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AFFECTIONS PRODUITES PAR LES PROTOZOAIRES

rôle des végétaux plus élevés, Oïdium, Aspergillus, Mueor, Cladôthrix, Actinomyces, Botryomyces , tend chaque jour à s'accroître.

Plusieurs de ces parasites peuvent déterminer des pseudo-tuberculoses; telle est la maladie improprement appelée farcin du bœuf et due en réalité à un Cladothrix (Nocard); on trouve une pseudo-tuberculose analogue produite par le C. astéroïdes, chez l'homme (Eppinger). Diverses variétés à' Aspergillus peuvent susciter des lésions semblables; dès 1864, M. Bouchard a signalé la pseudo-tuberculose aspergillienne du perroquet ; MM. Dieulafoy, Chantemesse et Widal, Potain, Gaucher et Sergent ont étudié une pseudo-tuberculose sévissant sur les pigeons et sur les hommes employés à les gaver; elle est produite par Y Aspergillus fumigatus qui se trouve sur les graines et infecte simultanément l'homme et les animaux. On observe encore chez les oiseaux une pneumonie mycosique due au Mucor racemosus.

Le plus intéressant de tous ces parasites est représenté par Y Actinomyces. La maladie qu'il provoque est surtout fréquente chez les Bovidés; dans certaines régions de l'Allemagne, elle atteint 5 pour 100 de la population bovine, et dans les provinces du sud de la Russie 10 pour 100 (Ignatjew) ; elle est rare en France, où on ne la rencontre guère que dans les régions de l'est, dans les pays humides et les contrées à marais salants. L'actinomycose s'observe chez le cheval, l'éléphant, le porc, le mouton et le chien ; elle peut être transmise expérimentalement au lapin et au cobaye. L'origine de la maladie doit être cherchée dans les plantes sur lesquelles pousse le parasite ; on conçoit ainsi sa fréquence chez les Herbivores. L'homme contracte ractinomycose en se piquant avec des Graminées, plus rarement au contact des animaux malades.

Des Champignons voisins de l'actinomyces peuvent produire chez le cheval des lésions analogues, tels sont le Discomyces equi (Rivolta) ou Botryomyces, que l'on rencontre dans certaines productions phlegmasiques et dans les inflammations funiculaires consécutives à la castration.

A côté des parasites végétaux, capables de provoquer des maladies infectieuses, il faut faire une place aux Protozoaires, qui représentent de véritables microbes animaux.

Des quatre classes que comprennent les protozoaires, deux seulement nous intéressent : les Pdiizopodes et les Sporozoaires.

Parmi les Rhizopodes se trouvent les Amibes, dont plusieurs espèces habitent le tube digestif et peuvent produire des colites, peut-être même la dysenterie (Lœsch, Kartulis).

Les Sporozoaires { l) se divisent en Grégarines et Psorospermies. Les Grégarines représentent des parasites qu'on rencontre surtout chez les Invertébrés. Dans ces derniers temps on en a observé chez les Mammifères; Pfeiffer (2) en a trouvé chez l'homme, dans la variole, la vaccine, la scarlatine, le zona; mais leur rôle pathogénique n'est nullement établi.

(*) Balbiani, Leçons sur les Sporozoaires. Paris, 1884.

C2) Pfeiffer, Die Protozoen als Krankhcitserrcger. Jena, 1801.

PATHOLOGIE COMPARÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX

Les Psorospermies ont un tout autre intérêt; elles comprennent quatre groupes :

1° Les Myxosporidies, que l'on rencontre chez les Poissons et que nous avons observées dans le foie d'une souris ;

2° Les Sarcosporidies (tubes de Miescher, de Rainey), qui envahissent les muscles de différents Mammifères ; Rosenbergen en a trouvé dans le myocarde d'une femme de quarante ans ;

5° Les Microsporidies, qui habitent les Vers et les Insectes et produisent, chez les vers à soie, la maladie désignée sous le nom de pébrine ;

4° Les Coccidies, auxquelles les travaux récents font jouer un rôle important dans la pathologie infectieuse. On trouve à chaque instant des Coccidies dans le foie du lapin, où elles envahissent les voies biliaires, suscitant des proliférations épithéliales et conjonctives. En étudiant la psorospermose du lapin, M. Malassez a observé des formes semblables à celles qu'on a décrites chez l'homme ; ce sont des éléments qui rappellent les cellules dites colloïdes des épithéliomes, les grains particuliers du molluscum contagiosum, de la psorospermose folliculaire végétante, etc. Podwyssozki a trouvé dans le foie de l'homme une Coccidie, le Karyophagus hominis, qui serait capable d'amener l'atrophie pigmentaire des cellules hépatiques et de susciter la prolifération du tissu interstitiel. Cet auteur, dont les observations auraient besoin d'être confirmées, soutient que les Coccidies du veau, du porc, du lapin, du pigeon ou de la poule, peuvent se transmettre à l'homme, soit directement, soit par l'intermédiaire des vers de terre qui les répandent sur les légumes.

C'est à un groupe voisin des Coccidies que la plupart des naturalistes rattachent les parasites du paludisme, les hématozoaires de Laveran, les Laverania, comme on dit justement à l'étranger. Or, des hématozoaires analogues, sinon identiques à ceux de l'homme, s'observent chez divers animaux, notamment chez la tortue et les Oiseaux (Danilewsky, Grassi et Feletti). On a décrit chez plusieurs Mammifères des accidents qu'on a voulu rattacher au paludisme : certaines observations recueillies en Italie, les bons résultats qu'a donnés parfois l'usage de la quinine, la présence d'Hématozoaires chez les mulets de l'Inde (Oser), peuvent être invoqués à l'appui de cette identification ; mais il faut reconnaître que la plupart des faits publiés sont loin d'entraîner la conviction et paraissent n'avoir rien de commun avec la malaria.

C'est surtout dans l'étiologie du cancer qu'on fait jouer un rôle important aux Coccidies. Sans aborder cette question, qui sera traitée ailleurs, nous signalerons seulement la fréquence des diverses variétés de néoplasmes chez les animaux (*). C'est le chien qui en est le plus souvent atteint; puis viennent le cheval, le chat, le bœuf, le porc, plus rarement les chèvres et les moutons; chez les Oiseaux, les tumeurs sont assez fréquentes, mais

(*) I'abiot. Gilbert et. Roger, Les tumeurs malignes chez les animaux. La Presse médicale, 14 juillet 1894.

CANCER ET NÉOPLASMES.

elles offrent des caractères histologiques particuliers. Les végétaux euxmêmes peuvent présenter des lésions néoplasiques, d'origine parasitaire, dont l'étude devrait servir de base à l'histoire pathogénique des tumeurs.

L'étiologie du cancer chez les animaux est aussi obscure que chez l'homme. Le rôle de l'hérédité semble établi par quelques observations; l'influence de l'âge est plus importante ; chez les jeunes sujets, on n'observe guère que des tumeurs bénignes (polypes, papillomes) ; le sarcome se rencontre assez souvent chez les adultes ; r épithéliome est l'apanage des vieux.

L'anatomie pathologique ne présente rien de bien spécial; contrairement à Semmer, nous avons plus souvent observé l'épithéliome que le sarcome ; le tableau suivant, qui résume nos recherches, fera saisir la fréquence relative et les localisations principales des différentes variétés de tumeurs.

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