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TUBERCULOSE

moyenne et dans l'oreille interne des lésions qui semblent secondaires à la tuberculose du pharynx, et se transmettent par la trompe d'Eustache. La tuberculose primitive de l'appareil respiratoire est rare.

Contrairement aux assertions de quelques auteurs, la tuberculose delà chèvre et du mouton n'est pas exceptionnelle. L'expérimentation montre d'ailleurs que la chèvre est tuberculisable comme les autres animaux.

La tuberculose du chien (*) est relativement commune. L'opinion inverse a été soutenue parce que, chez cet animal, les lésions offrent souvent l'aspect de productions îiéoplasiques ; les gros foyers développés dans la rate, le foie, les épaississements de la plèvre et du péritoine ont été longtemps considérés comme des tumeurs cancéreuses, et le microscope complétait la confusion en montrant une structure analogue à celle du sarcome et du lymphadénome. Dans quelques cas cependant, les lésions sont semblables à celles qu'on observe chez l'homme; on rencontre des cavernes pulmonaires ou des altérations de l'appareil urinaire.

Chez le chat, comme chez le chien, la tuberculose est généralisée ou localisée aux organes du thorax et de l'abdomen. On trouve d'ordinaire de volumineuses adénopathies mésentériques, indiquant que le virus a pénétré par l'intestin.

Il semble qu'on a quelque peu exagéré la fréquence de la tuberculose du singe. Cet animal, facilement inoculable (Dieulafoy et Krishaber), ne devient tuberculeux que dans la proportion de 25 pour 100, d'après les relevés du Jardin zoologique de Londres. La tuberculose du singe est remarquable par sa tendance à se généraliser et à produire des masses demi-liquides. L'infection frappe surtout les poumons et le foie, puis elle envahit les reins, la rate, plus rarement l'intestin. Dans un cas que nous avons observé, il s'était produit un véritable mal de Pott.

Personne ne croit plus actuellement que le lapin est « follement tuberculeux ». Cette assertion, dirigée contre les expériences de Villemin, est absolument erronée; les prétendus tubercules spontanés sont dus à des cysticerques, à des coccidies ou à des microbes différents de celui de Koch. Dans les cas où le lapin contracte la tuberculose par contagion, on trouve, dans les poumons, des foyers caséeux et même de petites cavernes (Koch). Quand, au contraire, la tuberculose est inoculée, elle produit, chez le lapin comme chez le cobaye, une éruption de granulations miliaires, frappant surtout le foie et la rate.

La tuberculose des Oiseaux (2) est extrêmement fréquente et sévit souvent sous forme enzootique dans les volières ; sur 000 poules autopsiées par Zùrn, 62 présentaient des tubercules ; les faisans, les pintades, les perdrix, les paons sont souvent atteints. La présence de bacilles dans les déjections explique comment les oiseaux s'infectent par l'intestin; il est beaucoup plus rare d'observer une contamination par les expecto-

(*) Cadiot, Tuberculose du chien, 1 vol. Paris, 1892.

(2) Cadiot, Gilbert et Roger, Contribution à l'étude de La tuberculose aviaire. Congrès pour l'étude de la tuberculose, 2e session, 1891. Paris, 1892, p. 69-115.

PATHOLOGIE COMPARÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX

rations de l'homme; cependant Bollinger, Nocârd, Mollereau, Chelchowsky, Lemallerée, Durieux, Cagny, en ont cité des exemples.

Chez les Gallinacés, la tuberculose occupe surtout le foie et la rate, plus rarement la peau, les os et les articulations. L'aspect histologique des tubercules diffère de celui qu'on constate chez l'homme et diffère même chez des animaux voisins, comme la poule et le faisan.

On a longtemps discuté sur la nature de la tuberculose aviaire, dont on a voulu faire une maladie à part. Nous continuons à penser que l'ensemble des faits expérimentaux publiés jusqu'ici, conduit à admettre l'unicité de la maladie; c'est également l'opinion de MM. Courmont et Dor('), Arloing (-), Nocard (3) , etc.

La tuberculose du perroquet mérite une mention spéciale Chez cet oiseau on observe fréquemment des lésions tuberculeuses de la peau, des muqueuses, du tissu conjonctif sous-cutané, des os et des articulations. Ces lésions se présentent soit sous l'aspect de tumeurs composées d'une couche périphérique fibreuse et d'une partie centrale caséeuse ou créatacée, soit sous celui de plaies recouvertes de volumineuses productions cornées.

Des expériences que nous avons poursuivies, il résulte que la tuberculose du perroquet est facilement inoculable aux Mammifères, notamment au cobaye, et que, réciproquement, on peut transmettre au perroquet la tuberculose de l'homme.

Enfin, signalons, à titre de curiosité, les quelques observations où l'on a trouvé des lésions bacillaires chez des animaux à température variable, Ja couleuvre à collier (Sibley), le python et le boa (Gibbes et Schurly), la grenouille (Despeignes) .

Le bacille de Koch est le véritable agent de la tuberculose ; mais quelques autres microbes sont capables de susciter des lésions analogues, qu'on désigne souvent sous le nom de pseudo-tuberculoses. Telles sont la tuberculose zoogléique de MM. Malassez et Yignal, qui représente le premier exemple de ce genre ; la pseudo-tuberculose bacillaire du lapin et du cobaye (4), que MM. Hayem et Lesage ont retrouvée chez l'homme, les infections expérimentales de Disse et Taguchi, Pfeiffer, Manfredi, la pseudotuberculose strepto-bacillaire de Dor, les pseudo-tuberculoses observées par Morat et Doyon chez le cobaye, par Nocard chez la poule, par Leroy et Parietti chez le bœuf, par Mosny et Mégnin chez le lièvre, par Preisz et Guinard chez le mouton, etc.

Affections produites par les divers végétaux ou animaux pathogènes.

— Les Bactéries ne sont pas les seuls agents des maladies infectieuses ; le

(*) Courmont et Dor, Tuberculose aviaire et tuberculose de mammifères. Congres pour V étude de la tuberculose; 2e session 4891. Paris, 1892, p. 119. (-) Arloixg, Leçons sur la tuberculose, p. 174. Paris, 1892.

(3) Nocard, Les tuberculoses animales, p. 195. (1 vol. de l'Encyclopédie Léauté.)

(4) Charrïn et Roger, Xote sur une pseudo-tuberculose bacillaire. Bull, de la Soc. de biol. et Comptes rendus de VAcad. des sciences, 1888.

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