NOMBRE DES CAS DE LITHIASE URIQUE POUR 1000 CAS DE
NOMliRE LIES CAS DE LITHIASE URIQUE POUR 1000 CAS DE MALADIES AUTRES QUE LA MALADIE ASSOCIÉE.
Obésité
Dyspepsie
Albuminurie ....
Lilbiase biliaire. . .
Diabète sucré . . .
Né|)ln-ite
Goulte
Glycosurie
Névralgies
Angine (le poitrine .
iJroiubile sibilante .
lUnunalisine articu-
laire cbroiiiipie . .
(lalop. ......
Dilatation gaslri(|ue .
Ec/énia
Hémorroïdes. . . .
Névropatbie ....
Porte des réllexes. .
Nïcotinisme ....
Hypertro])bie cardia-
que
Œdèmes fugaces . .
Rétrécissement aor-
tique
Ectopie rénale . . .
Hypocondrie ....
Anémie
Migraines
Rhumatisme d Heber-
den
Rluunatisme muscu-
laire
dassociation
morbide 20 au lieu de 207 pour 1000.
Dans ce tableau nous trouvons signalée la glycosurie simple avec une relation plus intime encore que le diabète. Ce n'est pas à proprement
AFFINITÉS MORBIDES DE LA LITHIASE URIQUE
parler une nouveauté, car la glycosurie simple se trouve déjà dans la liste des associations morbides de l'obésité ; l'étroitesse de la relation était indiquée par les rapports 2,53 et 2,08. Dans la série des coïncidences morbides de la lithiase urique, les rapports sont 5,45 et 5,00. Quelle est cette glycosurie inscrite en face et en dehors du diabète? Ma conviction est qu'elle n'a pris place dans la liste de ces maladies que par le fait d'une erreur de diagnostic volontaire. J'ai cédé à un scrupule, ne voulant pas inscrire comme diabète un cas qui pourrait prêter à contestation, ne voulant désigner comme diabète que les cas où la permanence, ou la régulière et quotidienne réapparition de la glycosurie ne pouvaient pas laisser place au doute. Mais il ressort de mes observations que ces cas ne sont pas des glycosuries toxiques ni des glycosuries par lésion des cellules ou des capillaires hépatiques. Les malades chez lesquels j'ai observé ces glycosuries étaient comme sont tous les diabétiques dans une certaine pétiode du développement de leur maladie. Leur nutrition est déjà ralentie, ils sont encore capables d'élaborer plus que la quantité de glycose normalement détruite, mais ils ne sont plus à même d'élaborer celle qu'un organisme normal serait en état de transformer. Leur activité glycolytique n'est plus 1,00, elle est voisine de 0,60. Il suffit à ce moment du moindre excès dans l'apport pour que l'avidité des tissus soit dépassée et pour que le sucre excédant apparaisse dans les urines.
Les œdèmes fugaces se montrent pour la première fois ; leur liaison à la lithiase urique indiquée par les rapports 15,00 et 10,74 prouve que, s'ils n'ont pas d'aflinités avec toutes les maladies arthritiques, ils en ont au moins avec l'une d'elles et à un haut degré.
Le psoriasis a aussi une parenté certaine avec la lithiase urique, nous avons vu qu'il a des relations avec l'obésité, nous verrons qu'il en a avec le rhumatisme chronique et avec l'asthme. Le psoriasis entre dans le grou])e des maladies arthritiques, mais il y choisit ses relations. Il vient d'un autre groupe. Ses vraies parentés sont avec l'entérocolite, avec l'hypocondrie, avec la vésanie. S'il s'associe aux déformations articulaires, on peut se demander si c'est bien là le rhumatisme chronique arthritique ou si ce n'est pas plutôt un pseudo-rhumatisme spécial à la maladie psoriasique. On le voit, la statistique clinique ouvre, elle aussi, la porte à la discussion. Elle n'éclaire pas la médecine par un procédé purement mécanique. L'ancienne réserve est encore de saison : numerandx perpendendœ.
La parenté des maladies du cœur avec la lithiase biliaire est manifeste et, comme conséquence, on la voit s'accompagner d'angine de poitrine.
La lithiase biliaire» est à un haut degré une maladie accompagnée. L'absence d'association morbide ne s'observe que 26 fois sur 1000 cas.
Notre étude statistique ne nous renseigne pas seulement sur les parentés morbides. Elle montrée aussi les relations de causalité qui tiennent une maladie sous la dépendance d'une autre. Nous l'avons vu ])oiM' r.icétonémie par rapport au diabète, pour l infection des voies
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
biliaires et pour l'ietère chronique par rapport à la lithiase biliaire. Nous ' relevons dans le tableau deux rapports élevés concernant des maladies ([ui ne peuvent pas dépendre de la lithiase urique, mais qui exercent peut-être une influence sur son développement : l'intoxication chronique par le tabac poussée au point de devenir une véritable maladie et l'infection palustre.
Je me contente de signaler aux observateurs cette influence possible du nicotinisme sur la gravelle urique. Quant au paludisme, son rôle n'avait pas échappé à Verneuil, sinon dans la genèse des maladies arthritiques, au moins dans la production du diabète. Nous voyons par l'exemple de la lithiase urique et nous constaterons j)ar d'autres exemples que la détérioration de l'économie résidtant de rinf'ection palustre la dispose au ralentissement de la nuti'ition et, comme conséquence, à quelques maladies arthritiques.