‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 3)Chapitre 157 sur 185 · PÉRIODE ANTIQUE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ANTIQUE

On n'y trouve que des vestiges, des rudiments de thérapeutique. Elle est théurgique ou empirique.

I. Les hymnes du Rig Véda, des Hindous, ne renferment que quelques notions sur l'art de guérir.

II. Dès la plus haute antiquité, les Égyptiens attribuaient une grande puissance médicale à ïsis; ils faisaient à cette déesse l'honneur de la découverte de plusieurs médicaments qui, même au temps de Galicn, portaient encore son nom. Les règles de la science médicale étaient contenues dans un livre intitulé « Embre, scientia causalitalis ». Elles étaient inexorables; si les médecins s'en écartaient, on les punissait de mort, quelle que fût d'ailleurs l'issue de la maladie (Diodorc de Sicile), ïsocrate disait en parlant des Egyptiens : « Ils ont inventé la médecine pour le soulagement des hommes, non cette médecine qui use des remèdes périlleux, mais celle qui se sert de moyens aussi sûrs dans leur emploi que notre nourriture quotidienne, etc. ». La spécialisation était fort en honneur et, d'après Hérodote, il y avait en Egypte un médecin particulier pour chaque variété de maladies. Moïse élevé au milieu des prêtres égyptiens rapporta de la terre de Pharaon une série de principes hygiéniques qui forment la base des pratiques religieuses qu'il imposa au peuple hébreu.

11L La médecine du Thalmud contient des prescriptions hébraïques sur la manière de tuer les animaux en leur sectionnant la trachée, l'œsophage et par suite les gros vaisseaux du cou; elle défend surtout de prendre comme nourriture le sang qui peut contenir des substances infectieuses.

Cette médecine était basée sur : a, la tradition; b, les idées médicales de l'époque thalmudique; c, la dissection des cadavres humains faite, dit-on, par les docteurs du Thalmud et par d'autres; d, l'observation des maladies; e, les expériences et la vivisection (*).

Elle connaissait des substances anesthésiques destinées à diminuer la douleur d'une opération chirurgicale ou de l'exécution capitale. Dans le traité Babathetzias il est question d'un remède anesthésique (Sama des chintha) donné à un individu avant de lui ouvrir le ventre. Elle faisait fréquemment usage des ventouses scarifiées en se servant d'un instrument en corne. (Du reste, actuellement, l'un de nous a pu voir à Obock des individus appliquer des ventouses, par un procédé analogue, au moyen d'une corne de vache, dans laquelle ils aspiraient l'air par succion.)

La médecine du Thalmud employait aussi les vomitifs.

(M Rabbinowicz, La médecine du Thalmud. Extraits des 21 Traités du Thalmud de Babylone. Paris, 1880.

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[GILBERT et BOINET ]

ii y avait dans le temple de Jérusalem, un médecin spécial chargé de donner des soins aux prêtres.

Salomon était assez versé dans la botanique, il « connaissait toutes les plantes depuis le cèdre qui couronne le Liban jusqu'à la mousse qui tapisse les rochers ». Son livre fut, dit-on, détruit par Ezéchias, parce que l'usage des remèdes qu'il indiquait nuisait aux intérêts matériels des Lévites. Il n'est fait mention de médecins laïques que dans YEcclésiasle, c'est-à-dire trois siècles avant Jésus-Christ. Honorez le médecin, disait ce livre, à cause de la nécessité; car tonte médecine vient de Dieu. Appelez le médecin, qu'il ne vous quitte pas; son art vous est nécessaire, etc.

Enfin, la défense religieuse de manger la viande d'un animal affecté d'une maladie organique incurable avait nécessairement obligé les docteurs du Thalmud à étudier les maladies des viscères. Ce sont, en quelque sorte, les précurseurs de l'anatomie pathologique qui fut négligée, pendant une longue série de siècles, par les médecins païens.

IV. La médecine des Chinois remonte à la plus haute antiquité et, il y a environ 4000 ans, que Hoang-Ti composait un code médical qui est en partie utilisé, aujourd'hui, par les médecins chinois. Un prince chinois aurait fait ouvrir les suppliciés dans un but d'instruction. La médecine chinoise préconisa de bonne heure la variolisation, l'acupuncture et cultiva avec prédilection la matière médicale et pharmacologique.

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