TERMINAISON DES IV1ALADIES
Les maladies peuvent se terminer par la guérison, par le passage à Tétat chronique, par la mort.
Guérison. — La guérison peut survenir par suite de l'évolution naturelle de la maladie, sans l'intervention d'aucune action thérapeutique, ou elle est le résultat d'une intervention thérapeutique, que cette intervention ait permis à l'organisme de triompher de la maladie, ou qu'elle ait exercé sur la maladie une action véritablement spécifique comme le mercure dans la syphilis, la quinine dans la fièvre intermittente, ou qu'à un processus d'intoxication bactérienne elle ait opposé une action antitoxique.
Le mécanisme de la guérison est différent suivant la nature des maladies.
Dans les traumatisines purs, la guérison est obtenue par la réparation de l'organe lésé sous l'influence de l'effort de l'organisme, aidé souvent par une thérapeutique auxiliatrice. La fracture est guérie parla formation du cal osseux, la solution de continuité des tissus est guérie par la formation conjonctive. Mais dans ces exemples les plus clairs et les plus appréciables de guérison, la restitutio ad intcgrum est loin d'être absolue et il persiste ordinairement, sous forme de cicatrice, la signature de la maladie.
Dans les infections, la guérison est le résultat de la phagocytose, de l'état bactéricide, de l'état antitoxicpie : les émonctions sont aussi plus faciles. Les moyens de défense dont l'organisme dispose peuvent être provoqués uniquement par la maladie, ou provoqués, d'une façon en quelque sorte artificielle, par le traitement.
M. Bouchard obtient la guérison de la furonculose, liée à une intoxication chronique par les putridités intestinales, en faisant l'antisepsie du tube digestif. Par ce procédé, ce savant fait de la thérapeutique naturiste en restituant à l'organisme la diapédèse des leucocytes, c'est-à-dire l'une des défenses contre l'infection, que le poison bactérien avait suspendue.
L'état antitoxique peut être produit par la sérothérapie.
Si l'infection est purement locale, elle peut être détruite par les antiseptiques, les cautérisations, l'ablation.
Dans les intoxications, la guérison s'obtient par l'élimination de la substance toxique, à la condition que cette substance toxique n'ait pas produit des lésions cellulaires qui comportent une évolution à elles : la
TERMIiNAISON DES MALAOIKS.
(^uérison s'ohticnl, aussi par la (Icslruclion des ])ois()iis ('n'cclurc dans l'économic! sons l'iiilliicucc de divers oi jj^aiics, eu parliculicr du l'oie.
Dans les aulo-inloxicalious, la «^uérisou csl ohicuuc (|uau(l s'est l'aile réliuiiualiou des substances nocives et (|ue cesse de se l'aire leur' production, (juaud il ne s'a<^it [)as, hien entendu, d'une auto-intoxication par simple lerrueture d'un éiuonctoii'e.
Quant aux diatlièses, ce sont des l(MUj)éranients morhides, des uianièi'es d'èti'c de la nuti ition ; elles ne |)(uiv(M)t ^lU'rir d'une Ïm;i)i\ complète. Les elï'cîts du troid)le nuti'itir se suspendent de temj)s à auli'e ; une manil'estation l'emplace une autre manileslation ; mais cv. n'est pas la i^uérisoii de la maladie au sens véritahle du mol, c'est simplement la <;uérison d'une manifestation. Ces ^néi'isons de manil'estations diatliési(pies ne sont l ien autre (pie des améliorations dans les umtations nutiitives sous l'ijdluence de riiygiène ou de la tliéra[)euti(pie ; mais li^s manil'estations se reproduisent sur le même point ou sui' un auti'c, sons la même I'oi'uk^ ou sous mie autre fornu; dès (jue la modilication lieureuse passagèrement apportée* aux élahorations nutritives cesse, ce qui ne peut maïKpier de se produire, ladiatlièse étant un tempérament morbide.
Dans les maladicîs puremcînt ronctionnelh^s. la «^nérison est le plus complète, ])uis(ju'il n'y a pas d'altération anatomiipie; il sul'lit souvent que leur cause productrice cesse, l^es névralgies en sont des exem|)l(^s.
Dans les maladies des or<>anes, avec altérations anatomiipies, la »^nérison est le résultat d'un processus de réparation, les épitliéliums se reformant, ou de cicatrisation (tubercule libreux, cicatrice de ruicère de restomac), ou d'une compensation, d'une véritable suppléance (îxercée poui' le rétablissement d'une fonction imjxirtante par un autre organe s'il s'a<^it d'organes pairs, ou par d'autres parties d'un méiiu^ or<^an(^ (pii subissent une bypertro|)liie ou une suractivité fonctionnelle.
En somme, dans toutes les maladies, b; processus de oiiérison est le résultat de la défense de l'organisiiK^ (pii combat l'inrection, élimine et détruit les poisons, répai'e les atteintes faites à la structure d(^ ses organes, et reprend ses fonctions.
En clinique, la guérison peut se faire par un état intermédiaire entre la santé et la maladie, c'est la convalescence. Cette convalescence se rencontre dans les maladies (jui ont eu une certaine intensité et une certaine durée.
Elle a elle-méiiK! une durée plus ou moins longU(% mais C(;tte (liiré(î est considérablement réduite si la maladie a été marquée par une crise» comme dans la pneumonie, plus longue au contraire*, s'il s'agit d'une fièvre typlioïde dont le déclin est liabituelleMuent marqué par une descente eu lysis. La durée de la convalescence tient aussi à l'âge et à l'état de santé antérieur du sujet. Chez les adultes et les enfants, la convalescence sera courte; elle sera traînante chez le vieillard. Elle le sera aussi chez les sujets antérieurement débilités, à résistance insuflisante.
Dans les infections fébriles, une des caractéristi([U(!s de la convalescence
ÉVOLUTION DES MALADIES
est la défervescence. C'est une donnée importante, ce n'est pas la seule. 11 faut encore que les tissus et les organes qui ont été troublés pendant la maladie reprennent leur état normal. Dans la pneumonie, les parties antérieurement hépatisées doivent permettre la libre pénétration de l'air ; dans la fièvre typhoïde, l'intestin ne doit pas traduire sa lésion antérieure par la diarrhée ou la douleur; dans les fièvres éruptives, le revêtement cutané ne doit plus présenter ni rougeur, ni solution de continuité ; on y peut constater la présence de squames qui se détachent d'un tégument en voie de réparation.
Les grandes perturbations de l'infection, troubles nerveux, circulatoires, urinaires, etc., ont disparu pendant la période de convalescence. 11 doit donc rester fort peu de symptômes pour caractériser cette période; en effet, elle ne consiste guère que dans un état de faiblesse, d'anémie consécutive à l'infection et dans une vulnérabilité extrême de l'organisme et plus particulièrement de l'organe où s'est de préférence localisée l'infection.
Cependant cette convalescence peut ne pas conduire sans encombre à la guérison. Des troubles nerveux pourront même en marquer le début : le délire passager pourra se manifester, comme je l'ai observé une fois après la crise dans la pneumonie. La diphtérie pourra présenter ses paralysies. La scarlatine pourra, pendant la convalescence, se compliquer de néphrite ou de pseudo-rhumatisme.
Cette période de la convalescence pourra encore être interrompue par une rechute, ainsi que la chose s'observe souvent dans la fièvre typhoïde chez les sujets dont l'hygiène alimentaire est défectueuse.
Si la convalescence se poursuit sans complication, au bout de quelques jours ou de quelques semaines, le sujet pourra reprendre sa vie habituelle, intellectuelle et végétative, alors la guérison sera obtenue. Il en résulte, pour certaines infections, un état nouveau, l'immunité.
Les infections locales ne passent pas non plus brusquement à la guérison; elles comportent une période de convalescence, en rapport avec l'état des troubles locaux. Dans la pleurésie, par exemple, le retentissement général, la fièvre a cessé, mais ce n'est pas encore la convalescence si l'état local persiste. Cette convalescence ne commence que quand le liquide épanché est résorbé et que l'auscultation fait percevoir les frottements de retour. Puis au bout d'un certain temps, ces frottements disparaissent, alors la guérison est complète.
Dans toutes les lésions locales, qu'elles soient infectieuses ou non, on trouve une période de convalescence, elle précède et indique le retour à l'état normal, elle se traduit le plus souvent par le rétablissement de la fonction. L'ictère arrive à convalescence quand la résorption biliaire est supprimée, la néphrite quand l'albuminurie disparaît, l'entérite quand cesse la diarrhée; c'est bien la convalescence, car le sujet est exposé à la rechute sous la plus légère influence, le moindre écart de régime, les variations de la température extérieure. La guérison arrive enfin lorsque