques et à la périphérie, par des massues colorées en rouge orangé, enfin par des cellules de voisinage.

L'isolement du parasite n'est pas pratique : il ne peut être tenté que sur des milieux solides tels que la gélose glycérinée. Il sera simplifié si Ton emploie la technique indiquée par Guermonprez et Binic pour se débarrasser des microbes d'association et des infections secondaires.

Cette technique consiste à délayer le grain après l'avoir broyé dans un peu de bouillon et à faire des plaques d'agar avec ce liquide. Au bout de quelques jours, la plupart des grains présentent autour d'eux des colonies dues aux microbes d'infections secondaires; ils doivent être rejetés; par contre, on se servira pour les cultures définitives des grains qui ne présentent pas autour d'eux d'infections secondaires.

DIAGNOSTIC DU PALUDISME

La constatation de l'hématozoaire de Laveran dans le sang des malades est, dans les cas difficiles, le meilleur signe de la malaria : la recherche du parasite est délicate. L'examen doit être fait un peu avant les paroxysmes fébriles ou à leur début, chez des malades n'ayant pas encore pris, ou n'ayant pas ingéré depuis longtemps des sels de quinine.

L'examen du sang ou à la rigueur du suc splénique, recueilli par ponction, est le seul moyen de diagnostic, l'hématozoaire de Laveran n'ayant pu être ni cultivé, ni inoculé aux animaux.

Examen de sang frais. — 11 suffit après piqûre du doigt de recueillir sur une lame de verre une goutte de sang et de la recouvrir d'une lamelle et de porter la préparation au microscope.

Examen de sang sec, fixé et coloré. — Pour cet examen on recueille comme dans le cas précédent une goutte de sang sur une lame, on l'étalé avec le bord d'une lame rodée, on la sèche en agitant la lame rapidement dans l'air ; on la fixe en versant sur la préparation un mélange a parties égales d'alcool absolu et d'éther qu'on laisse évaporer.

On peut colorer soit par le bleu phéniqué, soit mieux par le procédé suivant indiqué par M. Laveran.

Faire agir d'abord une solution alcoolique d'éosine à 0,50 pour 100, pendant une demi-minute environ, laver à l'eau, puis colorer pendant une minute avec une solution aqueuse saturée de bleu de méthylène, laver.

(1) Laverax, Le paludisme. — Simoxds, Ami. de l'Inst. Pasteur. 1807.

DIAGNOSTIC DU PALUDISME

Les globules rouges sont colorés en rose, les noyaux des leucocytes en bleu foncé, le parasite en bleu clair.

Tout récemment M. Laveran a conseillé la technique suivante, un peu compliquée, qui permet de voir la chromatine des noyaux des hématozoaires.

Le sang sec est fixé par l'alcool absolu pendant '20 minutes, les lames ou lamelles sont immergées pendant 5 à 10 minutes dans le mélange suivant préparé au moment de s'en servir :

Solution aqueuse d'éosine à 1 pour 1000 (éosine de I loelist)

soluble dans l'eau 4 centimètres cubes.

Bleu de méthylène à l'oxyde d'argent ou bleu Borrel . 1 centimètre cube.

Eau distillée. 6 centimètres cubes.

Les solutions de bleu et d'éosine sont filtrées séparément au moment où l'on fait le mélange que Ton a soin de bien agiter.

Après coloration on lave à l'eau, puis on traite avec une solution de tanin à 5 pour 100 pendant une minute, on lave à l'eau. Si la préparation est trop colorée, on lave à l'alcool absolu, on sèche, on monte au baume.

Par ce procédé les hématies sont colorées en rose, les noyaux des leucocytes en violet foncé, le protoplasma des hématozoaires en bleu pale, la chromatine en violet ou en rouge violacé.

Pour colorer les flagella, il faut laisser les lames plusieurs heures dans le bain colorant, quelquefois douze heures.

Le parasite se présente sous divers aspects dans le sang.

L'aspect le plus souvent observé est la forme décrite par M. Laveran sous le nom de corps sphérique.

Les corps sphériques apparaissent comme une petite tache claire, hyaline. Ils sont animés de mouvements amiboïdes, d'où le nom de corps amiboïdes qui leur est aussi donné.

Les petits éléments hyalins n'ont guère plus de 1 [/. de diamètre, les plus gros ne dépassent pas 10 [i; les petits éléments ne contiennent pas de pigments, les éléments plus volumineux contiennent des grains de pigment mélanique disposés au centre irrégulièrement, ou, à la périphérie en couronne, lorsque le corps sphérique est encore plus développé.

Les corps sphériques se colorent légèrement en bleu par le bleu de méthylène ; le noyau ne se colore pas, mais apparaît sous l'aspect d'une vacuole claire; par le mélange de bleu de méthylène ou d'éosine, ou par le procédé Laveran on voit à l'intérieur une tache chromatique, colorée en violet; le noyau est excentrique.

[l) Préparation du blru Borrel. — Dans une fiole de 150 centimètres cubes on met quelques cristaux d'azotate d'argent dans 50 à 00 centimètres cubes d'eau distillée; quand les cristaux sont dissous on remplit la fiole avec une solution de soude et on agite; il se l'orme un précipité noir d'oxyde d'argent qui est lavé à plusieurs reprises à l'eau distillée; on verse alors sur l'oxyde d'argent une solution aqueuse saturée de bleu de méthylène préparée avec du bleu de méthylène médicinal de Hôchst, on laisse en contact pendant sept à huit jours en agitant à plusieurs reprises.

[F. WIDAL et F. BEZANÇON ~\

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

Les corps sphériques ont été considérés par M. Laveran comme simplement accolés aux hématies; on admet plus volontiers aujourd'hui que ce sont des parasites intra-globulaires. Chaque hématie en porte un, quelquefois plusieurs dans son intérieur.

Les corps sphériques semblent se reproduire dans le sang de l'homme par le processus de la segmentation directe; il en résulte un aspect décrit par M. Laveran sous le nom de corps segmentés ou en rosace. Si Ton examine le sang au début d'un accès de fièvre, on voit un certain nombre de corps sphériques dont les grains de pigment se disposent en amas au centre du parasite, tandis que les bords présentent un aspect dentelé, les incisurcs deviennent ensuite plus profondes et aboutissent au centre du parasite qui se trouve ainsi partagé en un certain nombre de segments. Chacun de ces segments dépourvu de pigment devient libre et va reproduire un nouveau corps amiboide.

Le nombre des segments varierait selon le type de la fièvre et cette variation correspondrait peut-être à une infection par des espèces distinctes. C'est du moins l'opinion de Grassi et Felctti, de Golgi. Pour ce dernier, les formes à 6 à 12 segments se rencontreraient dans la fièvre quarte, due mplasmodium malariœ ; celles à 16 à 20 segments dans la fièvre tierce, due au plasmodium vivax, la fièvre estivo -automnale quotidiennne ou rémittente, étant due au plasmodium prxcox.

En France, MM. Laveran, Labbé, Metchnikoff, admettent que ce sont là de simples variétés d'un même parasite qui se diviserait plus ou moins abondamment selon que le milieu est plus ou moins favorable à son développement, donnant ainsi la fièvre tierce lorsque sa division est plus considérable, la quarte lorsqu'elle est moindre, la fièvre quotidienne se rattachant à l'évolution simultanée de plusieurs générations de parasites.

On peut encore observer dans le sang des malades atteints de paludisme, surtout dans les cas de cachexie paludéenne ou encore dans les fièvres cstivo-autonmales, des aspects décrits par M. Laveran sous le nom de corps en croissant.

Les corps en croissant s'observent surtout chez les anciens paludéens ; dans les cas de cachexie paludéenne ils se verraient de préférence chez les malades qui n'ont pas été traités de bonne heure par la quinine; ils n'appartiennent pas à un type de fièvre particulier. Ils se présentent sous l'aspect de corpuscules falciformes, et rappellent certain stade d'évolution des coccidies. Comme les corps sphériques, ils contiennent des grains de pigment noir qui se collectent à sa partie centrale; il n'est pas rare devoir dans la concavité du croissant un reste d'hématie, aux dépens de laquelle s'est développé le parasite.

Pour M. Laveran, les corps en croissant sont un stade d'évolution du parasite, ils peuvent dériver des corps sphériques, ou bien donner naissance à ceux-ci. Pour d'autres auteurs, les corps en croissant doivent être considérés comme le stade terminal d'évolution de certains corps sphéri-

DIAGNOSTIC DU PALUDISME

ques ; ceux-ci épuisés par une longue série de multiplication par scissiparité deviennent incapables de se reproduire et de se modifier et persistent à l'état de corps en croissant indéfiniment dans le sang.

Flagella. — M. Laveran a montré que si l'on examine du sang de paludéen, à l'état frais, au bout de 15 à 20 minutes on voit à la périphérie des corps sphériques 5 ou 4 filaments mobiles ou flagella animés de mouvements très rapides, comparables à ceux des cils vibratiles. Certains de ces flagella présentent un petit renflement piriforme.

A un moment donné, les flagella se séparent des corps sphériques et deviennent libres et mobiles au milieu des hématies.

Pour M. Laveran, les flagella doivent être considérés comme l'état adulte et parfait de l'hématozoaire.

On tend aujourd'hui à leur attribuer une tout autre valeur et à les considérer comme l'élément mâle de la reproduction sexuée du parasite.

Il semble, en effet, que si l'hématozoaire ne possède dans le sang de l'homme qu'un mode de reproduction asexuée, il n'en soit pas toujours ainsi; il existerait en effet pour l'hématozoaire, comme pour les autres protozoaires, un mode de reproduction sexuée, qui s'accomplirait dans le corps du moustique.

On admet aujourd'hui, en effet, depuis les travaux de Ross, que l'hématozoaire du paludisme n'est libre à aucune période de son existence, mais obligatoirement parasite chez l'homme et chez le moustique.

Chez l'homme, il ne se reproduit que par scissiparité, et nous avons vu que les flagella des corps sphériques n'apparaissent qu'au bout de 15 à c20 minutes dans le sang retiré des vaisseaux.

Des phénomènes analogues se produisent dans le tube digestif du moustique : un certain nombre de corps sphériques vont se transformer en corps flagellés ; ceux-ci vont se détacher du parasite pour constituer les microgamètes ou éléments mâles, alors que les autres corps sphériques qui n'émettent pas de flagella vont acquérir la valeur d'élément femelle ou macrogamète.

Le microgamète pénètre le macrogamète comme le spermatozoïde, l'ovule; il en résulte un corps allongé de 6 à 7 m, le zygote, qui s'enkyste dans l'estomac du moustique comme l'ont montré Grassi et Ross, et donne naissance à un grand nombre d'animalcules fusiformes ou sporozoïles. Ces sporozoites, mis en liberté par la rupture du kyste, pénètrent dans les glandes salivaires de Y anophèles qui les inocule à l'homme ; ils se transforment alors en corps sphériques.

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