‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 100 sur 166 · AU · texte numérisé non relu

AU

Rhumatisme muscu-

M livrâmes

Gastralg'ie

Asthme . ...

Anémie

Angine de poitrine .

Hystérie

Syphilis . .

Glycosurie simple .

Alcoohsme

riinrrlipp pli roniriiie

Hypertrophie cardia-

Rhumatisme d'Heber-

Phtisie pulmonaire .

Entérocolite ....

hisuflisance aortique.

Insuffisance mitrale.

ir.

Furonculose . . . .

Pas d'association morbide 22 au lieu de 207 pour iOOO.

AFFINITÉS MORBIDES DE LA LITHIASE BILIAIRE

Ici le gros foie ne tient plus la téte. H était deux fois plus fréquent chez les diabétiques que chez les non diabétiques, il est plus rare chez les obèses que chez ceux qui ne sont pas obèses; le rapport tombe à 0,76. De même, chez les malades atteints de gros foie, l'obésité est plus rare que chez les malades à foie normal (rapport 0,75).

L'albuminurie simple, cet autre état pathologique fréquent qui n'avait pas de prédilection pour le diabète, — le rapport était de 0,84, — se trouve inscrite en tète des coïncidences morbides avec des rapports supérieurs à l'unité (1,28 et 1,54) qui dénotent qu'il n'y a pas là simple coïncidence d'une maladie fréquente, qu'il y a association par quelque procédé. Pourtant on devine déjà que l'albuminurie simple pas plus que le gros foie ne seront pas reconnus comme étant de la famille à la fois du diabète et de l'obésité. De même, pour ces autres maladies fréquentes, la dilatation gastrique, la dyspepsie et la névropathie. Mais les rapports avec la litliiase urique (6,52 et 5,29), avec le diabète (5,10 et 2,92), avec la néphrite (1,89 et 1,86), avec la goutte (5,15 et 2,88), avec la bronchite sibilante (9,46 et 6,50), avec la lithiase biliaire (4,00 et 5,51), avec l'eczéma (5,85 et 5,55), avec les hémorroïdes (4,14 et 5,40), avec les rhumatismes chroniques (1,77 et 1,70), avec la migraine (2,19 et 2,55), avec l'asthme (2,91 et 2,65), avec l'angine de poitrine (1,84 et 2,01), avec le psoriasis (4,60 et 5,52), dénotent tout autre chose que la simple coïncidence. Et comme raffmité de presque toutes ces maladies a été démontrée aussi pour le diabète, nous nous sentons affermis dans cette conviction que m'imposait déjà ma statistique de 1879, c'est que ces maladies sont les maladies familières des personnes qui sont atteintes soit du diabète, soit de l'obésité, qu'elles appartiennent à cette famille morbide dont nous connaissons déjà deux des membres.

Au contraire les maladies organiques du cœur qui semblaient rechercher le diabète faussent compagnie à l'obésité.

On remarquera encore que, à un plus haut degré que le diabète, l'obésité est une maladie accompagnée, Tabsence d'association morbide n'est notée que 22 fois au lieu de 207 pour 1000.

AFFINITÉS MORBIDES DE LA LITHIASE BILIAIRE

Chez les malades affectés de lithiase biliaire, ce n'est plus une maladie fréquente dont la coïncidence s'observe le plus souvent, ce n'est plus le gros foie comme chez les diabétiques, ni l'albuminurie simple comme chez les obèses, c'est une maladie relativement rare, l'obésité qui tenait le second rang dans la liste des maladies associées au diabète. Sur 1000 diabétiques, j'ai signalé 195 fois l'obésité. Sur 1000 malades atteints de lithiase biliaire l'obésité se rencontre 242 fois. Sur 1000 malades non diabéti({ues, il y avait 67 obèses; sur 1000 malades qui ne souffrent pas de

TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION

lithiase biliaire, il y a 67 obèses. Le rapport ^ = 5,61, nombre qui étant notablement supérieur à l'unité, indique, bien plus que la frécpience, l'étroitesse de la parenté morbide. Si l'on fait l'estimation croisée on reconnaît que sur 1000 obèses il y aurait 9*2 cas de lithiase biliaire et que cette dernière maladie ne compterait que pour '2*2 cas sur un ensemble de 1000 malades non obèses. Le rapport^ = 4,18 a aussi une valeur très élevée qui affirme plus énergiquement encore la liaison entre la lithiase biliaire et l'obésité. A vrai dire, la maladie fréquente, l'albuminurie simple est tout aussi souvent constatée chez les personnes atteintes de lithiase biliaire, 242 fois sur 1000 cas, plus souvent même que chez ceux qui ne souffrent pas de cette lithiase, 160 fois pour 1000 ; mais le rapport 1,51, quoique révélant une certaine affinité, est bien loin de mettre sur le même pied Falbuminurie et l'obésité dans leurs relations avec la lithiase biliaire. Cette différence s'accuse beaucoup plus pour les autres maladies fréquentes où les rapports deviennent très notablement inférieurs à l'unité. Ils sont pour la dilatation gastrique 0,60 et 0,57; pour la névropathie 0,81 et 0,79; pour la dyspepsie 0,46 et 0,4'2; pour le gros foie 0,40 et 0,57; pour la néphrite 0,46 et 0,45. Au contraire, comme on en jugera par l'examen du tableau suivant, les maladies dont nous avons signalé les rapports étroits avec le diabète et l'obésité se trouvent aussi intimement liées à la lithiase biliaire.

Indépendamment des particularités que j'ai déjà relevées, on voit la confirmation de cette remarque faite par un bon nombre de cliniciens, de la fréquente coïncidence de la lithiase biliaire et de la lithiase urique : les rapports sont très élevés, 7,85 et 8,14. Et pourtant la lithiase biliaire est surtout une maladie féminine et la lithiase urique est surtout une maladie masculine. C'est précisément pour cette raison que la goutte, cjui est presque exclusivement une maladie masculine, manque dans le cortège de la lithiase biliaire. On remarquera la fréquence de deux états morbides associés à la lithiase biliaire, Tictère chronique avec ses rapports 8,71 et 6,96 et surtout l'infection des voies biliaires avec ses rapports 91,00 et 50,00. Dans les deux cas, la dépendance est une dépendance directe de cause à effet. C'est la lithiase qui produit l'ictère chronique; c'est la lithiase qui favorise l'infection de la vésicule et du canal hépatique, la migration ascendante des bactéries intestinales. Si la lithiase biliaire était la seule cause de ces deux états morbides, le second rapport serait encore plus élevé et le premier serait égal à l'infini. Je n'ai indiqué que les infections des voies biliaires qui sont reconnaissables, celles qui s'accompagnent de la tuméfaction congestive du foie ou au moins de la sensation de pesanteur et de cette fièvre à type pseudo-intermittent dont les accès parfois si violents débutent par ces frissons qui rappellent ceux du paludisme ou de la pyémie. Je n'ai pas parlé de ces infections qui ne se manifestent pas et qui ne produisent pas d'effets, au moins d'effets appréciables. Ces infections silencieuses existent, et c'est à elles qu'on pense pouvoir attribuer cette

AFFINITÉS MORBIDES DE LA LITHIASE BILIAIRE

cholécystitc catari'lialc qui, aiuenant sur quelque point la chute de ré[)ithélium de la vésicule, rendrait possible une transsudation plus riche en chaux que le produit de sécrétion de la cellule hépatique. Ainsi serait rendue possible, sans modification de la santé générale, cette action de la chaux sur les sels biliaires et les savons biliaires alcalins, leur précipitation à Tétat de composés calcaires et comme conséquence la suppression des conditions de la dissolution de la cholestérine dans la bile. C'est toujours le mécanisme que j'invoquais pour expliquer cette précipitation et la formation des calculs. Je supposais que la chaux excédante avait pour origine l'action d'acides non brûlés qui dissolvaient la chaux fixée dans les combinaisons organiques et augmentaient la proportion à laquelle elle est réduite dans la bile normale. Ceux qui, avec Naunyn, considèrent que le centre de cristallisation des calculs est un flocon d'exsudat provoqué par l'infection, admettent que Tcxsudat fournirait à la fois la substance qui causera la précipitation et le noyau autour duquel se fixeront les cristaux j)récipités. Hypothèse des deux côtés. Mais, s'il est vrai qu'un certain degré de cholécystitc fournira le noyau des calculs, il n'est pas douteux que, pour que ces calculs se produisent, il faut l'action permanente d'un état dyscrasique, d'un trouble de la nutrition sans lequel l'infection qui peut se produire chez tout le monde ne donnera pas de calculs. La preuve, c'est que la lithiase biliaire est réservée à une catégorie spéciale de personnes, à celles qui souffrent déjà d'autres maladies, non de maladies quelconques, mais de maladies de la nutrition, de maladies où la nutrition est troublée suivant le type du diabète sucré, de maladies à nutrition ralentie. La lithiase biliaire n'est pas le lot des êtres maladifs, c'est le lot de ceux qui ont, ou qui ont eu, ou qui sont destinés h avoir ces maladies qu'on voit associées aux calculs biliaires deux fois, trois fois, neuf fois plus souvent qu'aux autres maladies : l'obésité, le diabète, l'eczéma, la bronchite sibilante, le rhumatisme articulaire chronique, le rhumatisme d'Heberden surtout, l'asthme, les névrites, ce qu'on a appelé, ce qu'on appellera encore les maladies arthritiques. Pour avoir un calcul de la vésicule, il faut avoir une infection biliaire, je le veux, bien que je n'en sois pas absolument certain ; mais ce dont je suis certain, c'est qu'il faut de plus être un arthritique, c'est-à-dire appartenir à ce groupe d'hommes qui ont dans leurs destinées Vartiiritis, la goutte.

Je fais une dernière remarque : c'est que la lithiase biliaire, elle aussi, est une maladie accompagnée, moins que F obésité, plus que le diabète. Elle apparaît comme maladie isolée seulement 61 fois sur 1000 au lieu

de m.

TROUBLES PRÉALABLES DE LA NLTRimN.

LITHLVSE BILL^IRE

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