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ACTION DU FOIE SUR LES POISONS

lions, bien qu'on ne puisse dire si elles ont lieu dans le sang lui-même ou dans les tissus. Enfin, depuis quelque temps, on commence à connaître le rôle important que joue le sérum sanguin dans la destruction de certains poisons. L'idée n'est pas nouvelle. Râbuteau avait supposé que la résistance du cobaye à l'action de l'atropine tenait à la liante alcalinité de son sang qui dédoublerait l'alcaloïde en deux corps inactifs, l'acide tropique et la tropine. Eteckel supposa également que l'atropine se transformait dans le sang des Herbivores. Ce n'étaient là que des hypothèses ingénieuses. La démonstration de l'action antitoxique du sang a été donnée par les bactériologistes: elle fut établie d'abord pour les animaux vaccinés, dont le sang acquérait la propriété de détruire les toxines microbiennes ; cette découverte fondamentale, due à Behring et Kitasato, conduisit Ehrlich à donner une démonstration analogue pour l'abrine et la ricine ; ces deux substances sont neutralisées par le sérum des animaux qu'on a rendus réfractaires à leur action. Et ce n'est pas seulement chez les vaccinés que le sang est toxinicide; il peut l'être également chez les animaux doués d'une immunité naturelle; MM. Phisalix et Contejean ont démontré que le sang de la salamandre terrestre, animal réfraetaire au curare, abolissait l'action de ce poison. Voilà donc un nouveau point de contact entre le mode de protection de l'organisme contre les toxines microbiennes et les poisons des végétaux supérieurs.

Le rôle des leucocytes dans la défense de l'organisme contre les poisons semble moins important ou plut ôt est moins bien établi ; pour quelques auteurs, par exemple, les leucocytes s'empareraient des peptones et les empêcheraient ainsi d'exercer leur action nocive.

C'est généralement dans l'intimité des organes que se passent les principales modifications des poisons. Mais pour qu'une action protectrice puisse se produire, il faut que l'empoisonnement ait été assez lent pour permettre la diffusion des substances nocives. Comme le fait remarquer si justement M. Héger, dans l'intoxication rapide par l'oxyde de carbone, le sang n'est pas oxycarboné dans toute l'économie, il ne l'est pas dans la rate et la moelle des os; ces organes n'ont pas eu le temps d'exercer leur rôle. Il en est exactement de même pour les alcaloïdes : les organes protecteurs n'agissent que si le poison arrive assez lentement et dans un état suffisant de dilution.

De tous les organes qui luttent contre l'intoxication, c'est le foie qui possède le rôle le plus curieux.

Action du foie sur les poisons. — Placé comme une barrière sur le trajet des substances qui proviennent de l'intestin, le foie en arrête quelques-unes et leur fait subir d'importantes modifications : divers corps minéraux s'y emmagasinent; les poisons normaux de la digestion s'y transforment; les matières azotées provenant de la désassimilation y donnent naissance à de l'urée; les alcaloïdes s'y accumulent et s'y modifient. Ajoutons que la bile, comme l'ont montré les expériences d'Orfila, Cl. Bernard. Chrzonszczewsky, Heidenbain, Peiper, Mosler. etc., peut

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rservir à l'élimination d'un grand nombre de substances. C'est ce qu'on saisira facilement en parcourant le tableau suivant :

Substances. Présence dans la bile. Absence dans la bile.

Sulfate de cuivre Cl. Bernard : Plus que dans l'urine.

Mosler : Moins que dans l'urine.

Svthuminate de cuivre . . . Feltz et Rittcr : Plus que dans ï urine.

Sucre de plomb Annuschat : 1/H « 1/3 est arrêté par le

foie ; dans la bile, quantités très variables.

Citrate «le fer

Paganuzzi : Quand l'injection est faite

par une veine mésaraïque.

Bouchard : Id.

Cl. Bernard.

Àntenrieth et Zeller : Plus que dans le

sang, lors de frictions avec un on-

guent.

Sels de fer, de manganèse.

d'antimoine, d'étain, d'ar-

gent et de zinc

Lussana.

Marmé.

Mosjer : Mais

mutation dans le foie.

"Bismuth Brick.

{(>de Melsens : Id.

lodurc de potassium Cl. Bernard, Mosler, Lussana, Peiper:

G « 8 heures après l'administration.

Nitrate de potassium Mosler.

Chlorate de potassium. . . Isambert.

Fcrrocyanure de potassium. . Bouley et Colin Peiper.

Sulfoevanurc de potassium. . Peiper : Traces.

Salicylatc de soude Peiper : 1/2 heure ajirès l'injection,

au-dessus de 0?r,5.

SuHindigotate de soude . . . Diakanow, Heidenhain, Chrzonszczewsky.

Fuchsine Husson, Feltz et Rittcr, Chrzonszczewsky.

Indigo-carmiri , rouge d'aniline. Chrzonszczewsky.

€arminate d'ammoniaque, bleu

de Berlin, bleu d'aniline Chrzonszczewsky.

Mat. -colorantes de la rhubarbe. Heidenhain.

Acide benzoïque CI. Bernard, Mosler.

Acide phénique Peiper: Traces.

Térébenthine Cl. Bernard.

•Sucre Cl. Bernard, Mosler.

Albumine . Mosler.

-Quinine Albertoni et Ciotto. Cl. Bernard, Mosler,

Jacques.

Nicotine i Jacques.

Strychnine Jacques : Traces.

■Curarine Lussana.

Caféine Strauch.

Chlorophylle Wertheimcr.

Un grand nombre de poisons minéraux, qu'ils s'éliminent ou non par la bile, peuvent s'accumuler dans le foie. Il en résulte que, lorsqu'on injecte ces substances comparativement par une veine périphérique ou par

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