ACCIDENTS KÉFLFAES D'ORIGINE LARYNGÉE
Mlle ébauche d'accès ou un accès avorté. On pourrait conserver à cet accès incomplet le nom de vertige laryngé. Certains auteurs voudraient (41 faire un syndrome distinct, ayant une patliogénie spéciale et relevant d'un simple trouble circulatoire.
h. L'autre, le second degré, correspond à l'ictus proprement dit. Ces deux degrés peuvent se montrer successivement chez le même malade et les accès de vertige et d'ictus peuvent s'entremêler.
Lorsque l'accès ne franchit pas le premier degré, les choses se passent de la façon suivante : le malade éprouve subitement une sensation d'obnubilation, d'étourdissement avec ou sans bourdonnements d'oreille. Ce n'est pas un vertige à proprement parler, c'est plutôt un éblouissement, une sorte de vague cérébral qui Foblige à prendre un point d'appui, à se cramponner au premier objet venu : pendant une ou deux secondes, il est en imminence de chute, mais il ne tombe pas.
Dans l'ictus proprement dit, au contraire, le malade s'affaisse, évanoui. S'il est debout, il tombe foudroyé, comme dans une attaque apoplectiforme ; il se blesse parfois dans cette chute soudaine. S'il est assis, sa tête s'affaisse, son menton s'incline sur sa poitrine, sa main laisse échapper l'objet qu'elle tenait. Tantôt et le plus souvent, surtout quand l'accès a débuté par une toux violente, spasmodique, son visage est congestionné, turgescent, violacé; tantôt, au contraire, lorsque la toux a été légère, la face est pâle et les traits sont tirés.
La toux s'arrête dès le début de l'absence ou de la perte de connaissance. Pendant cette période, le pouls est faible et lent; les battements du cœur sont à peine perceptibles, puis ils reviennent peu à peu comme dans la syncope : c'est du moins ce qui se passait chez les deux seuls malades où cet examen put être fait (Thermes, Kurz).
Il n'est pas rare d'observer pendant l'évanouissement des mouvements convulsifs, ordinairement bilatéraux, survenant de préférence dans les membres supérieurs ou la face et revêtant la forme clonique : ils se bornent, d'ailleurs, à quelques secousses ; c'est rarement une véritable trépidation. On n'a constaté jusqu'ici ni morsure de la langue, ni miction involontaire, ni aphonie, ni paralysie; il ne se produit ni nausées, ni vomissements.
0° Fin de V accès, — Au bout de quelques secondes, d'une minute au plus, le malade revient à lui : étonné de se trouver à terre, il se lève sans le secours de personne et reprend sa conversation interrompue, son repas, sa lecture, sa partie de cartes, surpris et riant de voir encore sur le visage des assistants l'impression de frayeur que leur a laissée cette courte scène. Rarement il conserve pendant quelques instants un peu d'hébétude, un léger étourdissement, de la confusion des idées, de la fatigue de la vue ou encore un sentiment d'oppression. Plus exceptionnellement encore, on a noté à la fin de la crise le rejet d'un peu de mucus ou de quelques crachats sanguinolents .
Les accès sont des plus capricieux dans leur retour; le premier peut
SÉMIOLOGIE DU LARYNX.
rester unique et ne pas se reproduire dans tout le cours do l'existence; d'autres fois, au contraire, les crises se répètent à intervalles rapprochés; on en a compté jusqu'à douze ou quinze dans la même journée. Chez certains malades, elles réapparaissent tous les hivers, à chaque poussée de laryn go-trachéite aiguë ; chez d'autres, elles se reproduisent à échéance très éloignée, à dix, quinze ou vingt ans de distance. Gomme l'ictus laryngé ne laisse aucune trace à sa suite, la plupart des malades ne s'en inquiètent nullement, ils semhlent ignorer les accès auxquels ils sont sujets : c'est ainsi que de vieux tousseurs atteints, selon leur expression, de quintes à rouler par terre, sont frappés de temps en temps, à leur insu, d'accès de vertige laryngé. Cette règle présente toutefois quelques exceptions : il est des cas où les accès constituent la principale préoccupation du malade et, par leur retour fréquent, retentissent d'une façon fâcheuse sur son moral.
Sémiologie. — L'ictus laryngé n'a qu'une faihle valeur sémiologique. C'est un syndrome qui se produit souvent sans lésion locale appréciahle : de là la dénomination d'ictus laryngé essentiel sous laquelle il est encore habituellement décrit. On sait cependant, aujourd'hui que les observations s'en sont multipliées, qu'il est parfois lié à l'existence de lésions qui, bien que banales d'ordinaire, jouent cependant un rôle dans son apparition ; on sait enfin qu'il peut être lié au tabès et posséder alors une valeur sémiologique et pronostique indéniable. Par opposition à Yictus essentiel, les ictus associés à ces diverses causes ont été dénommés ictus symptoniatiques . La question de l'ictus laryngé n'étant pas nettement élucidée, ces causes méritent d'être passées en revue quoique la plupart doivent être considérées comme des causes prédisposantes, plutôt que comme des causes déterminantes.
Les affections des voies respiratoires occupent la première place parmi les causes prédisposantes : les individus atteints de vertige laryngé sont presque toujours de vieux tousseurs. La bronchite chronique, l'emphysème, les bronchites récidivantes, la tuberculose pulmonaire sont signalés dans un grand nombre d'observations. Quatre des vingt malades de Garel et Collet étaient asthmatiques ; l'un des trois malades de Moncorgé l'était également, sans d'ailleurs que, dans ces divers cas, les ictus présentassent dans leur retour le moindre rapport avec les accès d'asthme. Le larynx est absolument indemne dans la moitié des cas ; dans l'autre moitié, on a noté des lésions insignifiantes, telles qu'une légère rongeur marginale des cordes; le cas de Cartaz, où l'amygdale linguale hypertrophiée venait frotter contre l'épiglotte, celui de Sommcrbrodt où il existait un polype du larynx, sont exceptionnels.
Des lésions nasales (hyperémie, hypertrophie, polypes) ont été plusieurs fois observées : il n'y a pas lieu de s'en étonner, lorsqu'on connaît leur influence sur le développement des troubles laryngés (catarrhe, spasme, etc.). Dans la gorge on a constaté des lésions banales et contin-