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DIAGNOSTIC DES INFECTIONS DUES AUX MICROBES AN AÉROBIES

décoloration incomplète et l'on ne peut affirmer la nature positive ou négative de la réaction.

La multiplicité des espèces bactériennes que Ton trouve dans les suppurations fétides et gangreneuses, le polymorphisme extrême de certaines de ces espèces, les difficultés qu'entraîne la technique de la séparation des germes anaérobics, tout contribue à rendre difficile l'étude précise de ces infections.

Cet isolement des espèces est heureusement inutile pour la pratique courante du diagnostic clinique, et l'on se contentera le plus souvent des renseignements suivants. L'examen direct, ayant fait présumer que l'on est en présence de germes anaérobies, purée de microbes se colorant difficilement, espèces variées, etc., on fera un double ensemencement, aérobie à la surface de milieux ordinaires et, selon la méthode de Liborius modifiée par Veillon, anaérobie, dans de longs tubes à essai, remplis de gélose sur une hauteur de 12 centimètres environ.

Pour ensemencer les tubes ainsi préparés, on commence par liquéfierla gélose au bain-marie à 100 degrés, puis on laisse refroidir à 40 degrés environ. Avec une pipette stérile, on recueille une goutte du pus à examiner et on la mélange à l'agar liquide d'un premier tube, en agitant bien le milieu pour obtenir une répartition uniforme des germes ; quelques gouttes de cette solution sont ensuite portées dans un deuxième tube et l'on continue à diluer ainsi de tube en tube jusqu'à ce que la dilution paraisse suffisante.

Le tube, aussitôt ensemencé, est plongé dans l'eau froide pour que la gélose se solidifie brusquement, puis porté à l'étuve à 57 degrés.

Dans les tubes ainsi préparés, les couches profondes de la gélose sont absolument privées d'oxygène; seuls les 2 centimètres supérieurs en absorbent une certaine quantité pendant le refroidissement.

Quand le pus ne contient que des anaérobies stricts, on ne voit de colonies que dans la zone inférieure, les 2 centimètres supérieurs restant vierges; quand il renferme à la fois des anaérobies et des aérobies, on voit les colonies formées par ces derniers dans la zone supérieure.

Pour repiquer les colonies, il faut aller les cueillir avec une pipette stérilisée, brisée à son extrémité, et aspirer pour ainsi dire la colonie dans l'extrémité de la pipette.

L'existence dans ces suppurations de certains microbes à développement abondant et rapide rend singulièrement difficile l'isolement des diverses espèces qui s'y trouvent réunies.

Nous croyons même' qu'il y a avantage à ne pas se servir d'agar sucré, comme le conseille Veillon, car si le sucre facilite la culture des microbes anaérobies, il rend plus abondant le dégagement de gaz qui accompagne le développement de ces microbes, et augmente ainsi la confluence des colonies.

Le diagnostic des espèces anaérobies par les caractères de culture est encore plus difficile, d'après Rist, que pour les espèces aérobies ; il y a

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

peu de variété, et d'autre part la morphologie et la couleur des colonies ne sont pas très constantes pour une même espèce.

Pour examiner les bactéries qui forment une colonie, on étale la colonie, ou plutôt une partie de celle-ci (le reste ayant servi au repiquage) sur une lamelle; Rist conseille de frotter assez longtemps pour désagréger la uélosc, celle-ci constitue d'ailleurs une ^êne à l'examen, car elle se colore par les divers réactifs et masque le contour des bactéries ; un lavage très soigneux de la lamelle à l'eau parvient cependant à la décolorer en partie.

L'inoculation des microbes anaérobies aux animaux se fait comme l'inoculation des microbes aérobies; on injecte en général de la façon suivante : un tube de culture jeune est cassé au niveau d'un trait de lime pratiqué sur son fond. On enfonce alors le bouchon de ouate de manière qu'il ne dépasse pas le bord supérieur du tube; on adapte l'extrémité cassée au corps de pompe d'une seringue de Roux stérilisée, on souffle par l'extrémité supérieure du tube, on pousse le cylindre de gélose tout entier dans la seringue, on revisse celle-ci et on injecte à l'animal sous la peau ou dans le péritoine. Halle a montré que la gélose stérile introduite ainsi sous la peau et dans le péritoine ne détermine aucun trouble de la santé chez l'animal et est rapidement résorbée.

Nous ne pouvons donner une description de toutes les espèces anaérobies décrites dans ces dernières années, dans le mémoire de Veillon et Zuber, dans les thèses de Halle, Rist, Guillemot et Cottet. Nous nous bornerons à donner la description des principales espèces isolées par ces auteurs.

Une des plus communes est le bacillus perfringens, qui parait être, d'après M. Guillemot, un des agents de la gangrène gazeuse, et qui se rencontre dans presque tous les pus gangreneux, appendicite (Veillon et Zuber), mastoïdite (Rist).

C'est un gros bacille, trapu, de la taille de la bactéridie charbonneuse, à extrémités nettement limitées et carrées; dans le pus il est entouré d'une capsule bien colorablc, qui disparaît dans les milieux de culture; il prend le Gram. Dans les milieux de culture, il a la même forme, mais plusieurs éléments se disposent bout à bout; il est immobile.

Il se développe rapidement dans la profondeur de la gélose, qu'il disloque par suite d'une production abondante de gaz, à la manière du vibrion septique.

Les colonies forment de petits points blanchâtres. Il liquéfie la gélatine (Guillemot).

Il trouble le bouillon qui s'éclaircit en quarante-huit heures, avec formation d'un dépôt abondant.

La vitalité du microbe est très courte. Il est pathogène pour les animaux, à la manière du vibrion septique; il détermine chez le cobaye un phlegmon gazeux. Les lapins sont moins sensibles mais meurent au bout de quelques jours cependant avec un phlegmon gangreneux au point d'inoculation.

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