MUSCULATURE
Les variations de poids du corps, qui dépendent du développement plus ou moins grand du système musculaire, ne sont pas d'ordre constitutionnel, inné ou acquis dès l'enfance, et, en tout cas, permanentes comme celles qui résultent des divers degrés de la complexion. La musculature augmente surtout par le genre de vie, par l'activité corporelle habituelle ou par ces exercices savamment réglés qui conduisent à ce qu'on appelle l'entraînement. Alors le travail régulièrement accompli, scms fatigue, accroît la masse de la substance contractile et rend les muscles plus puissants, pourvu qu'une alimentation judicieuse favorise la fixation de l'albumine dans les muscles. Mais si les aliments peuvent aider le muscle amaigri à reprendre son volume normal, aucun artifice d'alimentation, s'il n'est aidé par un certain mode d'exercice, ne réussira à augmenter le poids d'un système musculaire normal, pas plus qu'il ne fera dépasser leur volume normal aux autres organes à composition azotée prédominante, exception faite pour le foie qui, d'ailleurs, quand il
MUSCULATLiRE.
augmente clu fait de ralimentation, augmente non par fixation d'albumine^ mais par fixation de graisse et surtout par accumulation de glycogène.
La musculature diminue par le défaut d'exercice, par l'inertie fonctionnelle, ce qui est physiologique. Alors l'atrophie musculaire ne s'accompagne pas d'atrophie adipeuse. La musculature diminue pathologiquement par certains troubles nerveux trophiques, ce qui encore ne s'accompagne pas d'atrophie adipeuse. Presque toujours les amoindrissements pathologiques du système musculaire sont dus à l'action des innombrables circonstances qui réalisent l'insuffisance de la récrémentition ou qui provoquent certaines intoxications à la faveur desquelles l'albumine musculaire se détruit. Du nombre sont les poisons des fièvres et en particulier les poisons des agents pyogènes. Ces atrophies du système musculaire marchent avec l'atrophie du tissu adipeux.
Mais, dans l'ordre d'idées où nous devons actuellement nous circonscrire, les variations pathologiques de la musculature sont hors de cause. Ce que nous cherchons, c'est ce que doit être le segment normal afin de le comparer à ce qu'est le segment réel. Or, la musculature dans ses divers degrés fait varier le poids de l'homme sans que pour cela on sorte nécessairement de l'état normal. Les variations de la musculature au-dessus et au-dessous du type normal se reconnaissent aisément. L'œil vous dit si un corps est plus ou moins musclé qu'il ne l'est dans le type moyen. Ce qui est difficile, c'est l'appréciation du degré de la musculature. On pourrait, je pense, s'en faire une idée en mesurant h une hauteur déterminée la circonférence d'un membre et en prenant sur un pli la double épaisseur de la peau et du tissu cellulo-adipeux sous-cutané, ce qui permettrait de calculer l'aire du cercle inclus dans le disque formée par la peau et les tissus sous-cutanés. En en retranchant l'aire de la section de l'os, humérus ou fémur, on aurait la surface de la section des muscles. Pour les hommes de même taille, le poids de l'ensemble du tissu musculaire est proportionnel à la surface de section d'un groupe musculaire. On conçoit facilement que cette méthode permettrait d'apprécier tous les degrés de la musculature. Ce n'est pas la méthode que j'ai employée. Celle qui m'a servi, et qui est incomparablement moins précise, repose sur l'appréciation faite à l'œil de musculatures moyenne, un peu forte^ forte et très forte ou faible et très faible. J'ai mesuré dans quelques cas le diamètre d'un muscle, le biceps, chez des sujets qui me donnaient riinpression qu'ils rentraient dans l'une de ces catégories. Ayant établi par le calcul la surface de section de ce muscle chez les sujets examinés, j'en ai déduit le volume comparé au volume moyen pris comme unité, et j'ai attribué à l'ensemble des muscles ce qui me paraissait établi pour l'un d'eux. De ces données, j'ai déduit pour chaque degré de musculature des coefficients qui permettent de corriger le poids du segment normal et le poids de l'albumine fixe du segment normal.
Le tableau suivant indique ces corrections.
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION