ÉTIOLOGIE ET FRÉQUENCE DES MALADIES D'OREILLE
rables (plongeurs), qui vont jusqu'à produire des hémorragies labyrinthiques; la foudre enfin, dont nous connaissons comme effet et des ruptures de la membrane du tympan et des paralysies soit passagères, soit permanentes du nerf acoustique.
Un grand nombre de maladies de l'organe auditif sont produites et entretenues par des affections des organes respiratoires, surtout du nez et du pharynx nasal, et cela par propagation des affections catarrhales aiguës ou chroniques de ces régions aux muqueuses tubaire et tympanique. Dans sa statistique, basée sur 100 000 cas, Burkner note les affections naso-pharyngiennes dans 60 pour 100 comme cause des affections de l'oreille. Meyer a trouvé des végétations adénoïdes du pharynx nasal dans 7,4 pour 100 de ses cas.
Des stases veineuses pulmonaires provoquent des hémorragies, aussi bien dans l'oreille moyenne que dans le labyrinthe ; nous les trouvons dans la pneumonie, dans l'emphysème, dans certaines affections cardiaques.
Les efforts de la coqueluche, la strangulation peuvent amener des résultats pareils.
L1 endocardite amène, quoique rarement, des embolies de l'organe auditif, surtout par la voie du rameau tympanique de l'artère stylouiastoïdienne (Trautmann) .
V artériosclérose produit souvent des bruits auriculaires, bruits constants, souvent accompagnés de vertiges (Gellé).
Citons parmi les affections du système nerveux :
Les hémorragies cérébrales par infiltration hémorragique des nerfs acoustique et facial (Moos).
La sclérose cérébrale, multiple, cause rare, très probablement par dégénérescence sclérotique des noyaux acoustiques et du tronc du nerf acoustique (iïess).
Les tumeurs cérébrales par pression directe ou indirecte sur le nerf acoustique, produisant de la surdité unilatérale, bilatérale ou croisée. La perception osseuse persiste alors d'habitude longtemps (Politzer). La coïncidence fréquente d'affection de l'oreille moyenne est, dans ces cas, attribuable aune origine tropho-neurotique (Politzer, Gellé, Baratoux).
Citons encore les lésions cérébrales qui entraînent l'aphasie, quelquefois intermittente ou transitoire; Yépilepsie avec diminution de l'ouïe, surtout immédiatement avant et après l'accès ; Y hydrocéphale aigu et chronique; Y hystérie, qui engendre plus souvent l'hyperesthésie acoustique que l'anesthésie de l'ouïe. Dans l'hystérie, le siège du mal est probablement central, ce qui expliquerait la possibilité du transfert signalé dans certains cas.
Les maladies mentales, avec déformation de l'oreille externe dans presque 50 pour 100 des cas (Vali); avec l'othématome vrai qu'on a observé presque exclusivement dans la paralysie progressive (Tischkow) ; avec le passage de l'impression auditive subjective à l'illusion, accom-
[C. BENNI J
pagnée d'hyperémie des vaisseaux du marteau (Schwartze et Koeppe) Enfin la sclérose médullaire, qui parait aussi produire des troubles auditifs et labyrinthiques par neurite progressive du nerf acoustique (Charcot, Morpurgo) et favoriser des affections de l'oreille moyenne (Moos- Treitel).
Les affections du tube digestif. influencent également l'organe auditif. L'otalgie est, le plus souvent, provoquée par la carie dentaire ; des symptômes subjectifs du coté de l'oreille peuvent dépendre des affections de l'estomac (Menière), du foie (Politzer). Nous connaissons des complications auriculaires (hémorragie de la caisse, du labyrinthe et leurs conséquences) au cours de la leucocytémie et de Vhémophylie (Politzer, Gradenigo, Gottstein, Lannois).
Les anomalies de la menstruation (en première ligne la cessation des menstrues) provoquent de l'otalgie, de la surdité, mais surtout des hémorragies auriculaires, le tympan étant perforé ou intact. Dans ce dernier cas, l'hémorragie se fait ou par le conduit auditif externe, ou dans l'oreille moyenne et provoque alors ultérieurement de l'otite suppurative ; ou enfin dans le labyrinthe et produit la surdité.
Lorsque l'hémorragie se fait par le conduit auditif externe, son point de départ parait se trouver à la surface externe de la membrane du tympan, ou au point de jonction de la portion osseuse avec la portion cartilagineuse du conduit auditif externe. On cite aussi les conduits excréteurs des glandes cérumineuses. Dans la majorité des cas, il s'agit de sujets hystériques.
Pendant la grossesse, il se produit parfois des maladies de l'oreille, qui s'aggravent à chaque grossesse nouvelle (Politzer). Ce sont surtout des troubles auditifs. Une disposition héréditaire avec malformation du processus mastoïde paraît exercer une certaine influence dans ces cas.
Dans la maladie de Bright, il se produit soit des hémorragies de l'oreille moyenne (probablement par augmentation de la tension et de la pression dans le système aortique (Schwartze), soit des troubles labyrinthiques, troubles de la nutrition du labyrinthe ou du nerf acoustique (œdème du nerf acoustique — Doumergue, Dieulafoy, Tissot).
Parmi les affections constitutionnelles et les troubles généraux de la nutrition qui provoquent des affections de l'oreille, mentionnons le rachitisme, cause fréquente; la goutte, les oreilles étant un des sièges de prédilection, peut-être le plus fréquent, des concrétions tophiques. La goutte favorise aussi la production d'exostoses dans le conduit auditif externe (Pritchard); c'est une cause fréquente de l'otosclérose (Politzer), elle provoque la prolifération osseuse de la capsule labyrinthique et conduit à l'ankylose de Fétrier.
Le rhumatisme, qui provoque parfois des otalgies intermittentes (Ménière, Wolf). Notons que la diathèse urique, en général, prédispose à l'otosclérose.
Le diabète, avec ses complications auriculaires fréquentes, eczéma de