DIPHTÉRIE ET AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES
La clavelée spéciale aux Ovidés, mais qui peut se transmettre par coulage ou par inoculation, au bœuf, au cheval, au porc et même à l'homme (Schmidt), tandis qu'elle épargne la chèvre.
La variole de la chèvre, qui est très rare et ne s'inocule pas au mouton.
La maladie des chiens, dont l'agent n'est pas connu, et qui consiste en une phlcgmasie catarrhale des voies respiratoires et de la muqueuse oculaire avec ou sans éruption cutanée ; elle se complique fréquemment de pneumonie, d'inflammations viscérales, de méningite cérébrale ou spinale, de myélite et d'encéphalite; ce qui lui donne un grand intérêt, c'est qu'elle laisse souvent, à sa suite, des affections nerveuses chroniques, notamment des parésies et des tics.
La maladie des chats semble identique à la précédente et frappe également les jeunes sujets.
On a voulu identifier la gourme du cheval à la variole de l'homme (Viborg, Toggia, Trasbot); c'est en réalité une maladie spéciale due à un streptocoque que Schùtz a découvert; caractérisée au début par une phlegmasie des voies respiratoires, elle donne souvent des abcès multiples qui parfois finissent par entraîner la mort. Au cours de la gourme, on peut observer des éruptions ortiées, qui ont été confondues avec le horse-pox.
Reste la fièvre aphteuse, qui frappe les Bovidés, les moutons, les chiens, les porcs, et peut se transmettre à l'homme, comme l'avaient déjà établi les recherches de Michel Sa'gar (1765). Ce résultat trouve une confirmation dans la coexistence fréquente d'épidémies et d'épizooties, dans l'inoculation accidentelle chez les boucliers et les garçons de ferme, et surtout dans les nombreux cas dus à l'usage du lait, qui n'est pas virulent par lui-même, mais le devient par son mélange avec le liquide des pustules développées sur les trayons.
Diphtérie et affections pseudo-membraneuses. — Les derniers travaux bactériologiques ont établi que les affections pseudo-membraneuses peuvent être produites par les microbes les plus divers, de telle sorte que, chez l'homme, à côté de la diphtérie due au bacille de Lœffler, il existe des affections analogues, au point de vue objectif, qui relèvent d'autres agents et notamment du streptocoque.
Chez les animaux les résultats sont semblables : les bactéries les plus diverses peuvent déterminer des fausses membranes, mais presque jamais on n'y a rencontré le bacille de Lœffler. Quelques auteurs ont soutenu, il est vrai, que la diphtérie aviaire est identique à la diphtérie humaine et ont cité des cas de contagion réciproque (*). Nous ne voudrions pas rejeter absolument les observations publiées, mais aucune ne présente jusqu'ici des garanties suffisantes pour être acceptée d'une façon définitive.
(l) Il n'est pas inutile de faire remarquer, ace propos, que, sous le nom de diphtérie aviaire, on a réuni des lésions fort disparates, dont quelques-unes, caractérisées par des masses caséeuses occupant le foie, ressortissent en réalité à la tuberculose.
PATHOLOGIE COMPARÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX
En étudiant les fausses membranes des Oiseaux malades, on a rencontré plusieurs espèces de parasites : le plus souvent ce sont des bâtonnets à extrémités arrondies qui ont été découverts par Lœffler chez le pigeon, retrouvés par Eberlein chez la perdrix et qui, d'après MM. Loir et Ducloux (!) peuvent produire chez l'homme des lésions pseudo-membraneuses. ,Ces bacilles s'observent dans les fausses membranes, dans les viscères et dans le sang, ce qui suffirait déjà à les différencier du véritable bacille diphtérique; ils s'en distinguent d'ailleurs par les caractères de leur culture et par leur action pathogène; très virulents pour les poules, les pigeons, les dindons, les canards et les lapins, ils sont inoffensifs pour les cobayes et les Bovidés.
D'autres fois on a trouvé des Grégarines ou des Flagellés (Pfeiffer) ; des Gercomonades ont été observées par Rivolta chez la poule, par Zùrn chez le pigeon; dans les cas de diphtérie grégarineuse, le tégument cutané présente souvent des végétations tuberculiformes, qu'on a voulu identifier au Moliuscum contagiosum de l'homme.
11 existe des affections diphtériques chez différents Mammifères, notamment chez les Bovidés. Dammann soutint, dès 1877, que la diphtérie du veau est identique à celle de l'homme, mais il n'apporta aucune preuve à l'appui de son opinion. Plus récemment, Klein a pensé que le chat et la vache peuvent être atteints par le bacille de la diphtérie humaine et servir à propager cette maladie; une pareille assertion ne peut être acceptée sans réserve, car les recherches de Lœffler ont démontré, dans la diphtérie bovine, la présence d'un bacille différent de celui qu'on rencontre habituellement chez l'homme, et les expériences de Yladimirow (2) ont établi que le bacille de la diphtérie humaine n'est guère pathogène pour les Bovidés et ne peut se transmettre par le lait. Aussi, dans l'état actuel de la science, est-on porté à conclure que les diphtéries des Oiseaux, des Bovidés et de l'homme sont dues à des agents différents, et, si l'expérimentation démontre qu'on peut inoculer le bacille de Lœffler à quelques animaux, aucune observation n'établit nettement sa transmissibilité dans les conditions habituelles de la vie.
Infections diverses . — Quelques infections humaines peuvent s'observer exceptionnellement chez les animaux. On a cité des cas de lèpre chez des chats et même chez des perroquets (?) vivant dans les asiles de lépreux; il paraît que, dans certaines contrées où la maladie est très répandue, les poissons des lacs présentent des nodosités lépreuses (?) qui déforment la tête.
Diverses maladies exotiques semblent aussi transmissibles de l'homme aux animaux. La peste décime les rats habitant les maisons des individus
(*) Lom cl Ducloux, Contribution à l'étude de la diphtérie aviaire en Tunisie. Annales de l'Institut Pasteur. Août 1894.
(2) Vladimirow, Du lait dans Pédologie de la diphtérie. Archives des sciences biologiques, t. III, p. 58. Saint-Pétersbourg, 1894.