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NOMBRE

Si le sarcome présente une grande tendance à envahir l'organisme entier,

PATHOLOGIE COMPARÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX

l'épithéliome reste souvent circonscrit et permet une santé relativement bonne ; la cachexie n'apparaît, en général, qu'au bout d'un an ou deux.

Dans le groupe des néoplasmes, nous devons faire une mention particulière des tumeurs mélaniques qui appartiennent pour la plupart au genre sarcome (Gornil et Trasbot). Signalées dans toutes les espèces, elles sont particulièrement communes sur les chevaux blancs, à peau dépourvue de pigment; elles se développent dans le tissu conjonctif ou dans la peau, et d'ordinaire font saillie au pourtour de l'anus, h la base de la queue, au fourreau ou dans la région parotidienne ; tandis qu'elles augmentent lentement de volume, d'autres apparaissent tà leur voisinage; peu à peu la maladie se propage et se généralise, envahissant les muscles, les glandes, les os, l'intestin, le poumon, plus rarement le cœur, la moelle, le cerveau.

Les tumeurs mélaniques sont rares chez les autres animaux; nous avons observé récemment sur un chien un cancer mélanique occupant la patte et ayant envahi les lymphatiques ; mais les faits de ce genre sont exceptionnels.

Les Protozoaires ne sont pas les seuls parasites animaux capables de produire des maladies infectieuses ; des êtres supérieurs peuvent susciter des affections k évolution semblable; telles sont les Trichines, qui provoquent, comme on sait, une véritable infection, transmissible du porc à l'homme et à tous les animaux. En Amérique, le nombre de porcs trichines s'élève à 40 pour 1000 dans certaines contrées, tandis qu'en Europe la proportion moyenne n'est que de 1 pour 10000. Il semble que le porc s'infeste de diverses manières, soit en consommant de la viande trichinée, soit en ingérant les excréments des sujets de son espèce, soit en dévorant des rats affectés eux-mêmes de trichinose. Dans les clos d'équarrissage, la proportion des rats trichinés atteint 8 à 9 pour 100.

Nous n'étudierons pas les divers parasites communs à l'homme et aux animaux ; leur histoire est présentée ailleurs avec tous les détails nécessaires ; il suffit de rappeler que c'est au contact du chien que l'homme prend le germe du cysticerque (Tœnia nanà). Réciproquement c'est par les excréments de l'homme que le porc contracte la ladrerie ; les recherches de Kûchenmeister et Haubner établissent que les porcs s'infestent en ingérant les matières fécales humaines, qui renferment les proglottis du Tœnia solium ; l'homme se contamine h son tour en consommant la viande ladre insuffisamment cuite.

La ladrerie du bœuf a été généralement considérée comme rare ; mais cette opinion, qui ne s'explique guère, étant donnée la fréquence du Tœnia inermis chez l'homme, tient à ce qu'on ne cherchait pas suffisamment les cysticerques dans la viande de bœuf.

Parmi les autres vers intestinaux, rencontrés dans diverses espèces, nous citerons les ascarides, les oxyures, etc.

Signalons encore les psendo-tuberculoses verminenses, qu'on observe surtout chez le chat, le mouton, le veau (OUulanus tricuspis, Pseudalius

INTOXICATIONS

ovis pulmonalis, Strongylus rufescens) ; on en a recueilli des cas chez le chien (Ebstein et Nicolaier), et même chez l'homme (Miura).

Enfin les fîlaires (Fila via îmmitis, recoud i ta) ont été observées dans le sang de divers animaux et notamment du chien.

D'autres parasites animaux peuvent produire des troubles parfois graves; il existe, chez la poule, une acariase des sacs aériens; nous avons reconnu que des végétations polypiformes pouvaient se produire chez le chien sous l'influence d'acares.

Les intoxications. — Dans l'étude générale que nous ferons des intoxications, nous montrerons que les animaux y sont presque aussi exposés que l'homme, et que les poisons déterminent également chez eux des troubles nerveux, des dégénérescences cellulaires, des cirrhoses.

Il s'agit parfois d'intoxications industrielles; dans les régions où se trouvent de nombreuses usines, les animaux ingèrent les poussières d'arsenic (maladie des Hauts fourneaux), de plomb, de zinc, déposées sur les végétaux; ce sont donc les Herbivores et les Granivores (chevaux, bœufs, volailles), qui sont le plus souvent atteints. Seulement tous les animaux ne sont pas également sensibles aux divers poisons ; le bœuf résiste moins au mercure que le chien, celui-ci moins que le cheval; au contraire, le cheval et le chien sont plus facilement que le bœuf intoxiqués par le plomb; le saturnisme se traduit comme chez l'homme, par un liséré gingival, une néphrite, des troubles nerveux, et notamment par des paralysies qui, chez le cheval, atteignent le larynx et peuvent nécessiter la trachéotomie.

Les intoxications les plus intéressantes qui puissent frapper les animaux sont les intoxications alimentaires : tantôt il s'agit de tourteaux de coton, de pulpe de betteraves avariées; tantôt d'un empoisonnement par le lupin, le trèfle ou les prèles.

La lupinose sévit sur le mouton, la chèvre, le cheval, le bœuf, le porc, et détermine des phénomènes nerveux ou des troubles hépatiques aboutissant souvent à l'ictère grave. L'autopsie révèle une dégénérescence graisseuse du foie dans les cas aigus, une cirrhose atrophique si la marche a été lente.

La trifoliose détermine chez le cheval des phénomènes analogues. Le foin riche en prèles provoque des accidents chez les bovins, mais est à peu près inoffensif chez le cheval. Signalons chez celui-ci les empoisonnements par la gesse chiche ou jarosse, qui provoquent des paralysies et notamment du cornage laryngien. Au Texas, les chevaux ou les bœufs peuvent être atteints de manifestations ataxiques qui semblent dues à l'usage d'une herbe, Y Astragallus mollis, pour laquelle ils ont une passion comparable à celle que certains hommes possèdent pour l'alcool.

L'intoxication alcoolique est rare chez les animaux ; elle s'observe chez les Herbivores nourris avec des drèches, parfois chez les chiens habitant

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dans les distilleries (Spinola). Enfin, dans quelques cas, les animaux ont manifesté un goût très marqué pour la morphine; dans les fumeries d'opium, on a vu des singes fumer comme leurs maîtres, et des chats s'enivrer en humant avec délice les vapeurs qui se dégageaient autour d'eux.

Diathèses; hérédité; maladies évolutives et involutives. — L'hérédité, qui joue un si grand rôle en pathologie humaine, n'est pas moins importante en pathologie animale. Ses lois semblent même avoir été plus complètement étudiées chez les animaux et, en tout cas, ont été mises à profit par les éleveurs pour l'amélioration des races. C'est justement pour ce motif qu'on observe moins bien l'hérédité morbide. Si l'on tient compte aussi des conditions de vie si différentes de l'homme et des animaux, on concevra facilement pourquoi, sauf chez le chien, les troubles nutritifs sont rares et l'arthritisme exceptionnel.

On peut cependant rencontrer chez les animaux des affections par ralentissement de la nutrition qui sont comparables à celles de l'homme.

Telle est Y obésité, qui frappe de préférence certaines races ; tous les éleveurs savent que les moutons anglais engraissent plus facilement que les mérinos; les bœufs de Durham, les porcs du Kentucky, les canards d'Elesbury ont une prédisposition très marquée à l'adipose. L'obésité est encore fréquente dans certaines races de chien et chez les étalons maintenus à l'écurie; il est à remarquer qu'un embonpoint considérable diminue l'aptitude à la reproduction; ce résultat s'observe même chez les Poissons: les carpes, trop alimentées dans les étangs, finissent par n'avoir plus d'œufs ni de laitance.

Les autres manifestations de l'arthritisme sont encore plus rares : la lithiase biliaire n'existe guère que chez le bœuf et le chien, et ne donne lieu en général à aucun trouble notable. Plus souvent on rencontre des affections cutanées, notamment de l'eczéma, et c'est chez les animaux ainsi atteints qu'on voit surtout, à un certain âge, les lésions cancéreuses. Le diabète sucré, qui provoque souvent la cataracte, s'observe chez le chien, exceptionnellement chez le cheval, le bœuf et le singe. Quant au diabète insipide il a été assez mal étudié et est confondu généralement avec les diverses variétés de polyurie symptomatique.

La goutte se développe chez les Oiseaux (poule, pigeon, oie, dindon, autruche), parfois chez les Reptiles des ménageries; les lésions occupent les articulations phalangiennes, métacarpiennes et métatarsiennes, carpiennes et tarsiennes. Mais elles n'ont qu'une analogie lointaine avec la goutte humaine et sont en rapport avec la nutrition spéciale de ces animaux qui produisent de l'acide urique comme terme ultime de la transformation des matières azotées; il suffit de pratiquer la ligature des uretères chez les oiseaux (Zalesky, Ebstein) pour provoquer des dépôts uratiques.

Le rhumatisme musculaire, assez fréquent chez le cheval, le bœuf et

DIÀTHÈSES. — HÉRÉDITÉ.

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