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DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DE L'OXVIIÉMOGLOBINE

Ici encore, il faut distinguer l'effet chez le débutant, qui est Faction excitatrice, mais peut amener la dyspnée, puis Faction produite après l'entraînement par l'exercice modéré, qu'on peut appeler action tonique, sans dyspnée, et enfin Feffet des courses de vitesse ou celui des trajets prolon<^és qu'on peut appeler Faction d'effort qui, à son degré plus élevé, devient la fatigue et le surmenage.

Le vélocipède, ainsi qu'on pouvait le prévoir, amène une augmentation de l'activité, même chez les cyclistes entraînés, si la course est prolongée.

Par exemple, chez deux jeunes gens de dix-sept et dix-neuf ans, médiocrement entraînés, un parcours de 17 kilomètres, en une heure environ, a produit une augmentation de l'activité : de 0,60 au départ à 0,95 à l'arrivée (*).

Les influences du milieu sur l'activité des échanges n'ont encore été étudiées que dans quelques circonstances déterminées. J'ai montré que l'ascension rapide à la tour Eiffel, sans effort, comme elle est produite au moyen de l'ascenseur, élève l'activité de la réduction très notablement, en même temps que la tension artérielle au sphygmomanomètre, ainsi que je l'ai constaté dans une expérience faite avec M. le professeur Potain et plusieurs de ses élèves. Mais il ne faudrait pas en conclure qu'il en est de même pour des hauteurs beaucoup plus grandes, où l'étude de l'activité de réduction n'a pas encore été faite méthodiquement.

Vexamen comparatif de Vactivité de la réduction dans les deux pouces est employé comme moyen de contrôle, dans les observations délicates.

A l'état normal, si on détermine la durée de la réduction successivement dans l'un et l'autre pouce, on observe généralement une différence de quelques (^) secondes, le pouce observé en second lieu ayant une durée moindre de cinq secondes environ. Cette différence disparaît si l'examen est pratiqué en même temps dans les deux pouces ou bien si l'on met un intervalle de dix minutes entre cliaque application de la ligature, temps nécessaire pour faire disparaître Faction réflexe vaso-motrice exercée par la ligature d'un pouce sur l'activité de réduction de l'autre pouce. Le docteur Féré a montré l'intérêt que peut présenter ce mode de recherche chez les hystériques, les hémiplégiques et les épileptiques (^). Il a trouvé chez cinq hystériques la durée de la réduction plus longue du côté de Fanesthésie, c'est-à-dire un ralentissement de l'activité de la réduction; pareil phénomène s'est présenté chez deux hémiplégiques, mais il n'a pas été observé chez les épileptiques. De plus, chez les hystériques, l'activité de la réduction est diminuée dans le sommeil provoqué, surtout dans la

(*) Hk.nocque, Tntlui'ucc de rascensioii à 500 mètres sur l'activité de la réduction de l'oxyhémoglobine. Arch. de 2)hysiol. norm. el path., 5* sér., t. I, p. 710, 717.

(2) Hénocque, De l'examen spcctroscopiquc comparatif de la surface sous-unguéale des deux pouces. Comptes rendus de la Soc. de hiol., 8« sér., t. Il, p. 760, n" 44, 27 déc. 1884.

(3) Fkkk, Notes hématospectroscopiques chez les hystériques et les épileptiques. Coniples rendus de la Soc. de bioL, 16 fcvr. 1889.

PATHOLOGIE GÉNÉRALIi. — IV.

SPECTROSCOIIE DU SA^G.

léthargie. Les émotions somnainbuliques et même dans l'état de veille diminuent l'activité de la réduction si elles sont astliéniques, elles l'augmentent si elles sont sthéniques.

MODIFICATIONS DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DANS LES DIVERS ETATS PATHOLOGIQUES ET SOUS L'INFLUENCE DES AGENTS THÉRAPEUTIQUES

Au point de vue de leur influence sur l'activité de la réduction, on peut diviser les états morbides en trois groupes, suivant qu'ils produisent la diminution ou l'augmentation de l'activité de réduction, ou enfin qu'ils s'accompagnent d'alternatives d'augmentation ou de diminution, suivant la marche de la maladie et les complications qui surviennent.

La chlorose ou chloro-anémie est le type des maladies par ralentissement des échanges. En même tenqjs que chez les chlorotiques on constate la diminution de la quantité d'oxyhémoglohine, c'est-à-dire Tanémie, on observe une diminution caractéristique de l'activité de réduction qui est en quelque sorte indépendante de l'anémie. Ainsi que je l'ai démontré, l'activité de réduction chez les chlorotiques est toujours plus diminuée que dans les anémies symptomatiques du traumatisme ou de diverses afl'ections, de sorte qu'au point de vue hématoscopique, la chlorose est une anémie avec ralentissement des échanges. Cette notion, qui est d'ailleurs tout à fait en rapport avec ce que nous savons de plus précis sur la nutrition des chlorotiques, ofl're une grande importance dans la thérapeutique de la chlorose, car il ne suffit pas chez ces malades d'employer la médication martiale dans le but de rétablir la richesse du sang en glol)ules ou en hémoglobine : il faut encore exciter la nutrition génélale, de façon à obtenir une activité normale des échanges, d'où la nécessité d'employer les moyens dynamogéniques généraux de la nutrition, comme l'hydrothérapie, les frictions, l'exercice, l'électricité, ou thérapeutiques, tels que la strychnine, la caféine, etc. Cette notion explique bien les cas où, l'anémie ayant disparu passagèrement ou définitivement, la chlorose persiste, ou même, dans un âge plus avancé, se transforme en manifestations arthritiques ou goutteuses qui sont aussi une autre forme de ralentissement des échanges (').

La diminution de l'activité de réduction s'obtient d'ailleurs comme manifestation symptomatique dans la plupart des afl'ections qui amènent un trouble notable dans la nutrition, soit dans certaines anémies avec t4*oubles du système hématopoiétique, c'est-à-dire avec troubles dans la formation du sang, telles que la lymphadénie, la scrofule, où elle peut descendre au quart de la normale; soit dans les troubles de nutrition

(*) Hénocque, Des moclilications de l'activité (le la réduction de l'oxyliéinoglobinc dans les tissus chez les chlorotiques et les anémiques. Comptes rendus de la Soc. de biol., 27 nov. 1887.

^lODlFlCAÏlONS PATHOLOGIQUES DE L'ACTIVITÉ DE LA IlÉDUCTiON.

générale produits par Tobésité, l'anémie de croissance, soit dans les affections intestinales, les dyspepsies gastro-intestinales, les entérites chroniques, la dysenterie, qui peuvent s'accompagner d'une diminution telle que l'activité descend à 0,55-0,50 et moins encore. Il en est de même des néphrites, des albuminuries de causes diverses. Cette diminution d'activité peut dépendre de troubles nerveux, puisqu'elle a été constatée chez certains névropathes, chez des épileptiques, des hystériques, des neurasthéniques, des malades ayant subi un choc nerveux ou dont le cerveau a élé le siège d'accidents organiques tels qu'une hémorragie cérébrale (activité, 0,55), une commotion cérébrale (activité, 0,50), des lésions chroniques du système cérébro-spinal (ataxiques, activité, 0,50). Parmi les affections diathésiques, le cancer dans ses diverses formes me semble déterminer une modification de l'activité des échanges comparable à celle que présentent les chlorotiques.

Les observations que j'ai recueillies et celles du D'" Porge ont montré qu'en général il y a, chez les cancéreux, ralentissement des échanges, les chiffres les plus élevés atteignent 0,75, les plus bas descendent à. 0,*20. Dans certains cas, les hémorragies, les suppurations, accentuent ce symptôme par suite de l'anémie qu'elles entretiennent.

La fièvre typhoïde présente des variations de l'activité de la réduction, suivant les périodes de la maladie ou même les variations quotidiennes de la température. Les recherches cliniques faites en collaboration avec le D' G. Baudouin nous ont permis de comparer entre elles les courbes de la température, celles des variations de la quantité d'oxyhémoglobine et enfin les courbes des variations de l'activité de la réduction de l'oxyhémoglobine. Ces dernières sont en général en rapport avec celles des quantités d'oxyhémoglobine, mais elles présentent des oscillations plus variées Tandis que l'on observe des oscillations entre 7 pour 100 et 12 pour 100 dans l'oxyliémoglobine et des différences ne dépassant pas 1 à '2 pour 100 quotidiennement, l'activité de la réduction peut s'abaisser à 0,20 pour remontera 0,50 dans la convalescence et atteindre 0,70 à 0,80 lorsque la guérison est Confirmée.

Le résultat le plus remarquable de ces recherches cliniques se déduit de la comparaison de la marche de la température avec l'activité des échanges. En effet, étudiant comparativement les courbes qui représentent des notations quotidiennes de ces deux expressions symptomatiques, nous avons constaté ce fait, général dans la fièvre typhoïde, qu'aux maxima de température correspondent les minima d'activité de réduction : en d'autres termes il y a un rapport constant et direct entre l'élévation de température et la lenteur de la réduction, et, par suite, l'activité de la réduction, ou l'énergie de consommation de l'oxygène du sang par les tissus, est en proportion inverse de l'élévation de la température. Les tracés et les planches que j'ai publiés démontrent très nettement ces rapports inverses de la température et de l'activité, les courbes obtenues offrent. une symétrie remarquable, mais en sens inverse; il sem-

SPECTROSCOPIE Dli SA^G.

l)lcrait qu'on puisse les superposer en les renversant Tune sur l'autre.

Cette conclusion de nos recherches, que l'intensité de la fièvre amène une diminution simultanée de Tactivité des oxydations ou des échanges, peut semhler paradoxale, puisque l'on a admis longtemps que dans la fièvre il y a une augmentation de l'élimination d'acide carhonique et de l'urée, que les comhustions sont exagérées, que « la fièvre hrùle »; mais la question est plus complexe. Dans la lièvre d'origine septique, et en particulier dans la fièvre typhoïde, la consommation d'oxygène peut être accrue, mais le travail de désassimilation, s'exagérant lui aussi, accumule les déchets organiques que l'oxygène du sang ne peut suffire à hrùler, d'où résulte le ralentissement des échanges.

Les agents thérapeutiques peuvent modifier l'activité de la réduction soit en agissant sur le sang directement, ou sur les organes qui préparent et réparent le sang (hématopoiétiques ou hématosiques), soit par action sur les centres nerveux trophiques et conséquemment sur les échanges intimes des tissus.

Parmi les agents qui relèvent l'activité des échanges, les uns agissent sur la reconstitution immédiate des glohules, comme le fer, la viande crue, une alimentation tonique; les autres s'adressent directement au système nerveux pour en fortifier, exalter ou « dyiiamogénier » les fonctions : tels sont les amers, la strychnine, les douches. D'autres, tels que les courants alternatifs de haute fréquence, l'arsenic, la caféine, agissent sur le système nerveux, la nutrition et l'hématose.

C'est dans la chloro-anémie qu'on trouve les exemples les plus frappants des effets qu'on peut ohtenir en suivant cette douhle indication de l'anémie glohulaire et du ralentissement des échanges.

Les observations cliniques des effets de la médication martiale et du traitement général dynamogénique dans la chlorose, montrent que les deux facteurs, anémie et ralentissement des échanges, suivent des courbes presque parallèles dans leur ascension. En général, l'amélioration se définit par des chiffres plus élevés de l'hémoglobine et de l'activité. Cependant, cette dernière reste souvent en retard; il n'est pas rare de constater que, tandis que l'oxyhémoglobine est déjà élevée de 11,50 à 12 pour 100, l'activité se trouve encore dans le miheu de l'échelle, atteignant péniblement 0,50 à 0,60, d'où la nécessité d'adjoindre à la médication martiale les excitants de la nutrition générale, tels que les amers, la strychnine, puis les frictions, l'électricité, les douches; en somme, ne pas perdre de vue qu'après la disparition des symptômes de l'anémie la guérison complète ne peut être affirmée que si l'activité des échanges redevient normale, ce qui ne s'obtient que par une intervention prolongée des agents dynamogéniques des centres nerveux trophiques. Les médicamenls qui diminuent V activité de la réduction sont nombreux; la plupart des antitheriTiiques, la kairine, l'antipyrine, l'exalgine et l'acétanilide, la paraldèhyde, ralentissent l'activité : les nitrites d'ainyle et de sodium agissent certainement par destruction d'un certain nombre de globules

MODIFICATIONS TlIÉnAIMlUTIQUES DE L'ACTIVITÉ DE LA llÉDUCTiO?;. 101

rouges, ou par action sur les centres tliermujues ; les deux modes d'action peuvent être observés suivant les doses. C'est ainsi que j'ai vu l'antipyrine, l'exalgine, produire à doses toxiques de la méthémoglobine avec le ralentissement des échanges, tandis que l'acétanilide, même à dose médicamenteuse, produit la diminution de l'activité, et ce résultat contre-indique l'usage de l'acétanilide contre l'épilepsie puisque, dans cette maladie, il y a déjà ralentissement des échanges ('). (llénocque, Dény, Féré )

Le chloroforme employé comme anestliésique est le type du médicament qui agit par l'influence du système nerveux sur la nutrition générale en produisant une diminution des échanges. Le ralentissement des échanges est de règle dans l'anesthésie par le chloroforme, indépendamment de la perte de sang, et en dehors de tout phénomène asphyxique. Dans le cas de mort subite au début de l'anesthésie, l'arrêt des échanges est complet, et ce n'est pas l'asphyxie qui est la cause de la cessation de la vie (^).

Les agents médicamenteux qui produisent tantôt l'augmentation, tantôt la diminution de l'activité, suivant l'état pathologique individuel, sont nombreux; ils peuvent être considérés comme régulateurs de l'activité des échanges, c'est-à-dire qu'ils ont pour effet de ramener la durée de la réduction vers la normale.

Les iodures alcalins peuvent être considérés comme les types de ces médicaments, et c'est dans l'emphysème, dans les troubles de la circulation pulmonaire, la cyanose, que ces médicaments agissent le plus efficacement, soit sur la quantité d'oxyhémoglobine, soit sur l'activité des échanges.

Dans les médications thermales^ Vétude spectroscopique du sang et de ractivité de la réduction (^) est de la plus grande utilité pratique |)arce qu'elle permet d'abord de suivre presque quotidiennement les effets des divers modes d'application des eaux minérales, et aussi d'en apprécier les résultats ultérieurs.

D'une façon générale, les variations dans la quantité d'oxyhémoglobine sont lentes, progressives (eaux chlorurées sodiques, eaux ferrugineuses, eau delà Bourhoule), souvent même on observe avec certaines eaux arsenicales telles que Saint-Honoré (llénocque, Binet), une diminution de la quantité d'oxyhémoglobine au début, c'est-à-dire une sorte de spoliation, puis plus tard une augmentation (réparation ultérieure). Ces phénomènes que l'étude clinique des eaux thermales a établis, à la suite de longues

(M IIÉNOCQUE, De la médication antitlicrmi(|uc. Co))iptes rendus du Congrès de méd. int. Bordeaux, 10 août 1895.

(-) IlÉxocQUK et Bazy, Ajjplications de l'analyse spectroscopique du sang en chirurgie. Congrès de chirurgie, 4 avril 1891.

Hénocque, De l'iniluence des médications thermales sur l'activité de la réduction de l'oxyhémoglobine et sur la richesse du sang en oxyhémoglobine. Comptes rendus de la Soc. de bioL, 19 nov. 1887. — Cii. Lejard, Des anémies. Physiologie pathologique. Traitement. Paris, 1888. — Lafon, Comptes rendus de V Acad. des sciences, 18 févr. 1895 et 4 mai 1896. — PouGE, Recherches hématologiques à Saint- Nectaire. BuLl. de la Soc. tnéd.-chir., p. 278, 1895. — Tru'et, llétiatos'opie pratique chez les paludéens, les ictériques et les cachectiques. BulL de la Soc. jnéd.-chir., 13 nov. 1893, p. 103 à 112.

SI^ECTROSCOPIE DU SA>'G

recherches, peuvent être vérifiés avec la phis grande exactitude par les procédés hématospectroscopiques, mais les constatations sont hien plus intéressantes dans l'étude de l'activité de la réduction.

En se plaçant à ce point de vue, on peut étahlir d'une manière générale que : l'augmentation de l'activité des échanges s'ohserve dans les conditions les plus variées.

Un bain d'eau douce à 54 degrés ou un bain alcalin, à Vichy par exemple, amène une augmentation légère, passagère, de l'activité des échanges; les bains de piscine, à Saint-Ilonoré ou à Aix-les-Bains, produisent une augmentation plus prononcée et celle-ci atteint son maximum par la grande douche chaude d'Aix avec massage, car j'y ai vu l'activité doubler (de 1 à 2 degrés) ; d'autre part, les douches froides avec forte pression amènent, dans la réaction, une augmentation de l'activité qui est plus durable que celle qui provient de l'action de l'eau chaude.

En dehors de cette action générale due à la thermalité, il se produit une action plus directe encore, qui résulte de la composition môme do l'eau minérale. C'est ainsi que j'ai constaté, en 1885, l'influence très différente des eaux chlorurées et bromo-iodurées de Salies-de-Béarn, suivant la valeur du bain en chlorure de sodium ou en sels des eaux mères ; par exemple, chez un même malade on peut obtenir, avec un bain contenant 1/4 d'eau de Salies, une augmentation de l'activité qui rend ces bains excitants; si, au contraire, on donne le bain entier, c'est-à-dire av€c les eaux salines non diluées, on obtient un elîet sédatif, c'est-cà-dire une diminution qui est plus prononcée encore si l'on ajoute plusieurs litres d'eaux mères (bromo-iodurées, etc.). Enfin il est possible, en employant les eaux salines au 1/5, d'obtenir l'un ou l'autre eifet, suivant la réaction de l'individu.

Des recherches, faites à la Bourboule, m'ont aussi démontré qu'il est possible de faire la part de l'action arsenicale et de l'action du chlorure et des autres sels de l'eau de la Bourboule, car si l'on prend seulement les eaux en boisson on obtient l'elîet sédatif, résolutif, et surtout modérateur ou régulateur résult^ant de l'arsenic, de l'activité des échanges, tandis que par le traitement externe (bains, douches, etc.), on observe plutôt les effets excitants ou toniques du chlorure de sodium, c'est-à-dire l'augmentation de l'activité des échanges.

ÉTUDE DES TRANSFORI^ATIONS DE L'HÉMOGLOBINE

J'ai suffisamment prouvé que l'oxygénation et la réduction de l'hémoglobine sont des transformations constantes et normales de la matière colorante du sang, accessibles à l'analyse spectroscopique, quantitative ou qualitative ; les autres dérivés de l'hémoglobine ne se rencon-

ÉTUDE DES TRAiNSFORMATIONS DE I/IIÉMOGLOBINE.

iront qu'exceptionnellement soit dans nos tissus ou nos humeurs, soit dans le sang et toujours dans des conditions anormales ou toxicohémiques. L'étude de ces modifications étant faite, en divers chapitres et plus particulièrement au chapitre Y du 'I"" volume « Les intoxications, Action siir le sang », page 598, il nous suffit de rappeler que les dérivés de l'hémoglohine présentent des caractères spectroscopiques permettant de les reconnaître dans les tissus, les sécrétions, les humeurs, le sang; le tableau suivant montre les léactions pour les principaux de ces dérivés.

La méthémoglobine est le seul di* ces dérivés qui ait été observé pendant la vie soit dans le sang (ainsi que

Ta

fait Jack (de Vienne) au moyen de l'examen lîémato-spectroscopique chez un individu intoxiqué par des vapeurs nitreuses), soit aussi dans les ecchymoses cutanées où l'on peut suivre facilement la transformation de l'oxyhémoglobine en méthémoglobine.

La plupart de ces dérivés ne peuvent être observés que dans les humeurs, les urines en premier lieu (méthé-

moglobinurie, hématinurie, hématoporphyrinurie) ou dans les liquides des épanchements dans les cavités séreuses, les collections sanguines anciennes, les kystes hématiques, où Ton trouve soit de la méthémo • globine, soit de Thématine, ou enfin de la mélanine.

Dans les altérations toxicologiques du sang on peut retrouver, a])rès la mort, les caractères particuliers des diverses combinaisons de l'hémoglobine; au premier rang, comme importance et comme fréquence, est placée l'hémoglobine oxy-carbonée dite aussi carbo-oxy-hémoglobine, ou combi-

lloiaatine acide

Héjnatine T'éduite

( HémoclLromooèiie )

Hématoporphjrine.

Caractères spectroscopiques des dérivés de l'hémog^lobine

SPIÏCTROSCOPIE DU SANG.

liaison de l'héinoglobinL' avec le gaz oxyde de carbone puis l'hémoglobine bioxy-azotée, composé encore plus stable que le précédent. Enfin l'hémoglobine se combine encore avec l'acide carbonique, l'acétylène, le cyanogène, le sulfure de carbone. Mais l'étude de ces altérations toxicohémiques du sang appartient à d'autres chapitres de ce Traité de pathologie générale et aux recherches médico-légales. Nous ne les rappelons ici que pour montrer l'utilité qu'il peut y avoir à examiner, dans l'agonie ou même aussitôt après la mort, le sang des individus présentant des signes d'intoxication. Enfin, il est des circonstances nombreuses où l'on a un grand intérêt à affirmer le moment ultime de la cessation de la vie alors qu'on peul, avec quelques gouttes de sang, constater la réduction absolue de l'oxyliémoglobine, c'est-à-dire sa transformation complète en hémoglobine réduite, dans le sang des capillaires, qui est un signe certain de la mort d'une application facile puisqu'il suffit, pour le reconnaître, d'examiner dans Thématospectroscope quelques gouttes de sang recueillies par la piqûre d'une veine de l'avant-bras ou même de la pulpe d'un des doigts.

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