AGONIE
qiiofois précédée do phénoinèiK^s précni'seiirs. Au point do viio dos fonctions intclloctuollos, on connaît l'(>xaltation do Tintolligonco dn phtisique quand la maladie touche à sa fin ; dans d'autres cas, on voit le malade avoir conscience de sa mort prochaine et retrouver à ses derniers moments une surprenante mémoire ; et cotte lucidité se retrouve surtout dans la mort par asphyxie. D'autres fois, l'agonie est précédée de délire.
En même temps, on voit les différents phénomènes de la maladie s'aggraver et le malade entre alors v\\ agonie.
L'agonie se manifeste toujours par dos phénomènes à peu ])rès identiques. Parrot en a donné une merveilleuse description dans le Dictionnaire encyclopédique (^) :
« L'agonisant est couché sur le dos, la tcto renversée en arrière ou hicn, au contraire, inclinée en avant. 11 a cessé d'être en relation avec le monde extérieur; plus do connaissance, plus de sensations, plus de voix. Le corps est souvent dans la résolution et c'est à peine si de temps en temps on observe des contractions fdjrillaires, des soubresauts de tendons et, du côté des membres, quelques mouvements faibles et sans but appréciable, presque toujours provoqués par la sensibilité réflexe, la seule qui no soit pas encore atteinte. Les yeux à demi clos ou largement ouverts sont inuuobiles. Il n'y a plus de clignotement. Los cornées desséchées et ternes rappellent celles d'un cadavre. Les pupilles, presque toujours dilatées, restent insensibles à l'influence de la lumière. Le nez est effilé et froid, les ponunettes saillantes, les tonq)os creusées et arides. La bouche béante semble faire appel à l'air qui manque au moribond. La cavité buccale est desséchée et les lèvres, comme flétries, sont collées sur les arcades dentaires qui proéminent démesurément. La respiration est bruyante, saccadée et l'on entend à distance des râles et quelquefois un véritable gargouillement dû à l'obstruction des voies bronchiques par d'abondantes mucosités.... On voit à chaque mouvement respiratoire le larynx s'élever et s'abaisser alternativement, comme si l'air était dégluti, la dilatation du thorax étant insuffisante à le faire pénétrer dans le poumon. Le pouls est petit, en général accéléré, parfois irrégulier et intermittent. Si on vient à ausculter le cœur, on constate l'affaiblissement de ses bruits et la main appliquée sur la région précordiale ne perçoit plus de choc. La peau, dont la tenqx'rature est habituellement plus basse et quelquefois plus élevée que dans les autres périodes de la maladie, se couvre souvent d'une sueur visqueuse. »
L'agonie dure d'une à quarante-huit heures. La mort survient alors ou d'une façon insensible, la respiration devenant de plus on plus faible, ou bien d'une manière plus marquée : un cri, un soupir, quelques mouvements convulsifs indiquent la fin de l'agonie.
(*) Article Agonie. Dict. encycl.
SÉMIOLOGIE
SÉMIOLOGIE DU SANG
Par A. GILBERT
Professeur agrégé. — Médecin de l'hôpital Broussais.
« L'avenir appartient à l'hématologie », écrivait il y a quelques années M. le professeur Hayem. Cette prophétie n'a pas tardé à se réaliser et le présent appartient à l'hématologie.
Baignant les éléments anatomiques aux échanges nutritifs desquels il veille, le sang vit de leur vie et souffre de leurs souffrances à ce point que, si l'appréciation exacte de sa composition pouvait être faite, elle serait un miroir fidèle de la santé et de la maladie et une clef précieuse pour la solution des grands problèmes pathologiques.
Les nouvelles générations médicales l'ont bien compris. Elles se sont portées vers Fétude du sang et déjà, à la lumière de la bactériologie, y ont fait d'importantes découvertes. La sérothérapie et le sérodiagnostic sont issus de ces efforts.
Me plaçant ici au point de vue sémiologique, je n'aurai pas à traiter de la sérothérapie, mais du sérodiagnostic et des autres récentes acquisitions sémiologiques. L'article que j'ai écrit sur le même sujet, il y a six ans, dans un autre Traité (*), se trouvera ainsi sensiblement modifié et renouvelé.