‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 5)Chapitre 76 sur 131 · II. — VERTIGE ET ICTUS LARYNGÉS · texte numérisé non relu

II. — VERTIGE ET ICTUS LARYNGÉS

Ce syndrome, car il ne s'agit pas là d'une maladie à proprement parler, a été décrit tour à tour sous les noms divers de vertige, d'ictus, de syncope, de lipothymie, d'épilepsie, d'apoplexie laryngés. Il n'a pas encore trouvé une dénomination satisfaisante, parce qu'on en connaît mal la

ACCIDENTS RÉFLEXES D'ORIGlîS^E LARYNGÉE.

nature. Le terme d'ictus qui a le mérite, dans le cas présent, de rester dans le vague est celui qui parait préférable jusqu'à nouvel ordre.

C'est Cliarcot (') qui, en 187G, publia le premier cas de vertige laryngé; il lui donna ce nom par comparaison avec le vertige ah aure lœsa. Depuis cette époque une cinquantaine d'observations analogues ont été publiées tant en France qu'à l'étranger (^). Bien que ce nombre d'observations soit restreint, il est vraisemblable que l'ictus laryngé est moins rare que ne le ferait croire cette statistique et qu'il paraîtrait bien plus fréquent si l'on en recherchait systématiquement l'existence chez une certaine catégorie de malades. Garel et Collet ont fait, il y a quelques années, une étude complète de la question reposant sur une série de cas personnels et à laquelle il y a peu à ajouter.

Presque toutes les observations publiées jusqu'ici concernent des hommes : 5 fois seulement l'ictus laryngé survint chez des femmes; le sexe féminin est donc exceptionnellement atteint. D'autre part c'est presque exclusivement de 50 à 60 ans, mais en particulier de 40 à 50 qu'il a été observé.

Symptomatologie. — Rien que les faits d'ictus laryngé connus jusqu'à ce jour soient un peu disparates, on peut cependant tracer du syndrome une description qui répond à la majorité des cas et qui est la suivante. Un homme d'âge moyen, vieux tousseur le plus souvent, éprouve au larynx un picotement qui détermine une quinte de toux ; immédiatement il tombe à terre, privé de connaissance ou simplement étourdi; après quelques secondes à peine, il revient à lui, se relève surpris de l'effroi des personnes présentes et reprend son occupation interrompue.

Malgré sa courte durée, l'attaque peut être décomposée en trois temps représentés respectivement : le premier, par l'irritation laryngée qui semble le point de départ et qui marque en tout cas le début des acci-

(') Charcot, Gazette inéd. de Paris, 1876, n" 49, p. 588, et Pro(jrcs méd., 26 avril 1879, p. 367.

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SÉMIOLOGIE DU LiRYNX.

(lents; le deuxième, par la perte de connaissance; le troisième, par le retour à l'état de santé.

1° Début de f accès. — L'irritation de la gorge est d'ordinaire nettement localisée au larynx ; elle se traduit par une sensation de chatouillement suivie de toux, ces deux phénomènes constituant une sorte d'aura. Au lieu d'un chatouillement, c'est parfois un picotement ne différant en rien de celui qui provoque vulgairement la toux; moins conununément c'est une sensation de hrûlure, de resserrement, de strangulation : dans ce dernier cas, il n'est pas rare que le malade accuse une sensation d'étouffement ou hien celle d'un corps étranger dont il cherche à se débarrasser par des efforts de toux. Exceptionnellement ces sensations ne sont pas localisées dans le larynx môme, mais un peu au-dessous, dans la région supérieure de la trachée (chatouillement et gene rétrosternale), ou bien au-dessus, dans la partie inférieure du pharynx.

La toux, d'intensité variable, est en général violente : elle est alors quinteuse et peut s'accouqiagner de spasme glottique avec anxiété et sensation d'asphyxie; d'autres fois c'est une petite toux sèche; dans quelques cas enfin, on a vu la chute à terre survenir après un seul coup de toux.

Ces phénomènes d'irritation laryngée surviennent sans cause apparente ou bien sont provoqués par des causes occasionnelles qui peuvent être toujours les mêmes chez un même malade : c'est ainsi que les accès auront constamment lieu chez l'un au moment des repas, chez un autre le soir après dîner, chez un troisième trois ou quatre heures après les repas. Dans un certain nombre de cas, la fumée de tabac a paru avoir une influence déterminante assez nette, plusieurs sujets ayant été frappés d'ictus alors qu'ils fumaient ou qu'ils respiraient un air chargé de fumée. La position debout, assise ou couchée, ne joue aucun rôle dans le retour des accès, un même malade pouvant en avoir successivement dans ces diverses positions. L'odeur de chloroforme, d'éther, de cuisine déterminait, dans un cas, les phénomènes d'irritation laryngée précurseurs de la perte de connaissance. Chez certains malades, Cardarelli les faisait naître en exerçant une pression sur le pneumogastrique au niveau du bord antérieur du sterno-mastoïdien. On voit combien ces causes occasionnelles sont nombreuses : non seulement elles diffèrent avec chaque malade, mais chez un même sujet elles peuvent varier d'un accès à l'autre.

Chez certains malades l'irritation laryngée est réduite à son minimum, le chatouillement et la toux font défaut : l'accès survient sous l'influence d'une cause insignifiante, à la suite d'un éclat de rire ou d'un rire étouffé, à l'occasion d'une expiration violente, comme celle que provoque l'action de souffler une bougie, au moment de l'inspiration d'une poussière, d'un air chaud ou d'un air froid.

2° Perte de connaissance. — Elle n'est pas toujours complète et l'on peut distinguer deux degrés dans l'attaque.

a. L'un, le premier degré, représente un ictus atténué, incomplet.

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