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CHAPITRE PREMIER

LES CAUSES DES RÉACTIONS NERVEUSES

Importance des réactions nerveuses. — Causes provocatrices des réactions nerveuses , action des divers agents patliogènes. — Modifications des centres réactionnels. — Rôle de l'hérédité, de l'innéité, de l'éducation. — Inhibition des réactions nerveuses : la volonté, l'attention.

Importance des réactions nerveuses en physiologie et en pathologie. — A côté du milieu luuuoral, représenté par le sang et la lymphe, il l'aut faire une place au milieu dynamique, constitué par le système nerveux.

C'est le système nerveux qui assure l'unité de l'organisme, qui en solidarise les diverses parties, en régularise l'activité nutritive et fonction- 'nelle. Pour que la vie se maintienne, il faut que les celkdes soient plongées dans un milieu dont la constitution reste fixe et invariable ; si la quantité d'eau contenue dans le milieu vient à augmenter, le système nerveux stimule les sécrétions des émonctoires et notamment des reins; si l'eau diminue, il avertit l'être en traduisant la souffrance de l'organisme par un besoin spécial, la soif. En activant et en ralentissant les mouvements respiratoires, il dirige l'apport de l'oxygène et l'exhalation de l'acide carbonique. 11 préside à la régularité des excréta et des ingesta solides; la sensation de la faim, comme celle de la soif, ne siège pas dans l'estomac : c'est une impression générale dont nous avons conscience par le système nerveux. Il a encore pour mission de régler les activités nutritives et fonctionnelles des cellules, soit en agissant directement sur elles, soit en agissant indirectement par les modifications circulatoires qu'il détermine.

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LES RÉACTIONS NERVEUSES

Mais pour qu'il puisse intervenir, le système nerveux a besoin d'excitations, qui mettent en jeu son activité réflexe : ses actions ne sont que des réactions, se produisant au point excité et pouvant s'étendre à distance : il joue ainsi un rôle très important dans la généralisation des accidents consécutifs à une lésion locale.

Prenons un exemple très simple : supposons qu'un corps étranger, ou, comme on dit parfois, une épine inflammatoire, ait pénétré dans une partie de Forganisme. Sa présence provoque d'abord des troubles locaux, des réactions élémentaires qui se passent au point même de son introduction; ce sont les dystropbies cellulaires autonomes qui surviennent en dehors de toute intervention du système nerveux. Mais celui-ci ne tardera ])as à réagir. Son excitation se traduira par une sensation subjective, la douleur: puis se produira par une action réflexe, c'est-à-dire par une excitation des centres vaso-dilatateurs, une série de modifications vasculaires : les vaisseaux se dilateront autour de la partie atteinte; les exhalations interstitielles deviendront plus abondantes; il en résultera un apport ])lus considérable des matériaux combustibles et de la substance combuiante, Toxygène, et par conséquent une augmentation, souvent très marquée, des combustions locales. Nous concevons, dès lors, comment se produisent les quatre phénomènes cardinaux de l'inflammation : la rougeur qui résulte de Tafflux sanguin exagéré; la tuméfaction due à Fexsudation des plasmas et des cellules blanches, sorties par diapédèse; la chaleur relevant d'une exagération des combustions; la douleur enfin qui n'est plus la même que primitivement. Au début, c'était soit une douleur aiguë, soit une sensation de gêne, résultant de la présence du corps étranger; actuellement, tout dépend des réactions survenues dans le tissu malade : le sujet ressent des battements qui traduisent l'exagération de la circulation, une douleur pongitive due à la distension des tissus, à la congestion des parties voisines.

Yoilà donc toute une série de réactions, mais de réactions locales, se produisant au point même qui a été vulnéré. Ce ne sont pas les seules manifestations qui puissent survenir. Sou^s l'influence de la même cause, on ol)serve des actes réflexes portant sur la nutrition de l'organisme ; il en résulte une élévation de la teuipérature générale, une augmentation dans la production des matières excrémentitielles et de l'acide carbonique. Dès lors pour fournir aux échanges plus actifs, la circulation devient plus rapide; la respiration est accélérée; une quantité plus considérable d'eau étant nécessaire pour dissoudre les substances produites et les entraîner au dehors, il en résulte une sécheresse des muqueuses et une sensation de soif. Mais la sécrétion rénale étant en même temps modifiée, l'urine peut être moins abondante. Ces divet's troubles, retentissant sur la composition du sang, provoquent de nouvelles réactions nerveuses et, secondairement, des décharges intermittentes, consistant en sueurs et en flux bilieux.

Ainsi la lésion primitive a suscité des réactions générales; elle a mis

LES CAUSES DES RÉACTIONS NERVEUSES

en inouveineiit tous les rouages de l'organisme : c'est rinsurrection locale <jui trouble la quiétude du gouverneuient.

Mais il existe un autre mode de généralisation où les réactions nerveuses vont encore intervenir.

Reprenons l'exemple de l'épine, ou plutôt supposons une plaie sans corps étranger, mais souillée par des gennes infectieux. Les microbes vont se multiplier et pénétreront dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques: dans ce dernier cas, un instant retenus par les ganglions, ils linil'ont ])ar franchir cette barrière et arriveront encore dans le sang. Ce milieu ne leur étant guère favorable, ils iront se déposer dans les tissus, les mu(pieuscs, les séreuses, les glandes, et y donneront naissance à des foyers secondaires, qui ne tarderont pas à provoquer de nouveaux phén o m ènes réactionnels .

(le n'est pas seulement par les lésions locales (pi'elle détermine que l'infection met enjeu les réactions nerveuses; c'est aussi par les matières soluljles auxquelles elle donne naissance et qui, en excitant ou paralysant les diverses parties du système nerveux, vont susciter une série de troubles secondaires. Théoriquement, il est impossible de concevoir une lésion, quels que soient son siège, son étendue et son intensité, dont les eîfets restent locaux. Mais les manifestations secondaires sont évidemment fort variables : tantôt elh^s sont tellement légères qu'elles passent complètenjcnt inaperçues; tantôt, au contraire, elles sont tellemejit marquées qu'elles dominent la scène morbide. La lésion, qui a servi de point de départ aux manifestations nei veuses, peut dès lors être rejetée au second plan ou même rester entièrement latente : tel est le cas de l'enfant qui est pris de convulsions à l'occasion de vers intestinaux.

L'intensité et la nature des manifestations réactionnellcs dépendent, connue toujours, de deux facteurs : il nous faut donc passer successivement en revue le rôle des causes provocatrices et le mode de réaction de l'organisme atteint, il sera fticile de se convaincre que l'état de l'organisjue est le facteur de beaucoup le plus important : des causes en apparence futiles peuvent, sur un terrain prédisposé, susciter des réactions extj'êmement vives.

Causes provocatrices des réactions nerveuses. — Sans faire une é'tude couq)lète des agents d'excitation, nous devons envisager lapidement \guv inlluence et passer en revue les diiïérents groupes de causes pathogènes.

Les agents mécaniques sont généralement exogènes, extérieurs à l'organisme. Quelques-uns cependant naissent dans l'organisme lui-même , les calculs hépatiques ou urinaires, les embolus n'agissent pas autrement que des corps étrangers venus de l'extérieur. Dans les deux cas, les agents mécan'upies provoquent, au point d'application, une série de lésions locales, dont l'étude a déjà été faite à propos des dystrophies élémentaires autonomes (t. I, p. 515). Mais ils suscitent aussi une série de réactions (|ui [)euvent se traduire par des modifications locales et générales; loca-

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LES RÉA(T10NS NERVEUSES

lenient ce sont les congestions, les spasmes, les troubles sécrétoires, c'est une sorte de réllexc en navette aboutissant au point de départ. En méuic temps les manifestations peuvent difï'user; suivant Tintensité, rétendue de Tagent vulnérant, suivant la sensibilité réactionnelle du sujet, on observera des lipotbymies, des syncopes, des convulsions, parfois ce syndrome si important que nous étudierons complètement, le clioc nerveux .

Les agoUs physiques peuvent provoquer des troubles locaux et généraux seud)iables à ceux que déterminent les agents mécaniques. C'est ce (ju'on observe aussi bien sous Finthience du froid intense que de la clialeur (géliu'c, brûlure, coup de soleil) ou de la décharge électrique. Les manifestations locales, parfois très marquées, peuvent, dans d'autres cas, faire complètement défaut : témoin l'éternuement qui survient en passant de l'ombre au soleil et, chez certains sujets prédisposés, l'attaque d'hystérie ou de catalepsie à la suite d'une violente impression sensorielle, visuelle ou auditive. Les réactions nerveuses interviennent surtout dans la pro- (hiction des troul)les cpii acconq^agncMit les variations du baromètre ou du {bermomètre et dans la patbogénie des maladies dites a frigore. Si, dans ce dernier cas, il laut faire une large part l\ l'infection, il serait injuste de rejeter Lintervention des agents physiques qui, en créant l'opportunité morbide, ont préj)aré le développement de la maladie.

Parmi les agents ehimiques, les caustiques se comportent comme ceux des agents j)]iysiques qui déterminent d'abord des lésions locales. Quant aux toxiques, ils mettent souvent en jeu les réactions nerveuses; en agissant sur les cellules, ils augmentent ou diminuent les réflexes, modifient le fonctionnement des centres, provoquent les convulsions ou la paralysie, les troubles cardiaques et respiratoires, les vomissements, les manifestations psychiques, ivresse, délire, hallucinations. Parfois, enfin, les poisons, en déterminant des lésions viscérales, suscitent indirectement la production d'une série de troubles secondaires.

Les causes animées mettent aussi en jeu les réactions nerveuses. Les parasites intestinaux, par exemple, peuvent provoquer les convulsions, la syncope ; les affections cutanées parasitaires s'accompagnent souvent de manifestations à distance. Mais où le système nerveux intervient le plus activement, c'est au cours des infections : en sécrétant des toxines, les microbes agissent comme les poisons exogènes et suscitent une série de réactions qui expliquent, au moins pour une part, l'immunité et la prédisposition morbides et jouent un rôle important dans la genèse des symptômes et des lésions.

Reste une série de causes dont l'interprétation est souvent malaisée ; ce sont les causes psychiques. Toute impression morale détermine des modifications somatiques ; celles-ci peuvent même porter sur les fonctions viscérales; ainsi une mauvaise nouvelle arrête la digestion, une émotion provoque la diarrhée. Parmi les manifestations les plus fréquentes, nous citerons les palpitations cardiaques, les troubles respiratoires, les trem-

LES CAUSES DES HÉACTIO.NS NERVEUSES

blonionts, les convulsions, les paralysies, les inodilications vaso-motrices, anémie ou con«;estion, et les njanifestations intellectuelles : les idées deviennent tumultueuses, désordonnées, bizarres, ou bien, au contraire, une idée surfit (jui inbibe toutes les autres; le jiolyidéisuH^ antérieur est remplacé par le ujonoidéisme.

Tous ces troubles d'origine psycbique rentrent bien dans le groupe des réactions nerveuses, car ils ont été provoqués j)ar une excitation externe; il est évident que Tètre (pii serait, [)ar bypotlièse, en dehors de toute excitation, sensitive ou sensorielle, c'est-à-dire de toute modification dans l'intensité ou la nature de ces excitations, ne subirait aucun cbangcment, pas plus dans le domaine psycbique que dans le domaine somatique. Seulement c'est surtout en matière psychique que l'individualisme du sujet apparaît le plus nettement, ce qui a l'ait dire fort justement à Cabanis que les impressions sont dans nous-mêmes et non dans les ol)iets.

Suivant l'état liéi'éditaire ou acfpiis, les réactions seront modifiées dans leur intensité, leur nature, leur moment d'apparition. Les gens faibles, les enfants, sont incapables de cacher l effet produit; les réactions sont intenses et immédiates, elles ont véritablement le caractère instantané et fatal du réllexe. Chez l'homme, dont la volonté est plus puissante |)ar hérédité ou par éducation, les réflexes peuvent être inhibés ou retardés; un individu énergique supporte, sans aucune émotion apparente, une mauvaise nouvelle, quitte plus tard à présenter une série de troubles qu'il a ])fi masquer et (pii n'apparaîtront qu'après un certain tenqis.

Nous sommes ainsi conduits tout naturellement à étudier l'iniluence du deuxième facteur que nous avons admis et à rechercber «juelles sont les modifications que peuvent subir les centres réactionnels.

Modifications des centres réactionnels. — Les causes qui interviennent pour modifier le |)ouvoir réactionnel des centres peuvent être divisées en deux groupes : les unes sont représentées par les agents externes; ce sont des causes générales qui exercent leur inlluence sur tous les êtres vivants; les autres, d'ordre interne, sont des causes spéciales, expliquant le particularisme congénital ou acquis des différents êtres, rendant compte des susceptibilités individuelles.

Influence des excitations sensitivo-sensorieUes sur le pouvoir réactionnel des centres. — 11 est bien évident que le pouvoir réllexe sera modifié, toutes les fois que se produira un changement dynamique dans Tétat des parties qui servent de point de départ aux impressions centripètes, des centres auxquels elles se rendent, des organes auxquels aboutissent les voies centrifuges.

fout changement dans la sensibilité des parties excitées modiliera le pouvoir réactionnel : l'hyperesthésie cutanée, par exemple, en rendant les impressions plus vives, augmentera l'énergie des réactions; l'anesthésie aura un effet inverse et, si elle atteint un haut degré, les réactions pourront être complètement supprimées. Des modifications

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LES RÉACTIONS NEKYEUSKS.

semblables peuvent se produire sur toutes les parties sensibles, et sur les organes sensoriels; leurs conséquences sont faciles à saisir. Quant à leurs causes, elles sont évidenunent multiples : tantôt les modifications de la sensibilité péripbéiique résultent de maladies antérieures ou actuelles; tantôt elles sont produites accidentellement; c'est ce qu'on voit si souvent sous rinfiuence des agents physiques, des applications froides ou chaudes, qui provoquent chez tous les sujets des changements dynamiques dans les apj)arei!s récepteurs.

Cependant les phénomènes sont souvent plus complexes qu'il ne semble au premier al)ord. Tout agent qui modifie la sensibilité péiiphérique retentit forcément sur les centres. Si, par exeuq)le, la peau devient plus sensible, les excitations imperceptibles qui s'exercent constamment à sa surface, iront modifier les centres réactionnels ; réci|)roquement, l'abolition ou la diminution de la sensibilité devra supprimer l'influence de ces excitations inconscientes qui jouent un rôle si iuq^ortant dans le fonctionnement des centres nerveux.

On s'explique ainsi rinq)ortance thérapeutique des agents physiques qui stiuudent les tégimients, des frictions sèches ou humides, des bains et des douches. C'est peut-être dans des effets de ce genre qu'il faut chercher le secret de l'action des eaux minérales : les cellules nerveuses périphéiiques ou même toutes les cellules vivantes doivent posséder une sensibilité qui dépasse de beaucoup celle des réactifs chimiques. Les êtres inférieurs, comme l'ont montré Raulin, Nœgeli, peuvent dételer des quantités d'argent ou de cuivre tellement minimes que l'imagination en reste confondue : 1 pour 1 000 000 000 d'un sel de cuivre empêche le développement de la spirogyra; de l'eau dans laquelle on met une pièce d'or dissout assez de cuivre pour faire périr ce végétal. Si i on envisage les êtres supérieurs, ne voit-on pas les nerfs olfactifs influencés par des parfums, c'est-à-dire par des émanations qui ne sont plus pondérables, et cependant ces parfums peuvent exercer une action assez puissante pour provoquer divers phénomènes réactionnels, depuis la nausée et le vomissement jusqu'à la migraine, l'accès d'asthme ou l'attaque d'hystéi'ie. On conçoit dès lors que des traces inappréciables de diverses substances contenues dans les eaux minérales, ou bien des coml)inaisons particulières, l'union de l'argon, par exemple, avec certains métaux rares, puissent agir sur nos expansions nerveuses périphériques et, par réaction nerveuse, modifier profondément l'état de la mitrition.

C'est aussi par une action sur le système nerveux terminal que s'exerce l'influence du froid, du chaud, des variations hygrométriques, toutes conditions qui retentissent également sur l'état somatique et l'état psychique des êtres. C'est un fait l)ien connu que nos pensées et nos sentiments ne sont pas les mêmes sous les différents climats et aux différentes saisons; ils varient souvent avec les heures d'une journée ; l'influence de la lumière, du crépuscule, de la nuit, l'influence de l'orage, du brouillard, du soleil, s'expliquent en grande partie par des modifications de nos ternn'naisons

LES CAUSES DES KÉACT10^S NERVEUSES

nerveuses : leur action se fait sentir sur tous les êtres ; elle varie seulement d'intensité suivant les prédispositions individuelles.

Si la plupart des causes agissent à la fois sur le système nerveux sensitif et sensoriel, il en est qui retentissent sur Tidéation, simplement par les modilications qu'elles provoquent dans nos sens. La vue du sang est un puissant excitant j)our certains animaux et pour certaines races humaines inférieures. Chez les individus de tempérament délicat, la musique et la poésie exercent sur le psychisme une influence très marquée et provoquent parfois la réminiscence de morceaux connus oti la création de productions nouvelles. Si l'impression musicale, c'est-à-dire une impression sensorielle spéciale, stimule les centres de la production musicale, on voit parfois des excitations auditives, nullement harmonieuses, produire le même elfet. Nous avons connu un musicien qui ne pouvait faire ses compositions qu'en voiture, l'excitation auditive produite par le hruit du véhicule hii était nécessaire pour mettre en activité ses centres nerveux.

C'est aussi par les impressions sensorielles que se produit la contagion des accidents nerveux qui parfois se propagent sous forme épidémique. Une hystérique est prise de convulsions quand elle voit ou elle entend une autre malade atteinte des mêmes manifestations. Dans cet exemple hien connu, la contagion ne s'opère que sur des êtres prédisposés ou plutôt sur des êtres déjà malades. Mais elle pourra engendrer de violentes é|Hdémies quand elle s'exercera sur des individus j^lacés dans des conditions déprimantes. Les calamités sociales provoquent une excitation anomale du système nerveux, elles augmentent notre penchant au surnatur(d et suscitent une série de vésanies que diffusera notre tendance à l'imitation.

Durant les grandes pestes des temps anciens ou du moyen âge, la frayenr ou plutôt l'instinct de la conservation avait hrisé tous les liens sociaux. Thucydide a tracé un tahleau saisissant des atrocités qui se commirent pendant la peste d'Athènes. Même description dans Procope, pour la peste du iv" siècle : il n'y avait plus de respect humain, ni d'hypocrisie, et les laideurs morales s'étalaient au grand jour. Guy de Chauliac, |)Our la peste du xiv*" siècle, rapporte des faits analogues : on mourait alors sans serviteur, enseveli sans prêtre; le père ne visitait pas son hls, ni le (ds son père; la charité était éteinte, respérancc anéantie.

En même temps, le malheur fait naître le soupron; dans les épidémies anciennes, on torturait les Juifs; dans les épidémies récentes, dans les ('pidémies de choléra de j850, de l(S()5, on accusait les marchands de (h'nrées ou les ])orteurs d'eau d'empoisonner la population. Ailleurs, et tout réccumient en [\ussie, ce fut contre les médecins que se déchaîna la fureur populaire.

La folie, qu'engendrent les grandes épidémies, peut revêtir un côté mystique, telle fut l'origine de la secte des llagellants.

Mais ce sont surtout les manifestations hystériques qui ont sévi sons

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AU

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forme épiclémiquc. Au xiv*^ siècle, c'est la chorée, qui frappe TAllemagne et les Pays-Bas et dont les formes les plus connues sont représentées par la danse de Saint-Jean et la danse de Saint-Guy. Au xyf et au xvif siècle, nous trouvons les épidémies de possession démoniaque, dont la triste histoire des Ursulines de Loudun constitue l'exemple le plus célèbre. Ces épidémies renaissent sans cesse, et, aune époque contemporaine, on peut citer celles de Morzines (1861), de Yerzegnis (1880), de Plédran (1881), de Jaca (1881). Enfin, au xviif' siècle, ce sont les convulsions de Saint- Médard et, au xix% les revivais et les camp-meetings américains et irlandais : pendant un revival méthodiste en Cornouailles, 4000 personnes tombèrent dans les convulsions.

Influence des monvements musculaires sur le pouvoir réactionnel (les centres. — Nous avons étudié jusqu'ici les influences qui agissent sur le système nerveux, sensitif ou sensoriel. 11 existe un certain nombre de circonstances où les réactions nerveuses ont été stimulées par des contractions musculaires; pour s'entraîner à une course, on fait au préalalde quelques mouvements; on éveille, pour ainsi dire, les cellules qui vont agir. Parfois les mouvements stinudent des centres plus ou moins éloignés : c'est ainsi que bien des gens, avant de se mettre à un travail intellectuel, s'étirent les bras et les jambes. 11 est probable que, dans ces divers cas, les contractions musculaires agissent par voie centi'ipète; elles excitent les centres de perception des mouvements.

Action (llrecle sur les centres nerveux. — Si, le plus souvent, les centres sont stimulés par des excitations péri|)hériques sensitives, sensorielles ou motrices, il est d'autres causes qui agisseiit directement sur eux : tels sont les agents toxiques (pii, pour la plupart, peuvent exercer deux effets opposés : suivant les doses, ils provoquent la dynamogénie ou l'inhibition. La strycbnine est le type du genre : de petites (juantités mettent les centres médullaires dans un tel état (pie la moindre (\\citation péiiphéricpie provoque un violent tétanos; des doses élevées j)ioduisent l'eifet contraii e; elles paralysent les centres réflexes.

Il faut remarquer cependant qu'une même substance peut se conq3orter différemment suivant les individus; tel est l'opiuu}, (pii tantôt augmente, tantôt diminue le pouvoir l éactionnel.

Ce ne sont pas seulement les poisons exogènes qui agissent sur les centres nerveux ; les ])oisons nés dans l'oj'ganisme ont le même effet ; mais nous ne reviendrons pas sur cette question, qui a déjà été sufhsamment étudiée.

Si les agents chimiques jouent le principal rôle, les agents physiques et même les mécaniques peuvent également intervenir : le froid et la chaleur, portés directement sur les centres nerveux, modihent leur fonctionnement ; c'est ce qu'on réalise expérimentalement et ce qu'on observe quelquefois en clinique à la suite des larges plaies de la paroi crânienne, exposant les parties sous-jacentes aux agents physiques. De même la compression mécanique exercée sur les centres par une esquille, une tumeur, peut provoquer des convulsions ou des manifestations épileptiformes.

LES CAUSES DES RÉACTIONS NERVEUSES

Rôle des nwd t/i cal ions survenues dans les voies cenlrifiiges, — Après avoir étudié les niocliiicatioiis qui surviennent dans les réactions nerveuses suivant Tétat des voies centripètes et des centres, il nous faudrait rechercher rinfluence des troubles qui atteignent les voies centrifuges et leurs terminaisons. Pour ce qui est des voies de conduction, il nous suffit de citer l'influence des altérations médullaires ou nerveuses ; les crampes, les contractures, les tremblements, les parésies, sont les manifestations les plus connues des impressions centrifuges passant par des conducteurs altérés.

i.'n a beaucoup moins étudié les résultats produits })ar Taltération des organes où aboutissent les excitations.

Quand la partie est enflammée, une excitation légère peut provoquer un spasme ou une contracture réflexe. S'il s'agit d'organes importants, leurs altérations matérielles peuvent préparer le développement d'accidents graves ou même funestes; luie impression vive amène im arrêt passager du cœur chez un individu sain ; elle entraine une syncope mortelle chez un cardiaque. Enfin les résultats de l'excitation varient encore dans un grand nombre de maladies infectieuses ou toxiques : rien de démonstratif, à cet égard, comme l'euqDoisonnement par la vératrine; le muscle est dans un tel état que toute excitation provoque, par voie réflexe, une contracture durable.

Des conditions individuelles qui modifient les réactions neigeuses; influence de V espèce, de la race, du sexe, de Vage. — De tous les êtres ([ui habitent la terre, l'homme est celui dont les réactions nerveus(;s sont le plus facilement mises en jeu ; un léger clioc sur le testicule détermine des accidents réactionnels souvent fort graves; nous avons constaté que l'écrasement de cette glande ne produit rien de semblable chez le chien. La suractivité des centres nerveux rend compte de ces diiïé renées : elle e\j)li(pie aussi que les réactions soient plus intenses dans certaines races humaines ou dans certaines classes; il s'agit alors de prédispositions héréditaires, augmentées pai' une série de causes (pii ont agi sur Tètre depuis sa naissance, travail intellectuel excessif, préoccupations morales, etc.

L'intensité et la nature des réactions varient encore avec le sexe et l'âge. Les femmes réagissent plus facilement que les hommes; des causes psychiques ou physiques, en réalité foi t légères, peuvent provoquer chez elles des manifestations réactionnelles très manjuées. On en voit qui, au moindre bruit, tressaillent ou sont prises d'un accès de palpitations; parfois les phénomènes vont plus loin et aboutissent à la syncope; ailleurs surviennent des réactions vaso-motrices, sécrétoires, (pii se traduisent par des pâleurs, des rougeurs subites ou des pleurs.

Cette inlhiencc du sexe est surtout marquée pendant la période génitale; elle n'existe pas encore dans les premières années de la vie, où la susceptibilité nerveuse est aussi grande chez les gareons et chez les biles; elle disparait à un âge avancé, Taptitude réactionnelle dhninuant et s'alïaiblissant dans les deux sexes. Elle se modihe encore pendant les

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principaux actes delà vie oénitale : la iiienstmation et surtout la grossesse exercent, à ce point de vue, une influence bien connue.

Chez les enfants, quel que soit le sexe, le système nerveux réagit à peu près comme chez la femme; des causes extrêmement légères mettent en jeu sa sensibilité; à Tétat physiologique, c'est la facilité du rire ou des pleurs; à l'état pathologique, c'est la fréquence du délire et surtout de l'éclampsie. Les attaques convulsives éclatent, comme on sait, à la moindre cause d'irritation : un corps étranger, l'évolution des dents, la présence de vers intestinaux, provoquent fréquemment ces manifestations réflexes.

Cbez le vieillard, au contraire, la sensibilité du système nerveux est j)rofondément émoussée ; on voit s'établir chez lui une indillerence progressive, tant physique que psychique : le vieillard est un être qui ne réagit plus: il ne s'intéresse plus à ce qui l'entoure; son afi'ectibilité s'émousse, sa sensibilité devient obtuse. Une maladie éclate-t-elle, ladouleur est peu intense, les manifestations sympathiques font souvent défaut. Aussi les aft'ections aiguës peuvent-elles évoluer d'une façon insidieuse ; la jmeumonie, par exemple, ne provoque aucun trouble, et Ton est surpris, à l'autopsie, que des lésions aussi profondes n'aient pas suscité de réactions nerveuses.

Rôle (Je rin'r(klité, de rinnéité, des causes adventices. — Parmi les conditions individuelles qui peuvent modifier les réactions nerveuses, il faut citer, (mi ])remière ligne, l'hérédité et 1 iiméité.

On |)eut expliquer les influences héréditaires par des influences nutritives (\ui se font sentir sur tous les éléments de l'organisme ou sur les éléments (rmi seul système. Or, c'est surtout dans le système nerveux qu'on suit le plus facilement le rôle de Thérédité, qui aboutit à la production des familles névropathiques. Mais la dystrophie nerveuse des parents, même lorsque elle est déjà héréditnire cbez eux, n'est pas forcément permanente; l'être vient au monde prédis])osé au nervosisme. Les manifestations morbides poui i ont n apparaître que tardivement, ou au contraire s'atténuer avec l'âge; il leur faudra par exemple, pour se manifester, Finfluence des soucis, des excès, des impressions dépressives de toute sorte; c'est pourquoi les troubles névropathiques sont souvent plus tardifs chez l'homme, plus |)récoces cbez lafeuune, et vont en dimiimant assez vite chez cettedernière. On conçoit donc que l'hérédité nerveuse, surtout si elle dérive du père, soit peu marquée chez les ])remiers enfants, qu'elle éclate chez ceux qui sont j)rocréés pendant la })ériode de suractivité sociale, (pi'elle soit remplacée par de l'apathie chez ceux qui sont conçus à un âge avancé. Si nous considérons, d'autre part, l'inlluence des névropathies acquises ou passagères, nous couq)rendrons comment les enfants d'une même famille peuvent conq:)lètement difl'érer les uns des autres.

Le rôle de l'innéité doit être envisagé séparément chez les deux générateurs. Chez le père, il huit tenir compte des maladies ou des troubles de la santé, qui surviennent pendant la période de formation et de croissance des spermatozoïdes et de l'état au luomentdela conception. Chez la mère.

LES CAUSES DES RÉACTIONS NERVEUSES

les iiîéiries causes se font sentir pendant la formation et la croissance de Tovule et au moment de la conception; mais, de plus, leur inlïuence se prolonge pendant toute la durée de la grossesse.

Or les états morbides ont pu être transitoires : le prodoit en garde la trace, soit qu'il se hâte de manifester son type nutritif vicieux par des maladies embryonnaires ou fœtales, aboutissant àdes malformations, soit qu'il vienne au monde faible, délùle, incapable de prolîter pendant l'allaitement, soit enfin que les manifestations soient reculées à une période souvent lointaine, se traduisant alors par ces états morbides qui constituent les diathèses.

L'hérédité et Tinnéité ne sont le plus souvent que des dispositions morbides : elles préparent le terrain, et leur action sera complétée par les influences pathogènes qui vont traverser la vie du sujet. Souvent, sans ces causes nouvelles, la tare inhérente au moment de la naissance ne se serait jamais manifestée; on conçoit ainsi qu'on puisse empêcher ou modifier les conséquences de l'innéité, que les influences héréditaires ne soient pas fatales et puissent disparaître assez rapidement.

Dans d'autres cas, l'être sera soumis à des causes adventives : les unes d'ordre moral, intellectuel, psychique, s'exercent sur le système nerveux ; ce sont celles qui ont peut-être le plus d'intérêt et le plus d'importance à notre époque. Mais il faut reconnaître que des influences qui, au premier abord, ne semblent pas devoir jouer un grand rôle, peuvent réveiller tout d'un coup une série de réactions anomales; les maladies infectieuses et les intoxications méritent d'être placées en première ligne : elles servent d'agents provocateurs et peuvent laisser, à la suite de leur passage, toute une série de troubles permanents, liés ou non à des lésions anatomiques. La maladie générale (pii a traversé Torganismea porté ses effets sur le système nerveux, prédisposé par l'hérédité et la suractivité antérieure.

C'est ainsi que se créent les vulnérabilités, les prédispositions morbides ; c'est ainsi que les individus dilTèrent les ims des autres : l'individualité pathologique est engendrée, d'une part, parriiérédité et l'innéité, d'autre part, par les influencés morales, sociales ou physiques ayant agi après la naissance.

La vulnérabilité Jiiorbide peut tenii' à une diminution de la résistance vitale ou à une augmentation de l'excitabilité nerveuse. Dans le premier cas, les réactions sont lentes, la répar;ition ou la cicatrisation se fait tardivement, les plaies sont facilement eiîvahies par les agents pyogènes; les moindres lésions peuvent provo(pier des dépôts uratiques.

Si l'excitabilité nerveuse est exagérée, les réactions peuvent devenir trop intenses ; ellesdépassent en quelquesorte le but : maiselles varient notablement d'un sujet à l'autre. Supposons (pie dix individus soient soumis à un coiq) de froid : chez certains d'entre eux, il ne surviendra aucun trouble ; chez les autres, on verra se développer un coryza, de la bronchite ou même une pneumonie, ou bien ce sera de la diarrhée, ou du lumbago, des névralgies, du rhumatisme. 11 est vrai que, parmi ces manifestations.

[CH. BOUCHARD et G. H. ROGER.}

LES MÉACTIONS MERVEUSES.

plusieurs sont complexes et doivent être mises sur le com])te d\\ne infection surnjoutée; à\\n autre côté, il est souvent difficile de dire, dans un cas donné, s'il s'agit d'une diminution de la puissance vitale ou d'une augmentation du pouvoir réactionnel. Ces deux états différents peuvent produire des effets semblables; ils se développent dans des conditions analogues, sous l'influence de l'hérédité, des écarts hygiéniques, des maladies antérieures ; tous deux enfin peuvent être passagers ou durables ; dans le preiuicr cas, ils créent l'opportunité morbide, dans le second, la prédisposition.

Inhibition des réactions ner¥euses; volonté, attention. — Ce que nous avons dit des influences qui modifient les réactions nerveuses suffit li démontrer condjien, pour une même excitation, elles varient de nature et d'intensité. Il peut même se faire que le réflexe soit arrêté et que l'excitation ne se traduise par aucune manifestation réactionnelle apparente. La volonté n'est pas autre chose : c'est le pouvoir que possèdent les centres psychiques les plus élevés d'atténuer ou d'arrêter la mise en activité d'autres centres. C'est une puissance inhibitoire, qui arrive à suspendre la plu[)art des actes réflexes, même les actes vasojuoteui s; si elle est sufiisaunncnt énergique, elle empêche de pâlir ou de rougii' sous rinfluence des émotions les plus violentes. Mais, chez un giand noiid»ie de persoimes, ce résultat ne peut être obtenu que par la mise en action (h; divers centres moteurs ou sensitifs : pour ne pas se mettre en colère, pour ne pas crier, pour maîtriser nne émotion, on se serre les mains, on s'enfonce les ongles dans la chair, on se mord les lèvi-es; dans les cas de ce geni'e, les centres inhibitoires de la volonté, incapables d'arrêter comj)lètement les réflexes, doivent faire entrer en jeu l'activité d'autres centres. Or, c'est justement par ce mécanisme que l'éducidion arrive à susciter des états antagonistes qui retardent ou em |)êchenl les réflexes: un enfant se met facilement en colère; (pi'on le gronde, la colère s'arrête, mais des pleurs se produisent. L'éducation, l'habitude, jouent donc un gi'aud rôle dans le développement de la volonté et viennent compléter l inthience de l'innéité et de l'hérédité.

De même que tous les centres, ceux de l'inhibition volontaire jjeuvent subir des modifications fonctionnelles nombreuses : la volonté, nulle chez l'entant, (pii n'est, suivant l'expression de Virchow, qu'un être spinal, reste généralement peu marquée chez la femme ; elle atteint son dévelo|)|)ement le plus grand chez l'adulte et s'affaiblit chez le vieillard. Chez tout le monde, elle peut subir des éclipses j)lus ou inoins dural)les : l'homme le plus énergique |)asse par des moments d'a[)atliie ou de découragement. Mais c'est surtout dans les états morbides que la volonté diminue; dans les maladies aiguës ou chroniques, dans les intoxications, elle peut s'aîlaildir au point que les réactions nerveuses reprennent le caractère de fatalité qu'elles semblaient avoir perdu.

Les réactions nerveuses peuvent encore être modifiées par l'intervention d'une autre manifestation psychique, comparable cà la volonté.

LES DIVERSES MAMFESTAÏIONS DES RÉACTIONS NERVEUSES. m)

rattention. Son siège paraît être clans les lobes frontaux (Ferrier); quand elle entre en jeu, elle inhibe les autres centres et prend pour elle toute Tactivité nerveuse, c'est de l'isolement. L'attention peut devenir tellement prédominante dans certains cas, qu'une partie ou la totalité de nos moyens de relation avec le monde extérieur se trouve supprimée. Tel est le cas célèbre d'Archimède, qui ne voit ni n'entend le soldat qui va l'immoler : l'attention portée sur une question de mathématiques avait supprimé les impressions auditives et visuelles. Maine de Biran rapporte qu'il guérissait ses migraines en s'absorbant dans l'étude d'un problème difficile; l'attention supprimait les réactions de certains centres sensitifs. Ces exemples sont encore du domaine psychologique normal; mais, par une transition toute naturelle, on arrive au domaine pathologique où l'individu est complètement isolé du monde extérieur : c'est l'extase.

La volonté et l'attention ont pour effet, avons-nous dit, de retarder, d'entraver ou de supprimer les réactions nerveuses. 11 existe des états psychiques diamétralement opposés ; tel est le désir : c'est une tendance à un acte réflexe immédiat ; il est d'autant plus impérieux que la volonté est moins forte ; aussi est-il surtout développé chez l'enfant et dans les races sauvages. La civilisation, l'éducation, ont justement pour effet d'en atténuer les impulsions irrésistibles et de le soumettre au frein de la raison.

Il est inutile, croyons-nous, de multiplier les exemples; les quelques faits que nous avons rapportés suflisent à établir l'importance des réactions nerveuses, aussi bien en psychologie ou en physiologie qu'en pathologie. C'est un processus qui intervient <à chaque instant, qui explique un grand nombre de phénomènes, immédiats ou tardifs. Nous avons essayé d'établir quelles senties causes qui mettent en jeu les processus réactionnels, quelles sont les conditions capables de les exalter ou de les inhiber, d'accroître ou d'atténuer leur intensité, de modifier leur caractère primitif de fatalité; il nous faut maintenant envisager leurs effets, c'est-cà-dire étudier les manifestations réactionnelles (pii en sont les conséquences.

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