LE BESOIN D'ÉNERGIE NE RÉGIT PAS SEUL LA DESTRUCTION
ne sera pas livrée. Si 1 gramme (Valbiimine, dans les conditions physiologiques de sa destruction, est capable de fournir 4'^', 8, la combustion du sucre résultant du dédoublement de ce gramme d'albumine intervient pour dans Tenseudjle de ces 4'^"', 8. Ce sucre ne se brûle pas
nécessairement; mais il est le seul parmi les produits du dédoublement de l'albumine dont la combustion ne se fasse que ])roportionnellement aux besoins de Téconoiuie. L'hydratation de l'albumine excédante est nécessaire, certaines hydratations et oxydations secondaires s'exécutent aussi nécessairement. 11 en résulte un dégagement de 2'''*', 5, environ la moitié de ce que l'albumine peut livrer d'énergie à l'économie. Et ce dégagement se fait même s'il n'est pas sollicité, même s'il n'est pas utilisable. Il deviendrait nuisible si l'organisme n'était admirablement outillé, dans les conditions de son fonctionnement normal, pour se débarrasser du calorique excédant.
Ainsi une partie de l'albumine ingérée en excès subit la première phase de la destruction avec le dégagement de calorique qui en est la conséquence, même si aucun travail ni aucun besoin d'entretien de la température du corps ne sollicite cette destruction. Il y a donc une circonstance au moins où l'augmentation de l'apport augmente la destruction et le dégagement de la force sans que cette force trouve son emploi actuel. Vous trouverez la preuve de cette plus grande destruction liée à l'excès de l'apport en constatant dans l'urine l'élévation du chiffre de l'urée ou mieux de l'azote total. Mais vous n'en trouverez pour ainsi dire pas trace dans l'examen des changements survenus dans les actes respiratoires. Dans la formule de la destruction de l'albumine telle que l'a donnée A. Gautier, pour 1000 d'albumine hydratée il n'y a que 5,72 d'hydrogène dégagé qui consommeront seulement 29,8 d'oxygène. Il n'y aura pas d'acide carbonique produit. Autant dire que les produits de la respiration ne feront pas soupçonner la réalité de cette destruction de l'albumine quand elle est ingérée en excès et quand son élaboration n'est pas sollicitée par le besoin d'énergie. Mais que ce besoin vienne à être provo(pié, alors la seconde phase de la destruction de l'albumine se produit. Pour les 1000 d'albumine, les 558 de sucre qui résultent de son hydratation pourront se brûler en consommant en poids 595 d'oxygène et produisant 819 de GO*. Dans ce cas les urines ne diront plus rien, mais les gaz de la respiration vous renseigneront.
Il n'est donc pas exact de dire que, au moins pour l'albumine, l'excès de l'apport n'augmente pas la destruction qui seule serait provoquée par le besoin d'énergie. La destruction se fait sans cette sollicitation et s'accompagne du dégagement de la moitié de l'énergie que l'albumine peut physiologiquement fournir. L'autre moitié sera dégagée si le besoin d'énergie se fait sentir et proportionnellement à ce besoin. Alors seulement la consounnation de l'oxygène sera manifeste ; alors seulement il y aura dégagement de G0^
Eh bien, il n'y a pas que ral})umine alimentaire ingérée en excès qui
[CH. EOUCHARD.ii
TROUBLES PRÉALABLES DE LA KUTRITICW
se détruise sans sollicitation fonctionnelle et dégage sans nécessité la moitié de son énergie. L'albumine constitutive des tissus, l'albumine fixe, l'albumine vivante, dans sa phase de désassimilation, en fait autant; elle le fait normalement et constamment. La matière organique vivante, même quand elle ne fonctionne pas, n'en est pas moins vivante. Et, par cela seul qu'elle vit, elle subit la rénovation de sa substance. L'albumine fixe se détruit, comme la circulante, par hydratation et, dans cette phase, dégage comme elle de l'énergie qui sera utilisée s'il y a lieu, ou éliminée si elle est en excès ; comme la circulante elle ne consomme dans cette période de sa destruction que des traces d'oxygène et ne dégage pas de CO'. Mais elle a donné naissance à du glycogène qui subira, quand le besoin d'énergie se fera sentir, la continuation du travail de destruction, cette fois avec consommation d'oxygène et production de C0\
Dans le cas senlement où le besoin d'énergie dépasse les ressources que peut fournir la matière circulante, les exigences du fonctionnement peuvent inq^oser à la matière vivante ime destruction plus rapide. Mais l'inertie fonctionnelle ne réduit pas la rapidité avec laquelle la matière albumincuse vivante entre en désassimilation.
Ainsi, l'albumine fixe, d'une part, et l'albumine alimentaire prise en excès, d'autre part, peuvent se détruire sans y être incitées parle fonctionnement et, dans la première partie de leur métamorphose, livrent la moitié de leur énergie presque sans oxydation et sans production aucune d'acide carbonique.
C'est à ces faits seulement que se limite la résej ve que je voulais apportci' à cette loi vraie dans son ensendjle : « La destruction de la matière est coimnandée par le besoin d'énergie et lui est proportionnelle ». La loi est vraie pour la destruction du sucre dérivé de l'albiamine hydratée, qu'il s'agisse d'albumine circulante ou d'albumine fixe ; ehe est vraie pour le sucre alimentaire ou au moins pour les amas de glycogène qui ont pour origine le sucre alimentaire; elle est vraie pour la graisse alimentaire; elle est vraie pour la graisse en dépôt dans nos tissus. L'exploitation du sucre et de la graisse dans l'organisme et la mise en valeur de leurs calories dépendent des besoins d'énergie de l'organisme.
La graisse résiste plus. Sa cond)ustion suppose le degré d'oxydation le plus intense. Le sucre se brûle plus facilement, mais, môme si on augmente l'apport de l'oxygène, il ne se brûlera que si l'organisme réclame ses calories. Mais la coodjustion n'est pas la seule des transformations que puisse sul)ir le sucre dans l'économie. Il peut se déshydrater et, devenu insoluble, se fixer comme glycogène dans le foie, dans les muscles, dans les cellules de divers autres tissus; il y attend que, le besoin d'énergie reparaissant, les ferments hydratants lui permettent de redevenir glycose et de se brûler. îl a une autre façon, et plus durable, de se fixer à l'état de combustible en réserve : sans aucune consonunation d'oxygène, il perd de l'eau et de l'acide carbonique et se transforme en graisse.
Le fonctionnement et le maintien de l'équilibre thermique sont donc