CROUTES
Les croûtes sont des concrétions produites par le dessèchement de l'exsudation qui se fait à la surface des ulcérations. Quand on arrache la croûte, on trouve, au-dessous d'elle, une mince couche d'exsudat, tantôt séreux, tantôt purulent, tantôt séro -sanguin oient .
Les croûtes peuvent succéder à des vésicules, à des pustules, à des papules ou à des tubercules ulcérés. La plupart d'entre elles n'ont pas de caractères distinctifs. Quelques-unes, cependant, présentent des particularités propres.
Celles de Yeczéma sont minces, grisâtres, peu adhérentes, soulevées sans cesse par l'exsudation poisseuse sous-jacente. Celles de Yeczéma impétigineux participent des caractères des croûtes de l'impétigo.
Les croûtes impétigineuses sont jaunâtres, melliformes, molles, quelquefois étendues en nappes. C'est l'aspect de ces croûtes qui avait fait donner à l'impétigo, par Alibert, le nom de mélitagre.
Les croûtes de l'herpès sont petites, résistantes, bien isolées, d'une coloration jaunâtre ou brunâtre.
Celles de Yecthyma sont brunes, épaisses, stratifiées, adhérentes et enchâssées profondément dans le derme.
Les croûtes de la tuberculose cutanée et de la syphilis, quelle que soit la forme de la lésion élémentaire qui leur a donné naissance, présentent des caractères distinctifs, très importants à connaître.
Les lésions ulcéreuses de la tuberculose sont recouvertes de croûtes molles, jaunâtres, peu adhérentes, autour desquelles les téguments sont épais et violacés.
Dans la syphilis, les croûtes sont dures, brunâtres, adhérentes, épaisses, stratifiées comme les coquilles d'huîtres ou de patelles, entourées d'une zone pigmentée, d'un jaune cuivré.
11 y a des croûtes qui ne reposent pas sur une perte de substance, au-dessous desquelles la peau n'est ni ulcérée, ni même excoriée; ce sont
des croûtes primitives. Do ce nombre sont les croûtes de la séborrhée et celles du favus.
La séborrhée est un trouble de la sécrétion sébacée. Parfois, la matière sébacée hypersécrétée se concrète sous forme de croûtes grisâtres, molles, malléables et graisseuses, au-dessous desquelles la peau est seulement rouge, mais non ulcérée. Sur cette surface rouge on peut voir, quand la croûte est enlevée, les orifices sébacés dilatés et béants.
La croûte favique est essentiellement de composition parasitaire. Elle est formée par l'accumulation du mycélium et des spores de Vachorion Schœnleinii, qui est le parasite du favus. Ces croûtes, qui répandent une odeur de souris caractéristique, sont sèches, ternes et pulvérulentes. Elles présentent différents aspects : tantôt ce sont des croûtes arrondies, isolées, de petites dimensions, déprimées en godets, caractérisant le favus urcéolairex tantôt ce sont des amas croûteux épais, irréguliers, raboteux, recouvrant de larges surfaces et résultant de la réunion et de la confluence des godets faviques primitifs; ce dernier aspect appartient au favus scutiforme et au favus squarrheux. Au-dessous des croûtes, la peau présente une dépression cicatricielle indélébile, sur laquelle, non seulement les cheveux sont arrachés, mais les follicules pileux sont détruits.