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ACTION DES POISONS SUR LES ORGANES DES SENS

sympathique ou par action de l'atropine; chez le chat, au contraire, il s'agit d'un myosis spasmodique central.

D'après M. Vibert, l'action de la morphine sur la pupille serait proportionnelle à la quantité introduite; à faible dose, le myosis diminue légèrement dans l'obscurité et augmente sous l' influence de la lumière ; à haute dose, il persiste sans changement quel que soit l'éclairage.

La muscarine et la pilocarpine rentrent dans le groupe des myotiques spasmodiques périphériques. La pilocarpine injectée dans les veines dilate la pupille, au lieu de la rétrécir, ce qui tient à une excitation des terminaisons nerveuses intra-abdominales du sympathique ; car le phénomène ne se produit plus après section du vago-sympathique cervical (Vulpian). Quand, au contraire, la pilocarpine est introduite dans l'œil, elle provoque un myosis spasmodique qui dure environ deux heures, puis fait place à une dilatation qui se prolonge pendant deux jours; la section du sympathique empêche cette dilatation secondaire. Tous les animaux ne sont pas également sensibles à l'action myotique de cet alcaloïde; les tortues, par exemple, ne présentent aucune manifestation; chez les grenouilles, le myosis, qui est provoqué par une dose de c2 milligrammes, est remplacé par la mydriase, si la dose de poison atteint 10 milligrammes.

L'ésérine est le myotique le plus souvent employé en ophtalmologie; il suffit d'introduire une goutte d'une dilution au 1/1000 et même au l /1 00 000 pour observer une contraction de la pupille; le phénomène ne se produit pas chez tous les animaux : on ne l'observe ni sur la grenouille ni sur la poule. On a beaucoup discuté sur l'action de cet alcaloïde ; Ragow, Rossbach, pensaient qu'il provoquait une excitation de la 5e paire; Legros invoqua une simple congestion des vaisseaux irions et ciliaires ; mais aujourd'hui on tend à admettre, avec Harnack, que son action porte sur le muscle lui-même.

La pilocarpine, la muscarine, l'ésérine produisent en même temps, des troubles de l'accommodation; ceux-ci sont peu marqués avec la pilocarpine qui provoque simplement un peu de myopie, due en partie à l'augmentation de la tension intra-oculaire. C'est la muscarine qui agit le plus activement sur F accommodation. Elle produit un spasme du muscle ciliaire avant de toucher le muscle irien; c'est l'inverse avec l'ésérine; la muscarine a pour effet de rapprocher le punctum remotum, et plus tard le punctum proximum : elle diminue ainsi l'amplitude de l'accommodation; l'ésérine produit l'effet contraire, car elle rapproche le punctum proximum, le punctum remotum restant normal et parfois s'éloignant.

Enfin il existe quelques poisons autogènes dont le mode d'action sur la pupille n'a pas été étudié suffisamment : telle est la substance myotique de l'urine. Peut-être s'agit-il d'une paralysie du sympathique, comme semble l'attester la dilatation des vaisseaux auriculaires. Pourtant l'arrachement du ganglion cervical supérieur n'amène pas une constriction aussi marquée que certaines urines.

Pour les poisons mydriatiques, Robert adopte une classification analogue

LES INTOXICATIONS

à celle qu'il propose pour les myotiques et les divise en trois groupes : le premier comprend les substances produisant une mydriase spastique centrale; c'est l'aconitine qui amène le rétrécissement de la pupille, quand elle est injectée dans l'organisme et reste inactive quand on l'instille dans l'œil; au moment de la mort le spasme cesse et la pupille se dilate.

Dans le deuxième groupe se trouve la tétrahydronaphtylamine, qui agit aussi bien injectée sous la peau ou introduite dans l'œil; elle excite le sympathique, et porte ses effets sur les terminaisons de ce nerf et accessoirement, d'après Filelme, sur les parties centrales; elle produit donc surtout une mydriase spasmodique périphérique.

Le plus important de tous les mydriatiques est l'atropine, qui est un paralytique périphérique. La dilatation se produit, que le poison soit introduit dans la circulation générale ou placé directement au niveau de l'œil. Mais l'atropine n'agit pas chez tous les animaux; elle reste sans action cliez les oiseaux; le chat, au contraire, y est extrêmement sensible; pour l'homme, il suffit d'introduire une goutte d'une solution au 1/1000 de sulfate neutre pour taire dilater la pupille. Le lapin est peu sensible à l'action de l'atropine; parfois une petite quantité de cet alcaloïde, 0mg,,5 par exemple, provoque un myosis passager (Rossbach et Frohlich).

On a longuement discuté sur le mode d'action de l'atropine; il semble établi aujourd'hui qu'il s'agit d'un phénomène paralytique périphérique et non central, car l'excitation de l'oculo-moteur rétrécit encore la pupille, et la dilatation se produit sur l'œil extirpé de l'orbite. Enfin Flemming a montré qu'en déposant une trace d'atropine sur le diaphragme irien, on obtient une dilatation locale, au point touché. Resterait à établir si l'atropine porte son action sur la fibre musculaire elle-même ou sur les terminaisons nerveuses.

Il existe d'autres poisons qui agissent comme l'atropine ; telle est In duboisine qui produit aussi la mydriase paralytique périphérique. De même que certains poisons myotiques provoquent un spasme de l'accommodation, certains poisons mydriatiques déterminent une paralysie du muscle ciliaire; la duboisine et l'atropine produisent ce phénomène.

Enfin, parmi les poisons agissant sur la pupille, il faut citer encore le chloroforme ; les effets de cet anesthésique varient suivant la période qu'on envisage; pendant l'excitation les pupilles sont dilatées, les réactions sont lentes; pendant l'anesthésie les pupilles sont rétrécies et se dilatent légèrement sous l'influence d'une excitation périphérique, comme une piqûre cutanée; à la fin se produit une dilatation permanente. Le chloral amène des modifications analogues : au début la pupille est dilatée, elle est rétrécie pendant la période de sommeil, mais les excitations nerveuses font cesser le myosis.

La musculature externe de l'œil peut être atteinte dans bien des cas et ses troubles se traduisent par du nystagmus, du strabisme, de la perte des mouvements associés.

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