MESURE DE LA GLYCOLYSE
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gnée par 0,16 ; elle est environ le sixième, plus exactement les
seize centièmes de l'activité glycolytique normale.
Je reproduis en les corrigeant quelques mesures de l'activité glycolytique prises chez des diabétiques et j'en ajoute d'autres : 0,06, 0,06, 0,05, 0,14, 0,21, 0,18, 0,11, 0,06, 0,09, 0,27, 0,05, 0,51, 0,60. .V part ce dernier cas où la glycosurie diabétique n'existait plus qu'à l'état de traces, et où l'activité glycolytique ne représente d'ailleurs que 60 pour 100 de la normale, chez tous ces malades la consommation maxima du sucre était de beaucoup inférieure à l'aptitude qu'ont les tissus de l'homme sain d'élaborer le sucre. Je crois donc avoir fourni la preuve directe qui manquait à ma démonstration. Tandis que l'homme sain a une activité glycolytique qu'on désigne par 1,00, l'homme qui commence à avoir du sucre dans ses urines a une activité glycolytique inférieure à 0,60, le diabétique dont la glycosurie est constante a une activité inférieure à 0,20 et qui peut tomber à 0,05. Elle peut même arriver à 0,00; elle peut même devenir négative.
L'activité glycolytique est négative quand la quantité du sucre éliminé est supérieure à la somme du sucre produit par l'hydratation de l'albumine et du sucre ingéré. Cela ne veut pas dire que du sucre s'est formé de toutes pièces, cela veut dire que du sucre a été emprunté aux réserves de l'économie, au glycogène ou à la graisse ou à ces deux réserves.
Les diabétiques qui usent largement des farineux ont le foie riche en glycogène. Si pour faire la recherche de leur activité glycolytique on supprime chez eux l'ingestion des hydrates de carbone, ou si on la restreint à une quantité très modérée de sucre, le foie pourra fournir au sang, en le prenant à sa réserve de glycogène, assez de glycose pour compenser la quantité minime que les tissus sont encore capables de faire disparaître. Le sang pourra dès lors fournir à la sécrétion rénale plus de sucre que la somme du sucre ingéré pendant l'expérience et du sucre formé par l'hydratation de l'albumine et déduit de l'azote total des urines recueillies au cours de cette expérience. Ce sucre excédent des urines sera la glycose prise par le foie sur ses réserves de glycogène antérieurement accumulées, diminuée de la totalité du sucre consommé par les tissus. On comprend que cet appoint pris dans les réserves de glycogène ne sera pas indéfiniment fourni et que les réserves seront vite épuisées.
Chez la femme diabétique dont il est question plus haut, l'équilibre entre ce que le foie fournissait et ce que le foie recevait s'est fait en trois jours, mais la formule de l'activité glycolytique négative n'a été constatée que pendant deux fois vingt-quatre heures. Elle était — 0,52 le premier jour, — 0,09 le second jour et H- 0,05 le troisième jour alors que le quatrième elle était M- 0,14 très voisine de la moyenne des jours suivants. On peut donc penser que le foie a livré en trois jours l'excès de
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
sa réserve de glycogène. Il faut cependant serrer de plus près l'examen de cette expérience. L'azote total a été pour ces trois jours 17^'", 80, 16"M10, 13^^5o, en tout 47^%r)5 correspondant à une formation de 170 grammes de sucre dérivé de Talbumine. Il y a eu pendant le mémo temps 240 grammes de sucre ingéré. En tout 419 grammes de glycose mise à la disposition de l'économie qui en a rendu par les urines o40 H- 170 -h 114 = 624 grammes. L'excès du sucre urinaire sur le sucre mis à la disposition est 624 — 419 = 205 grammes. La formule de la consommation est — 205, ce qui veut dire que les réserves ont fourni tout le sucre consommé plus 205 grammes. Si vous supposez que la consonunation est tombée à zéro, c'est toujours 205 grammes de sucre fourni par les réserves. Et si vous admettez que cette réserve était le glycogène du foie accumulé antérieurement qui se sera tout entier transformé en sucre, cela suppose 18 4^% 5 de glycogène hépatique, chiffre qui atteint les plus grandes richesses du foie en glycogène qui aient été mesurées. Le maximum indiqué par Arthus est 120 pour 1000 et le poids de ce foie dépassait 1500 grammes. Avec toutes les concessions possibles nous arrivons h la limite des faits observés et n'avons pas l'obligation absolue d'invoquer la transformation de la graisse en sucre. Ce serait, je crois, abuser des concessions, et il vaut mieux supposer on une inexactitude dans les dosages, ou une erreur dans les fornudes, ou enfui la participation de la graisse à la formation du sucre. Mais cette participation, si elle intervient dans des circonstances exceptionnelles, doit être minime, car la graisse n'est pas épuisée en trois jours, et si elle fournissait une quantité appréciable du sucre diabétique, on ne la verrait pas restreindre si rapidement son apport quand on diminue seulement l'ingestion du sucre et quand on laisse le malade libre d'ingérer toute quantité de graisse qu'il voudra. Ce qui f\iit encore que je suis porté à attribuer surtout au glycogène préalablement accumulé dans le foie la formule négative de la consonunation, c'est que je l'ai observée précisément chez une autre malade diabétique qui faisait systématiquement abus du sucre, qui en usait largement aux repas et s'engorgeait en dehors des repas, qui, par conséquent, entretenait abondauurient la réserve en glycogène de son foie. Pendant vingt-quatre heures, elle consentit à s'en priver totalement et la quantité du sucre urinaire dépassa de moitié la quantité du sucre dérivé de l'albumine. La formule de la consommation fut — 0,55.