DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DE L'OXYIIÉMOGLOBINE
ment, dans certaines conditions de milieux, suivant les exercices qui mettent plus ou moins activement en jeu les masses musculaires et le mécanisme respiratoire, mais obéissant à cette loi générale, qu'à de mêmes conditions correspondent d'analogues variations.
Les variations diurnes se présentent avec régularité; à l'état physiologique, l'activité de réduction est plus faible le matin, elle atteint son maximum au moment des repas et dans les heures suivantes, elle diminue vers six heures et descend à son minimum pendant la nuit.
Les agents physiques modifient l'activité de la réduction par action locale et par action générale. L'influence du froid et de la chaleur est très facilement appréciable par l'emploi des bains, des douches, de la réfrigération. Mais les expériences suivantes sont tout à fait démonstratives.
Ayant plongé le pouce dans la glace pilée où il est maintenu pendant trente secondes, j'examine l'activité de la réduction, dans la glace, et je la compare à celle qui existait avant le refroidissement. Elle était diminuée de la moitié ou des deux tiers. J'enlève la ligature, le pouce est laissé à l'air libre à 22° C, et j'examine à nouveau l'activité de la réduction, celle-ci est alors trois ou quatre fois plus grande que dans le pouce observé sous la glace. C'est le phénomène de la réaction locale; mais il y a plus, en effet, l'activité est également augmentée, à un degré moindre il est vrai, dans le pouce de l'autre main, qui n'a pas été refroidi.
Il y a donc eu action locale, puis réaction locale et générale de la réfrigération. L'influence des températures élevées ne peut être étudiée que dans des limites plus restreintes, car on peut difficilement maintenir le pouce dans l'eau dont la température dépasse 55° C ; mais, pour augmenter la variation de température, j'ai maintenu le pouce dans de l'eau à 10 degrés pendant une minute avant l'examen, et j'ai constaté alors, sous l'influence de réchauffement à 55 degrés, une augmentation de l'activité de 0,5 à 0,8, soit de un tiers.
L'action des bains d'eau douce à 54 degrés, et durant vingt à trente minutes, amène ordinairement une augmentation de l'activité, mais pour les bains médicamenteux, les bains sulfureux, les bains salins, les bains thermaux, arsenicaux, alcalins ou autres, les conditions sont plus complexes, ainsi qu'il résulte de mes observations et de celles de mes élèves Lejard, Binet, Porge, Tripet.
L'influence des efforts, des exercices plus ou moins violents ou prolongés, est très précise sur l'activité de la réduction, mais elle est fort variable, suivant le mode de l'exercice et suivant la nature des efforts; néanmoins, j'ai pu établir certaines lois générales qui permettent de comprendre la cause de ces variations.
Les exercices violents ou l'exercice modéré longtemps prolongé agissent sur la respiration et sur la circulation. D'une part, l'activité de la circulation produite par les contractions musculaires et aussi par la tension artérielle et cardiaque, d'autre part, la rapidité ou l'amplitude des
SPECTROSCOPIE DU SANG
mouvements respiratoires, ont pour conséquence une augmentation de l'activité des échanges, constatable par une diminution de la durée de la réduction.
Si l'effort est trop longtemps prolongé, si l'exercice a été violent, on constate des troubles dans la circulation et la respiration, troubles qui s'affirment par la sensation de fatigue, de perte de puissance musculaire, et plus nettement encore par la sensation d'essoufflement, qui, portée à son plus haut degré lorsque la chaleur, l'encombrement s'y ajoutent, produit dans des troupes en marche la syncope ou des troubles asphyxiques (phénomènes d'insolation et de surmenage).
Dans ces cas-là, il se produit une diminution dans l'activité de la réduction, soit parce que les échanges sont ralentis par action nerveuse, soit parce que l'oxygénation de l'hémoglobine ne se fait plus normalement dans les poumons, soit enfin parce que la consommation de l'oxyhémoglobine par les muscles est exagérée. Quelques exemples feront comprendre toutes ces actions différentes.
De simples efforts, tels qu'une série de 40 pressions avec la main sur un dynamomètre, augmentent l'activité qui, égale à l'unité, avant l'expérience, monte à 1,10 et 1,20.
Les ascensions à la tour Eiffel sont un moyen très précis de mesurer l'effet des efforts dus à l'ascension par les escaliers, parce qu'il est facile de calculer le travail produit jusqu'à la hauteur de 300 mètres.
Observations. — Ascensio7is à la toiir Eiffel. Trois personnes montent à pied au sommet de la tour, l'ascension dure quarante-quatre minutes. L'étude de l'activité de la réduction donne les résultats suivants :
L'activité est augmentée chez les deux premiers qui ont produit un travail évaluable en chiffre rond à 0,10 cheval-vapeur; chez le troisième il y a eu diminution; mais, comme il pesait davantage, le travail était de 0,12 cheval-vapeur et, en outre, le sujet de l'observation était fatigué et essoufflé; chez lui seul le nombre" des respirations était augmenté (56 à la minute).
\J escrime est un des exercices les plus complets et les plus actifs. Elle s'accompagne d'efforts, d'excitations musculaires rapides, brusques, variées, et met en jeu tout le système musculaire, avec des associations coordonnées et un notable développement de l'énergie cérébrale; c'est pourquoi on observe facilement de grandes variations de l'activité, suivant la prolongation, la vigueur des efforts, suivant aussi l'entramement.
C'est ainsi, qu'examinant plusieurs sujets en bonne santé et dans diverses conditions, j'ai trouvé, en règle générale, une augmentation de l'activité dans les leçons régulières, mais quelquefois aussi une diminution à la suite d'assauts trop vivement menés.
L'usage du tricycle et du vélocipède développe l'activité de la réduction et deviendra, dans l'avenir, un moyen de thérapeutique pour obtenir la régularisation des échanges, aussi bien qu'il est déjà un exercice hygiénique et un mode de sport fort en vogue.