‹ Traité de pathologie générale [electronic resource]Chapitre 35 sur 137 · LES LÉSIONS TRAUMATIQUES ET LEURS CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

LES LÉSIONS TRAUMATIQUES ET LEURS CONSÉQUENCES

arriver à s'entendre pour les quelques variétés de streptocoque qu'on rencontre chez l'homme.

Mais s'il produit souvent de la suppuration, le streptocoque détermine rarement de Vérysipèle chez les animaux ; on en a pourtant observé des cas chez le cheval, le bœuf, le chien, et l'on peut facilement reproduire la maladie chez le lapin ; mais, le plus souvent, les éruptions cutanées d'apparence érysipélateusc sont dues à des staphylocoques et notamment au staphylocoque blanc.

Parmi les septicémies moins importantes ou moins étudiées, il convient de signaler la fièvre pétéehiale ou anasarque du cheval, assimilée en Angleterre au purpura hémorrhagique et survenant soit après un traumatisme (Siedamgrotzky), soit à la suite d'une autre maladie infectieuse; l'agent pathogène en est inconnu. Citons encore diverses affections dues à des microbes plus ou moins analogues au proteus; la septicémie des lapins, dont on a pu retrouver l'agent chez l'homme (Babes), le choléra des poules, dont le bacille produit une infection généralisée chez la poule et le lapin, tandis qu'il ne détermine chez l'homme et le cobaye que des abcès circonscrits. 11 existe chez les Poissons et les Batraciens des septicémies qui semblent transmissibles aux mammifères; le Bacillus hydrophilus fuscus (/), par exemple, est également pathogène pour les poissons, la grenouille, le lapin et le cobaye.

Un grand intérêt s'attache aux maladies causées par le Bacillus coli communis; ce microbe, qui se rencontre dans le tube digestif de presque tous les Mammifères, provoque des infections assez variées dans leur physionomie clinique; il peut être pyogène chez toutes les espèces et représente la cause principale des péritonites par perforation, des angiocholites suppurées, des septicémies d'origine intestinale; on voit fréquemment les lapins succomber à une diarrhée abondante ; et l'on constate par l'examen bactériologique que les accidents sont dus au Bacillus coli, qui a envahi leur organisme.

Le tube digestif sert d'habitat à d'autres bactéries pathogènes. Chez le cheval, on trouve le vibrion septique, agent de la septicémie gangreneuse ou gangrène gazeuse, et le bacille du tétanos. Ces deux microbes anaérobies, répandus en abondance à la surface du sol, envahissent facilement les plaies anfractueuses, souillées par de la terre ou des poussières, trouvant dans les tissus contus et mortifiés un milieu favorable à leur développement ; la maladie pourra ensuite se propager au moyen des instruments malpropres; elle pourra se transmettre à d'autres animaux, moutons, chèvres, plus rarement carnassiers, et même à l'homme. Le tétanos est surtout fréquent dans les pays tropicaux; à Saint-Domingue, par exemple, il survient communément à la suite des opérations pratiquées

(*) Sanarelli, Ucber einen neuen Mikroorganismus des Wassers. Centralblatt fùr Bakteriologie, B. IX, S. 193, 1891. — Roger, Une épizootie observée cbez des grenouilles. Bull, de la Soc. de Biol., 8 juillet 1895

PATHOLOGIE COMPARÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX

sur les Equidés et cause une telle mortalité que le prix des chevaux hongres est deux fois plus élevé que celui des chevaux entiers.

Le charbon symptomatique, si hien étudié par MM. Arloing, Cornevin et Thomas (*), est une infection analogue à la septicémie gangreneuse ; hien que les différences entre les deux agents pathogènes soient secondaires, on tend néanmoins à considérer ces maladies comme différentes et Ton admet que, contrairement à la gangrène gazeuse, le charbon symptomatique ne se transmet pas à l'homme.

Il existe encore d'autres maladies, qui rentrent dans le groupe des septicémies et semblent spéciales aux animaux : tels sont le rouget du porc, la peste porcine, la pneumo-entérite, la barbone des buffles, la dysenterie des nouveau-nés, la maladie épidémique des animaux sauvages, etc.

Fièvres éruptives. — L'histoire des fièvres éruptives présente un grand intérêt.

La rougeole semble tout à fait spéciale à l'homme; la scarlatine, d'après Klein, existerait chez la vache et serait due à un streptocoque qui se trouverait dans le lait et servirait à transmettre l'infection; ces faits, malgré leur intérêt, commandent la plus grande réserve.

Mais c'est surtout sur les maladies varioliformes que les auteurs ont discuté (2).

Il en est une qui est commune aux animaux et à l'homme, ou plutôt qui est transmissible à ce dernier, c'est la vaccine. A peine est-il besoin de rappeler que le horse-pox du cheval s'inocule à la vache, que le cow-pox s'inocule à l'homme et qu'ensuite il peut faire retour à la vache et au cheval. Quant aux relations qui existent entre la vaccine et la variole humaine, il est bien difficile de se prononcer actuellement; à la suite des travaux de Eternod et Haccius et de Fischer, les unicistes ont paru triompher; les recherches de Pourquier, de Juhel-Rénoy et Dupuy tendent au contraire à nous ramener aux idées dualistes soutenues depuis longtemps par M. Chauveau. S'il peut rester des doutes légitimes sur cette question, il n'en existe pas pour les autres infections qu'on a voulu rapprocher de la variole humaine ; on s'accorde de plus en plus à y voir des maladies distinctes, dételle sorte qu'il faut admettre aujourd'hui, dans le genre variole, les espèces suivantes :

La variole humaine, inoculable au cheval, au bœuf, au porc, au mouton, à la chèvre et au chien.

La variole équine et bovine [horse-pox et cow-pox), inoculable à l'homme (vaccine), au jeune chien, au porc et parfois au lapin.

La variole porcine, inoculable à l'homme et à la chèvre (Gerlach) et à laquelle on a attribué une origine tantôt humaine, tantôt ovine.

(') Arloing, Cornevin et Thomas, Le charbon symptomatique. Paris, 1887, 2e éd. (2) Bouley, Les progrès en médecine par l'expérimentation. Paris, 1882. Pourquier et Ducamp, Sur la question de l'identité de la vaccine et de la variole. Semaine médicale, 1893, p. 476.

Page 1