IV. — ODEUR DE LA BOUCHE ET DE L'HALEINE
L'odeur de la cavité buccale peut fournir des indications très précieuses. Les odeurs qui s'exhalent de la bouche peuvent venir de celle-ci même ou de l'haleine (air expiré), ou des amygdales, ou du pharynx. Aucune odeur
ne s'exhale en général de la bouche des sujets sains. Cependant Flialeine peut présenter, chez des individus sains, certains caractères tenant à l'introduction dans l'estomac ou dans l'organisme, par une autre voie (intestinale, sous-cutanée), de substances volatilisables, qui peuvent s'élimine]' plus ou moins modifiées par la- voie respiratoire (ail, oignon, échalote, alcool à l'état d'aldéhyde, éther, chlorol'orme, paraldéhyde, tellurate de soude, valériane, musc).
La mauvaise odeur de la bouche peut dépendre seulement d'une hygiène défectueuse (oubli du nettoyage des dents dans les interstices desquelles peuvent rester des résidus alimentaires). L'abus du tabac, f inné ou chiqué, peut faire exhaler une odeur presque fécaloïde. Le plus souvent il y a une cause pathologique : carie dentaire, fermentation des enduits qui recouvrent la muqueuse ou produits pathologi({ues tels que salive altérée, pus, lambeaux de nmqueiise sphacélés connue dans les stomatites, surtout les stomatites mercurielle, ulcéro-membraneuse, les diverses espèces d'ulcérations, le noma. L'odeur est alors putride avec des nuances variées; il en est d'assez caractéristiques comme celle des plaques nuiqueuses syphilitiques.
La cause de la mauvaise odeur peut résider dans les amygdales (amas épithéliaux et sébacés, d'aspect caséeux, retenus dans les cryptes).
Plus souvent encore l'haleine, c'est-à-dire l'air expiré, est le véhicule des émanations malodorantes. L'odeur peut être aigre dans les dyspepsies acides, dans le diabète, d'une acescence spéciale dans l'acétonémie, ou aigrelette dans l'hémoptysie (N. Guéneau de Mussy) ; putride ou sulfhydrique dans les dyspepsies avec fermentations secondaires, la chlorose ; alliacée dans certaines bronchites avec stagnation du muco-pus sécrété, dans l'apoplexie pulmonaire; elle rappelle celle du plâtre frais ou de la macération anatomique dans la gangrène du poumon ou des extrémités bronchiques, dans l'intoxication par les émanations des amphithéâtres d'autopsies ou de dissection. Dans ces divers cas, tantôt l'odeur vient directement du poumon ou de l'estomac lui-même; tantôt, et plus souvent peut-être, elle est exhalée par le poumon, qui livre passage à des produits d'excrétion volatils issus de l'intestin ou résultant d'une viciation des échanges nutritifs.
§ Y. - MUQUEUSE BUCCALE La muqueuse buccale peut présenter divers troubles de la seinsibilité