‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 3)Chapitre 38 sur 185 · RÉGION ORBITÛ-PAL PÉ BR ALE · texte numérisé non relu

RÉGION ORBITÛ-PAL PÉ BR ALE

l'ophtalmique de Willis pour la paupière supérieure et par le maxillaire supérieur pour la paupière inférieure.

Nous envisageons tout d'abord la morphologie générale des paupières, puis les affections cutanées, les manifestations inflammatoires, les néoformations et les maladies du bord ciliaire. Les troubles de la motilité palpébrale constituent un point très intéressant et des plus importants qui nous forcera à entrer dans quelques détails au sujet du ptosis, du blépharospasme et de la paralysie de l'orbiculaire. L'étude des symptômes sensitifs terminera ce chapitre.

EXAMEN DIRECT

Malformations congénitales. — A la naissance on peut observer un certain nombre de malformations qui résultent soit d'arrêts de développement, soit de lésions inflammatoires développées pendant la période embryonnaire ou fœtale et dont Lune des causes les plus fréquentes paraît être la syphilis.

Nous les passerons rapidement en revue, car elles ne présentent pas un intérêt diagnostic bien considérable.

Ablépharie. — L'absence complète des paupières est très rare et l'on n'en cite que quelques observations.

Cnjpt ophtalmie. — Dans la cryptophtalmie la peau du front se continue directement avec celle de la joue et ne présente qu'une rigole ou qu'une dépression comme vestige de la fente palpébrale. Le globe oculaire est habituellement réduit à l'état de moignon. Dans deux faits seulement il n'existait pas de vestiges du globe.

Colobome palpébral. — On donne le nom de colobome aux encoches verticales des paupières. Bien que dérivant au dire de certains auteurs d'un processus différent de celui qui donne naissance au bec-de-lièvre, on peut établir un rapprochement entre le colobome palpébral et le bec-delièvre avec lequel il coexiste parfois. L'encoche triangulaire siège plus fréquemment à la paupière supérieure, elle est habituellement oblique avec la base dirigée en dedans et correspondant au bord palpébral. Cette malformation coïncide parfois avec des tumeurs congénitales comme le dermoïde du limbe cornéen, ou avec d'autres malformations oculaires. Suivant qu'il atteint une paupière, les deux paupières du même côté ou qu'il est symétrique le colobome congénital est dit simple, double ou bilatéral.

Le seul intérêt que présente le colobome congénital réside dans sa différenciation avec le colobome acquis, c'est-à-dire les plaies verticales ! des paupières. Les commémoratifs suffisent habituellement à trancher la question et il ne pourrait y avoir d'hésitation que dans le cas de colobome acquis remontant à la première enfance. Dans les colobomes acquis la

[F BRUN et V. MORAX.}

SÉMIOLOGIE DE L'APPAREIL VISUEL

section est habituellement plus franche et les angles qui limitent la base du colobome sont moins arrondis.

Épicanthus. — L'épicanthus consiste dans un repli cutané de forme semi-lunaire qui existe sur les deux faces latérales de la base du nez et qui limite l'angle interne de la fente palpébrale en le recouvrant même partiellement dans certains cas. Cette malformation s'observe surtout lorsqu'il y a eu un effondrement de la charpente de la base du nez ou un arrêt de développement de celle-ci. Il est rare que cette difformité entraine des troubles fonctionnels.

Ptosis congénital. — Nous ne faisons que signaler ici cette affection congénitale sur laquelle nous reviendrons longuement dans la discussion du symptôme ptosis.

Ankyloblépharon congénital. — Cette malformation correspond à la soudure totale des bords palpébraux. Elle est toujours liée à un arrêt de développement du globe oculaire.

Bride congénitale. — On a publié quelques faits dans lesquels l'adhérence des paupières était limitée à un point et où il existait un pont cutané, une bride réunissant les deux paupières.

Tumeurs congénitales. — Les tumeurs congénitales des paupières sont rares à l'exception des tumeurs vasculaires et des naîvi. Nous avons, à propos de la région sourcilière, parlé du kyste dermoïde qui est rare à la région palpébrale proprement dite, mais que nous retrouverons dans les affections orbitaires.

On observe les deux formes de tumeurs érectiles artérielles et veineuses.

Les tumeurs érectiles artérielles forment des taches d'un rouge clair siégeant dans l'épaisseur du derme.

Les angiomes veineux sont plus profondément situés et donnent à la peau qu'ils soulèvent une teinte bleuâtre.

Page 1