ÉTIOLOGIE ET FRÉQUENCE DES MALADIES D'OREILLE
ÉTIOLOGIE
L'hérédité joue un rôle considérable dans les maladies de l'oreille; certaines familles présentent une prédisposition aux affections chroniques de la caisse du tympan, très fréquemment liée à une prédisposition aux affections naso-pharyngiennes. Selon Bezold, l'influence de l'hérédité serait appréciable dans 45 pour 100 des cas d'affection de l'oreille moyenne, et dans 28 pour 100 des cas d'affection de l'oreille interne. Cette statistique a, en vérité, perdu quelque peu de son autorité depuis l'étude anatomique de l'otosclérose, une des formes les plus fréquentes de la surdité héréditaire.
Ces maladies peuvent être congénitales ou ne se développer que plus ou moins longtemps après la naissance. Leur transmission peut s'effectuer d'une façon directe, en passant des parents aux enfants, ou indirecte, en sautant une génération. Tous les enfants sont rarement atteints, quoique cela est souvent le cas pour leur majorité. Quelquefois l'influence de l'hérédité reste limitée à un seul sexe, quelquefois à une seule oreille, la meule pour les membres de cette famille.
Nous savons combien la surdité congénitale est plus fréquente parmi les enfants issus de mariages consanguins, plus fréquente même que chez les descendants directs des sourds-muets.
La surdité congénitale est aussi attribuée à l'influence de la syphilis, de la tuberculose, du rachitisme, de l'hydrocéphalie des parents.
L'étroitesse exceptionnelle de la caisse, d'où rapports anormaux des différentes parties de l'oreille moyenne, favorisant, en cas d'une affection soit catarrhale, soit inflammatoire, la production d'adhérences anormales, de bandes, de filaments (surtout dans la niche de la fenêtre ovale), doit être considérée comme cause anatomique principale de ces affections.
[C. BENNI.}
SÉMIOLOGIE DE L'APPAREIL AUDITIF
Les refroidissements qui, aux yeux du public, jouent un rôle tellement prépondérant dans l'étiologie des maladies de l'oreille, doivent, de fait, être considérés dans une série de cas comme cause, au moins comme cause occasionnelle, de ces affections. Burkner estime leur influence comme appréciable dans 15,9 pour 100 de tous les cas; — à citer : l'action du froid sec, le corps étant en transpiration ; l'action de l'eau froide sur la tête, surtout avec pénétration dans les conduits auditifs externes (bains de mer), quoique, dans ce dernier cas, l'eau peut contenir et corps étrangers et bactéries (Knapp). Zaufal admet que le froid intervient dans la production des otites moyennes en paralysant les cils vibratiles de l'épithélium tubaire et en favorisant, de cette manière, l'invasion microbienne.
Dans la production des affections nerveuses de l'oreille par le froid, on pourrait invoquer soit la paralysie réflexe des nerfs vaso-moteurs (Schwartze), soit une névrite dégénérative (Moos). L'action du froid, dans tous ces cas, ne doit cependant être admise que lorsque l'affection de l'oreille se développe directement après l'influence évidente de cet agent (Politzer).
Le froid agit d'une façon très évidente dans l'exacerbation des affections préexistantes de l'oreille. Les bains froids, surtout les bains de mer, doivent être cités ici en première ligne ; le refroidissement des pieds même, surtout lhyperhidrose des pieds, exerce une influence nuisible bien évidente.
Les traumatismes (selon Burkner 10 pour 100) de la région du crâne, même sans lésion des parties molles et de la charpente osseuse, peuvent produire des troubles auditifs, probablement par voie d'hémorragies dans les centres auditifs et atrophies nerveuses consécutives. Plus important encore serait, d'après Politzer, le choc provoquant la paralysie passagère ou même permanente.
Les traumatismes qui entraînent les fractures du crâne (de l'os temporal) produisent les lésions les plus diverses : écoulement sanguin ou séreux (liqueur cérébro-spinale) de l'oreille, avec ou même sans rupture de la membrane du tympan, mais accompagné de rupture des méninges, paralysies des nerfs facial et acoustique et trouble de l'équilibre. La rupture des méninges, la paralysie du nerf facial même peuvent manquer. 11 s'agit alors (Politzer), dans les cas sans rupture du tympan, de fracture de la base crânienne et des pyramides avec hémorragie et exsudât labyrinthique.
Mentionnons ici les vives impressions sonores, momentanées ou continuelles auxquelles sont exposés certains ouvriers (forgerons, chaudronniers, conducteurs de locomotives, chauffeurs, etc.) et qui produisent des troubles labyrinthiques ; les explosions répétées (artilleurs, mineurs), qui peuvent amener des déchirures de la membrane du tympan ou des troubles de l'appareil nerveux; les pressions atmosphériques considé-